Éducation et francophonie, Revue scientifique virtuelle

Résumé

Microgenèses comparées en lecture interactive à 4 ans : co-construction de la langue écrite entre élèves et enseignants

Christine Gamba - Université de Genève, Suisse
Catherine Martinet - Université de Genève, Suisse
Madelon Saada-Robert - Université de Genève, Suisse

Éducation et francophonie
Volume XXXIV, numéro 2, automne 2006
L'éveil à l'écrit

Résumé - Abstract - Resumen

Résumé

Cette contribution se propose de comparer deux séances de Lecture Interactive, entre une enseignante et ses élèves de 4 ans, à deux moments distincts de l’année scolaire (début et fin). L’activité consiste à « lire » ensemble un livre imagé, premier moment d’une séquence didactique plus large de lecture/écriture émergente. Le déroulement de ces deux séances est analysé suivant une démarche compréhensiveinterprétative utilisée pour l’analyse qualitative des processus complexes propres aux microgenèses didactiques. Ces dernières se focalisent sur deux objets d’étude : la progression du contenu de l’enseignement/apprentissage, ici dans une situation de Lecture Interactive, et la progression des modalités de compréhension sous-jacentes aux interactions verbales. Nous avançons l’hypothèse que l’apprentissage situé ne peut être effectif que s’il y a co-construction d’un contenu pointé explicitement comme objet d’enseignement, co-construction elle-même dépendante de celle d’une zone de compréhension commune entre les partenaires. Entre le début et la fin de l’année scolaire, il est montré que non seulement les contenus d’enseignement/ apprentissage se complexifient, mais que la zone de compréhension qui se construit pendant la lecture du livre se transforme également. Finalement, la progression des élèves pendant l’année concernant leurs compétences psycholinguistiques permet de pointer les connaissances qu’ils ont intériorisées à partir de la dynamique des interactions en classe.

Abstract

This article compares two Interactive Reading sessions between a teacher and 4- year old students, at two different periods of the school year (beginning and end). The activity consisted of "reading" a picture book together, the first instance in a broader didactic sequence of emerging reading/writing skills. The two sessions were analyzed according to a comprehensive-interpretative procedure used in the qualitative analysis of the complex processes inherent to didactic microgeneses. These focus on two subjects of study: the progression of teaching/learning content, here in an Interactive Reading situation, and the progression of the understanding modalities underlying verbal interactions. Our hypothesis is that positioned learning can only be effective when there is co-construction of content specifically designated for teaching, this co-construction itself dependent on that of a common zone of understanding between the partners. Between the beginning and the end of the school year, it was shown that not only did the teaching/learning content become more complex, but that the zone of understanding created while reading the book also changed. Finally, the students' progress in psycholinguistic skills over the course of the year made it possible to identify the knowledge that they have interiorized from the dynamic of classroom interactions.

Resumen

Esta contribución tiene el propósito de comparar dos sesiones de Lectura Interactiva, entre una maestra y sus alumnos de cuatro anos, en dos momentos distintos del año escolar (principio y fin). La actividad consiste en « leer » juntos un libro imaginado, primer momento de una secuencia didáctica más amplia de lectura/escritura emergente. El desarrollo de las dos sesiones fue analizado según un enfoque comprensivo – interpretativo utilizado en el análisis cualitativo de procesos complejos propios a las microgénesis didácticas. Estas últimas enfocan dos objetos de estudio: la progresión del contenido de la enseñanza/aprendizaje, en este caso una situación de Lectura Interactiva, y la progresión de las modalidades de comprensión subyacentes a las interacciones verbales. Avanzamos la hipótesis que el aprendizaje determinado no puede ser efectivo si no hay una co-construcción del contenido identificado de manera explícita como objeto de enseñanza, co-construcción que depende de la zona de comprensión común entre las dos partes. Entre el principio y el fin del año escolar, se muestra que no sólo los contenidos de la enseñanza/aprendizaje se vuelven más complejos, sino que la zona de comprensión que se construye durante la lectura del libro igualmente se transforma. Finalmente, la progresión de los alumnos durante el año en lo que se refiere a sus habilidades sicolingüísticas permite identificar los conocimientos que han interiorizado gracias a la dinámica de las interacciones en clase.

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