Éducation et francophonie, Revue scientifique virtuelle

Résumé

Comportements violents chez l’enfant en Ontario: problématique de la suspension scolaire externe, perception des parents et alternative possible

Maryse Paquin - Université d’Ottawa, Ontario, Canada
Marie Drolet - Université d’Ottawa, Ontario, Canada

Éducation et francophonie
Volume XXXII, numéro 1, printemps 2004
La violence en milieu scolaire

Résumé - Abstract - Resumen

Résumé

Depuis quelques années, nous assistons à un mouvement de durcissement des politiques et des programmes gouvernementaux visant à contrer la violence chez les jeunes. Initié dans la foulée d’événements tragiques où des adolescents ont fait feu sur d’autres élèves et/ou des enseignants, ce mouvement a conduit à la refonte de l’ensemble des lois et règlements touchant la jeunesse. La prévention et l’intervention précoces des comportements violents chez le jeune enfant apparaissent en lien avec l’idée d’éviter que de tels drames ne se répètent une fois qu’il sera parvenu à l’adolescence. Dans ce contexte, parmi les mesures disciplinaires dorénavant appliquées par l’école en Ontario, la suspension externe soulève des questions fondamentales : Est-elle appropriée à l’enfant de 3 à 9 ans? Permet-elle de contrer précocement ses comportements violents envers les pairs à l’école? Risque-t-elle, au contraire, d’aggraver sa situation-problème en entravant son processus de scolarisation et de socialisation? Si tel est le cas, quelles sont les mesures disciplinaires pouvant ne pas le priver de tels apprentissages? Afin de connaître la perception des parents sur ces questions, des entrevues ont été réalisées auprès de 60 familles dont le jeune enfant faisait face à une suspension ou à une possibilité de suspension externe en réponse à ses comportements violents envers les pairs, dans des écoles élémentaires de langue française de la région d’Ottawa. Les résultats révèlent que les parents désapprouvent majoritairement la suspension externe, lui préférant de beaucoup la suspension interne. De plus, ils estiment que l’école aurait avantage à appliquer des mesures disciplinaires non coercitives. Ces mesures commandent toutefois davantage d’ouverture et de souplesse que ne le permettent les cadres de la nouvelle Loi sur la Sécurité dans les écoles (MÉO, 2000a).

Abstract

For several years, there has been a tendency for government programs and policies to take a harder line against violence among young people. Initiated in the wake of tragic events in which adolescents shot other students and/or teachers, this movement has led to the reorganization of laws and regulations that concern youth. Early prevention and intervention in violent behaviour among young children seem to be related to the idea of preventing further tragedies when the child reaches adolescence. In this context, among the disciplinary measures now applied by the school in Ontario, external suspension raises the fundamental question: is it appropriate for children from 3 to 9 years old? Does it prevent violent behaviour against peers at school or to the contrary, does it aggravate the problem by hindering the child's educational and socialization process? If so, what disciplinary measures could be taken that would not deprive the student of these learning opportunities. To find out how parents feel about these questions, interviews were carried out with 60 families, whose children were in external suspension or facing possible external suspension for violent behaviour against their peers in French elementary schools in the Ottawa area. The results show that most parents disapprove of external suspension, the majority greatly preferring internal suspension. Moreover, they believe that the school should use non-coercive disciplinary measures. However, these measures require more openness and flexibility than the framework of the new school security law allows. (OME, 2000a).

Resumen

Desde hace varios años asistimos a un movimiento de endurecimiento de las políticas y los programas gubernamentales destinados a combatir la violencia entre los jóvenes. Este movimiento se inició gracias la influencia de eventos trágicos en los cuales adolescentes acribillaron a alumnos y maestros, eventos que provocaron la reformulación del cuerpo de leyes y reglamentos sobre los jóvenes. La prevención y la intervención precoces de los comportamientos violentos entre los niños se ligan con la idea de evitar que dichos dramas no se repitan cuando los niños lleguen a la adolescencia. En dicho contexto, entre las medidas aplicadas en las escuelas en Ontario, la suspensión externa provoca el surgimiento de cuestiones fundamentales: ¿es una medida apropiada para niños de 3 a 9 anos? ¿Esta medida previene efectivamente los comportamientos violentos hacia los pares en la escuela? ¿Acaso no se corre el riesgo de agravar la situación problemática al obstruir el proceso de escolarización y de socialización? Si tal es el caso ¿cuales son las medidas disciplinarias que no ponen traba a dichos procesos? Con el fin de conocer la percepción de los padres de familia sobre estas cuestiones, se entrevistaron a 60 familias que contaban con un niño sujeto a una suspensión o con la posibilidad de ser suspendido y enviado a la casa en tanto que medida disciplinaria por sus comportamientos violentos hacia sus pares en las escuelas primarias de lengua francesa de la región de Ottawa. Los resultados demuestran que, en su mayoría, los padres de familia desaprueban la suspensión externa y prefieren la suspensión interna. Además, consideran que la escuela debería aplicar medidas no coercitivas. Este tipo de medida exige más apertura y flexibilidad que lo que permite el cuadro de la nueva ley sobre la seguridad en las escuelas (MEO, 2000a).

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