Éducation et francophonie, Revue scientifique virtuelle

Résumé

Le Baobab en quête de ses racines : la «Négritude » d’Aimé Césaire ou l’éveil à un humanisme identitaire et écologique dans l’espace francophone

Gina Thésée - Université du Québec à Montréal, Québec, Canada
Paul R. Carr - Youngstown State University, Ohio, États-Unis

Éducation et francophonie
Volume XXXVII, numéro 2, automne 2009
Vivre ensemble, sur Terre

Résumé - Abstract - Resumen

Résumé

La pensée d’Aimé Césaire (1913-2008), à la fois discours poétique, posture politique et conscience écologique bien avant l’heure, révèle un lieu de révolte symbolique où convergent une
« communauté d’oppressions subies ». Césaire exprime un
rapport au monde en quête de sens, en quête de racines. Les mots-stylets du poète sont ciselés comme pour mieux façonner la conscience critique aiguë nécessaire pour transcender les barrières géographiques, raciales ou disciplinaires. La
« Négritude » de Césaire prend l’allure d’un manifeste écopolitique qui s’adresse à tous les « damnés de la terre » pour les enjoindre à une fougueuse reconquête de soi, en marche vers une « humanitude » partagée. On y retrouve les principes de l’écologisme
et de la mouvance critique. Il y est question de dignité bafouée, du devoir d’indignation, d’imaginaires à reconquérir, d’engagement collectif, de vigilance subversive et d’identité-monde. Césaire, justement appelé le baobab de la poésie, porte haut et loin sa quête de racines. Il les découvre dans la terre et le ciel, dans l’eau, l’air et le feu, les cinq éléments mythiques de la nature. Métissant culture et nature, Césaire a réalisé une ode au vivre-ensemble qui vise à combattre tous les colonialismes.

Nous explorons un site peu fréquenté de l’oeuvre de Césaire : son rapport au monde selon une perspective écologique. Les dimensions poétique, politique, environnementale et éducative de son oeuvre sont abordées dans trois de ses écrits : le poème La Négritude, le Discours sur le colonialisme et le Discours sur la Négritude. Cette exploration met en évidence la Négritude comme un humanisme qui prend racines dans l’identité-monde noire.

Abstract

The thinking of Aimé Césaire (1913-2008), a combination of poetic discourse, political stance and ecological awareness well ahead of its time, reveals a place of symbolic revolt where a “community of experienced oppressions” converge. Césaire expresses a relationship to a world in search of meaning, in search of roots. The poet’s stylus-words are chiselled as if to better create the sharp critical awareness required to transcend geographical, racial and disciplinary barriers. Césaire’s “Negritude” takes on the appearance of an eco-political manifesto addressed to all the “damned of the earth”, inviting them to a spirited winning back of self, a march towards a shared “humanitude”. In his writing, we find the principles of environmentalism and a critical shift. There is a question scorned dignity, the duty of indignation, imaginary
worlds to re-conquer, collective commitment, subversive vigilance and identityworld. Césaire, justly called the baobab tree of poetry, searches high and low in his quest to find his roots. He discovers them in the earth and sky, in the water, air and fire, the five mythical elements of nature. Intermingling culture and nature, Césaire created an ode to sharing the planet that aims to combat all forms of colonialism.

We explore a little-known site of Césaire’s work: his relationship to the world from an ecological perspective. The poetic, political, environmental and educational dimensions of his work are explored in three of his poems: Negritude, Discourse on
Colonialism and Discourse on Negritude. This inquiry shows Negritude as a humanism rooted in the black identity-world.

Resumen

El pensamiento de Aimé Césaire (1913-2008), a la vez discurso poético, postura política y conciencia ecológica precoz, revela un lugar de rebelión simbólica donde convergen una " comunidad de opresiones sufridas ". Césaire expresa su relación con un mundo en busca de sentido, en busca de raíces. Las palabras-punzón del
poeta están cinceladas como para modelar mejor una conciencia crítica aguda, necesaria para trascender las barreras geográficas, raciales o disciplinarias. La "Negritud" de Césaire adopta la forma de un manifiesto ecopolítico que se dirige a todos los "condenados de la Tierra " para empujarlos a una reconquista fogosa de sí,
en marcha hacia una "humanidad" compartida. Encontramos aquí los principios del ecologismo y del movimiento crítico. Se trata de dignidad violada, del deber de indignación, de imaginarios por reconquistar, de compromiso colectivo, de vigilancia subversiva y de identidad-mundo. Césaire, acertadamente llamado el baobab de la poesía, logra que su búsqueda de raíces vuele alto y lejos. Las descubre en la tierra y el cielo, en el agua, el aire y el fuego, los cinco elementos míticos de la naturaleza, conjugando en un mismo mestizaje cultura y naturaleza. Césaire compone una oda
a la convivencia que busca combatir toda forma de colonialismo.

Exploramos un lugar poco frecuentado en la obra de Césaire : su relación con el mundo desde una perpectiva ecológica. Las dimensiones poética, política, mediambiental y educativa de su obra se analizan en tres de sus escritos : el poema Negritud,
el Discurso sobre el colonialismo y el Discurso sobre la Negritud. Esta exploración pone de manifiesto la Negritud como un humanismo arraigado en la identidad del mundo negro.

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