Éducation et francophonie, Revue scientifique virtuelle

Résumé

Héritiers des mariages mixtes : possibilités identitaires

Phyllis Dalley - Université d'Ottawa, Ontario, Canada

Éducation et francophonie
Volume XXXIV, numéro 1, printemps 2006
La contribution de l'école au processus de construction identitaire des élèves dans une société pluraliste

Résumé - Abstract - Resumen

Résumé

Le nombre de mariages entre francophones et anglophones ne cesse d’augmenter au Canada. Il va sans dire que ce phénomène aura une influence importante dans la définition de la francophonie et de la mission de ses écoles. Cet article pose un regard sur l’état actuel de la situation au moyen d’une analyse de deux textes tirés du système expert sur l’exogamie. L’objectif de cette analyse est de déceler les possibilités identitaires offertes aux enfants héritiers des mariages mixtes. Ces enfants sont des bénéficiaires potentiels des écoles de langue française. Ces écoles ont longtemps misé sur la création d’un milieu unilingue pour contrer le transfert linguistique vers l’anglais. Ainsi, l’identité légitime à l’école est celle de « francophone ». Or, l’anglais fait partie du répertoire familial des héritiers. Il n’y a pas lieu de parler de leur transfert linguistique. L’identité de ces enfants est également mise en cause : ils et elles sont appelés à exclure une partie de leur héritage linguistique et culturel dans la construction de leur identité d’élève dans une école francophone. L’analyse présentée dans cet article porte à croire que l’ouverture à l’identité bilingue (francophone et anglophone) de ces élèves est plus grande aujourd’hui qu’elle ne l’était à la fin des années 1980. Pour sa part, l’identité mixte ou hybride qui brouille les frontières entre l’identité francophone et l’identité anglophone rencontre toujours une plus grande résistance.

Abstract

The number of marriages between French- and English-speaking people continues to rise in Canada. It goes without saying that this phenomenon will have an important influence on the definition of Francophonie and the mission of its schools. This article takes a look at the current state of the situation through an analysis of two texts taken from the exogamy expert system. The objective of this analysis is to detect the identity opportunities of children from mixed marriages. These children are the potential beneficiaries of French language schools. For a long time, these schools have focused on creating a unilingual milieu to counter the linguistic transfer towards English, making "French speaker" the legitimate identity. However, since English is part of the family heritage repertoire, there is no need to consider linguistic transfer. The identity of these children is also at stake. They have to exclude a part of their linguistic and cultural heritage to build their identities as students in a French-speaking-school. The analysis presented in this article suggests that the openness of these students to the bilingual identity (French- and English-speaking) is greater today than it was at the end of the 1980s. There is growing resistance to the mixed or hybrid identity that blurs the boundaries between the French- and Englishspeaking identity.

Resumen

El número de matrimonios entre francófonos y anglófonos no ha cesado de aumentar en Canadá. Es claro que este fenómeno ejercerá una influencia importante en la definición de la francofonía y en la misión de sus escuelas. Este artículo analiza el estado actual de la situación a través del análisis de dos textos provenientes de un sistema experto sobre la exogamia. El objetivo de este análisis es identificar las identidades de que disponen los niños descendientes de los matrimonios mixtos. Dichos niños son los beneficiarios potenciales de las escuelas de lengua francesa. Dichas escuelas, durante mucho tiempo han contado con la creación de un medio monolingüe cuya finalidad era frenar la transferencia lingüística hacia el inglés. De esa manera, la identidad legítima en la escuela era la de “francófono”. Ahora bien, el inglés forma parte del repertorio familiar de los descendientes. No hay porqué hablar de transferencia lingüística. La identidad de esos jóvenes se encuentra en entredicho: se ven compelidos a excluir una parte de su herencia lingüística y cultural en la construcción de una identidad de alumno en una escuela francófona. El análisis que exponemos en este artículo nos hace pensar que la apertura hacia una identidad bilingüe (francófona y anglófona) de esos alumnos es hoy en día más amplia que durante los años 1980. La identidad mixta o híbrida, que vuelve difusa la frontera entre la identidad francófona y anglófona, siempre ha confrontado mucha más resistencia.

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