Membres honoraires

Madame Mireille Thomas

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Membre honoraire 1998-1999

Madame Thomas est originaire de Marseille en France. Elle y a obtenu un Baccalauréat ès lettres, en 1964, et un B.A. (Hons.) en français à l'Université Memorial de Terre-Neuve, en 1967. En 1965, elle entre en fonction à l'Université Memorial où elle occupe différents postes. Elle est présentement professeure agrégée de français.

D'autres activités professionnelles lui tiennent aussi à coeur :

  • tests de compétence linguistique pour les fonctionnaires du gouvernement fédéral et de certaines agences;
  • cours de français accéléré offerts dans diverses entreprises;
  • consultation : apprentissage de l'Internet, intégration dans l'enseignement;
  • conception et maintenance de sites Web;
  • traduction et interprétation simultanée français-anglais.

Madame Thomas a apporté une contribution importante à la communauté francophone. De 1982 à 1990, elle a été présidente de l'Association francophone de Saint-Jean. Elle a été membre du comité consultatif sur le bilinguisme pour le ministère de l'Éducation de Terre-Neuve-et-Labrador, membre du comité consultatif sur les services en français dans la fonction publique provinciale et membre du comité organisateur pour l'établissement d'un Centre d'excellence en multimédia dans la région atlantique. Elle fut membre du conseil d'administration de l'ACELF pendant huit ans. En 1985 et 1987, elle a été la présidente du comité d'organisation du Salon du livre de l'ACELF à Saint-Jean de Terre-Neuve.

De 1990 à 1995, Madame Thomas a été présidente de la Fédération des francophones de Terre-Neuve-et-Labrador, membre de conseil des présidents et présidentes de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada et de la Société nationale de l'Acadie. Depuis 1997, elle est membre du comité de mise en oeuvre du Centre scolaire et communautaire de Saint-Jean.

Le prix Roger Champagne, décerné en 1996, proclamait Mme Thomas personnalité franco-terre-neuvienne de l'année. De plus, elle a été semi-finaliste et finaliste en 1995 et en 1996 de la Dictée des Amériques. Il est intéressant de rapporter ses propos sur son cheminement depuis son départ de Marseille :


«...  J'ai grandi dans un riche milieu culturel français et surtout provençal. En 1964, j'ai épousé un Gallois qui fut ensuite nommé professeur à la toute jeune Université Memorial, à Saint-Jean de Terre-Neuve où nous sommes venus nous installer. Ce fut un choc culturel intense puisqu'à l'époque je vivais à Marseille, grande communauté urbaine et que je ne parlais pas anglais. Si vous pouvez imaginer la vie à Terre-Neuve, en 1964, un an avant la construction de l'autoroute transcanadienne, une région isolée où un seul vol hebdomadaire venant de Montréal venait faire le lien avec le reste du Canada, vous saurez que je me considère un peu comme une pionnière.

En 1965, un de nos collègues nous a proposé de l'accompagner en voiture jusqu'en Ontario et nous avons donc traversé l'île sur la route transcanadienne en pleine construction pour aller prendre le traversier. Nous nous sommes arrêtés à Cap Saint-Georges pour visiter des amis de notre collègue. À mon grand étonnement, ces personnes parlaient français, un français que j'avais quelque difficulté à comprendre puisque j'étais à peine sortie de mon milieu marseillais mais j'ai trouvé cette rencontre extraordinaire alors qu'un certain collègue avait publié un article affirmant que le français avait disparu à Terre-Neuve.

Nos trois enfants sont allés à l'école anglaise puisqu'ils sont nés en 1966, 1968 et 1973. Il n'était pas question de la Loi sur les langues officielles ou de l'article 23 de la Charte des droits et libertés. Lorsqu'ils étaient enfants, je ne pensais pas au danger de l'assimilation puisque j'avais la chance d'aller souvent passer les vacances dans ma famille en France et que leur père étant bilingue, on se servait des deux langues au foyer. Ce n'est que quelques années plus tard, lorsque j'ai constaté que mon plus jeune fils écrivait le français phonétiquement que je me suis rendue compte combien l'école française aurait pu leur être utile. Tous les trois sont maintenant des adultes qui sont tout à fait à l'aise en français comme en anglais et je suis très fière d'avoir réussi à leur transmettre leur patrimoine francophone.

Depuis le début des années 1980, lorsque je me suis engagée dans le mouvement associatif francophone, j'ai découvert la richesse et la variété de nos communautés. Je continue à en profiter car au-delà des différences d'accent ou de façons de parler, je me retrouve chez moi n'importe où l'on parle français car comme l'a dit si justement Julien Green : « Une langue, c'est un pays ».