Éducation et francophonie, Revue scientifique virtuelle

Résumé

Évaluer des compétences : un jugement d’adaptabilité

Christian Chauvigné - Université Rennes 2 et Conservatoire national des arts et métiers, France

Éducation et francophonie
Volume XLIV, numéro 2, automne 2016
Le développement de compétences en éducation et en formation

Résumé - Abstract - Resumen

Résumé

En s’appuyant sur le concept de « schème » (Piaget, 1967) pour définir la compétence comme « organisation invariante de la conduite pour une classe de situations données » (Vergnaud, 1990), la problématique de l’évaluation des compétences, déjà très documentée, ouvre à de nouvelles interrogations et perspectives, qu’il s’agisse de développer ces compétences ou de valider socialement leur acquisition.

L’une des caractéristiques de la compétence ainsi définie est d’être doublement adaptative : son organisation permet l’adaptation aux situations et sa mise en œuvre, dans l’activité, permet l’adaptation de son organisation. Ainsi, les compétences ne cessent d’évoluer en fonction des activités déployées par les sujets. Il en découle qu’il existe toujours différentes manières d’être compétent et que chaque sujet développe de manière spécifique ses compétences. Par ailleurs, toute évaluation dans ce registre est non seulement diagnostique, mais aussi pronostique; reconnaître une compétence comme « acquise » suppose toujours de faire un pari sur l’extension de l’organisation de l’activité constatée à des situations non testées, voire non connues. Analysée sous cet angle, l’évaluation des compétences procède d’un jugement sur l’adaptabilité du construit cognitif constaté, tandis que la certification des compétences procède d’un jugement d’acceptabilité portant sur cette adaptabilité pour un champ d’intervention donné.

Abstract

Relying on the “schema” concept (Piaget, 1967) to define competence as an “invariant organization of conduct for a limited class of situations” (Vergnaud, 1990), the already well-documented problematic of skill assessment opens up to new questions and perspectives about whether to develop these skills or to socially validate their acquisition.

One of the characteristics of competence thus defined is that it is doubly adaptive: the organization of a skill leads to adaptation to situations, and using a skill in an activity leads to adaptation to its organization. Thus, skills continue to evolve according to the activities organized by the subjects. It follows that there are different ways of being competent and that each subject develops skills in a specific way. Moreover, any assessment in this register is not only diagnostic, but also prognostic; recognizing competence as “acquired” always implies being able to extend the organization of the activity observed into untested or unknown situations. Analyzed in this light, competency assessment comes out of a judgement on the adaptability of the cognitive construct observed, while the certification of competencies comes out of a judgement of acceptability concerning this adaptability for a given field of intervention.

Resumen

Apoyándonos en el concepto de «esquema» (Piaget, 1967) para definir la competencia como «una organización invariante del comportamiento en una clase de situaciones dadas» (Vergnaud, 1990), la problemática de la evaluación de competencias, ya bastante documentada, se presta a nuevas interrogaciones y perspectivas, sea para desarrollar dichas competencia o para validar socialmente su adquisición. Una de las características de la competencia así definida es la de ser doblemente adaptativa: su organización permite la adaptación a situaciones y a su ejecución en la actividad, asimismo permite la adaptación de su organización. De esta manera, las competencias no cesan de evolucionar en función de las actividades desarrolladas por los sujetos. De lo anterior se desprende que existen siempre diferentes maneras de ser competente et que cada sujeto desarrolla de manera específica sus competencias. Asimismo, toda evaluación en este dominio no solamente es un diagnóstico, sino también un pronóstico; reconocer una competencia como «adquirida» supone siempre aventurarse sobre la extensión de la organización de la actividad constatada en situaciones aun no probadas, incluso desconocidas. Analizada desde este ángulo, la evaluación de competencias deriva de un juicio sobre la adaptabilidad de la construcción cognitiva constatada, mientras que la certificación de competencias proviene de un juicio sobre la aceptabilidad de dicha adaptabilidad para un campo de intervención dado.

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