| Journal d'Anne-Marie Beaudoin - Alberta - 2006-2007 |
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Mes valeurs : « Il y a plus de talents que de courage dans la plupart des réussites. » « La violence est un manque de vocabulaire. » G. Vigneault « Je ne cherche pas à connaître les réponses, je cherche à comprendre les questions. » Confucius Ma vision de l’enseignement : « On ne force pas la curiosité, on l’éveille. » « L’éducation est un apprentissage social. Il nous aide à grandir et à vivre. » « La salle de classe est le living-room de la culture. » Quino |
Ce que j’attends de cette expérience en Alberta :
« Apprendre, partager, tant qu’il y a de l’échange, il y a de l’espoir. » Grand Corps Malade
« On voyage pour changer non de lieu, mais d’idées. » H. Taine
« Voyage avec deux sacs, l’un pour donner, l’autre pour recevoir. » Goethe
« Le contact, c’est l’appréciation des différences. » F. Perls
« La survie de la langue passe par celle de la culture qu’elle véhicule. » J. Attali
Anne-Marie Beaudouin
Étudiante en éducation préscolaire
et en enseignement primaire
Université du Québec à Rimouski
| La communauté d’accueil |
Mon stage se déroule à l’école Héritage à Falher. Cette communauté de 1100 habitants est l’une des deux municipalités officiellement bilingues de l’Alberta. Falher a été fondée au début du vingtième siècle. La ville est située dans la grande région de Rivière-la-Paix, plus précisément dans le district municipal de Smoky River, qui a une forte population francophone, 50 kilomètres au sud de Peace River.
C’est une région où l’agriculture, l’extraction pétrolière et la foresterie occupent une place prédominante dans l’économie. Falher est la capitale nationale du miel puisqu’on en produit plus de 4 millions de kilogrammes chaque année. On y retrouve la statue d’une abeille géante, la plus grosse au monde, et le festival du miel en été.
À Falher, il y a également le centre communautaire de l’Association canadienne-française de l’Alberta régionale d’où est diffusé CKRP, la radio communautaire francophone de la région.
Le centre communautaire de l’Association canadienne-française de l’Alberta régionale, et l’abeille. |
| L’école |
L’école Héritage accueille des élèves de la maternelle à la douzième année en plus d’un centre à la petite enfance. On y voit les grands adolescents côtoyer les jeunes enfants. L’école a un effectif étudiant de 175 élèves. Elle embauche 16 enseignants et compte une vingtaine de personnes faisant partie du personnel non enseignant. Il s’agit d’une école régionale, c’est-à-dire que toutes les municipalités environnantes, comme Donnelly, McLennan, Marie-Reine, Girouxville, St-Isidore et Guy, y envoient leurs enfants. Certains d’entre eux font une heure d’autobus matin et soir. Le transport en autobus est fourni et coordonné par le Conseil scolaire du Nord-Ouest. (Les conseils scolaires sont l’équivalent des commissions scolaires au Québec.)
L’école a ouvert ses portes en 1988. Il s’agit d’une des plus anciennes écoles francophones de l’Alberta (car les 2 premières ont ouvert simultanément leurs portes à Edmonton et à Calgary en 1984). L’école Héritage est la première en milieu rural. L’édifice est composé d’un ancien collège, qui a été rénové et auquel on a ajouté un gymnase. On y trouve une cafétéria, chose rare dans les écoles albertaines, deux laboratoires d’informatique avec des ordinateurs à la fine pointe de la technologie pour le multimédia, deux salles d’atelier avec des outils pour la menuiserie, ainsi qu’un local d’art et une bibliothèque. Il y a également l’Atrium, une grande pièce commune à la sortie du gymnase.
L’école Héritage. |
| La classe |
Mon stage se déroule dans la classe de troisième et quatrième année qui est composée de 21 élèves, soit 14 garçons et 7 filles. Il y a 10 enfants en troisième et 11 en quatrième. Mon enseignante associée est madame Doris Laroche, une Franco-Albertaine qui enseigne depuis 1982.
Presque toutes les matières sont vues en commun par les deux niveaux et on demande aux élèves de faire les mêmes activités, avec des exigences plus élevées pour la quatrième année.
Pour les mathématiques cependant, même si on travaille sur les mêmes thèmes, les deux niveaux ont des feuilles de travail différentes.
Les élèves lors d’une activité d’univers social. |
Les élèves lors d’un atelier de peinture. |
Voici comment se déroule une journée type dans la classe de trois et quatre à l’école Héritage.
L’avant-midi commence à huit heures cinquante avec dix minutes pour défaire les sacs et faire la prière. Puis la journée se poursuit par une heure en anglais avec madame June Hickey. Madame June et madame Doris travaillent ensemble pour planifier les thèmes ainsi que les stratégies de lecture et d’écriture qu’elles enseignent aux élèves.
Ensuite, les enfants vont à la récréation. Au retour, la classe va au cours d’éducation physique avec monsieur Marinier. Deux fois par cycle, c’est madame Doris qui est au gymnase.
Au retour de cette demi-heure journalière d’exercice physique qui est prescrite par le programme, c’est la période de français. Jusqu’au dîner, nous écrivons des histoires et des textes de toutes sortes, nous voyons de nouveaux mots de vocabulaire, nous lisons et nous pratiquons la calligraphie.
En après-midi, c’est généralement la période de mathématiques. On commence par le quiz sur les opérations et les tables. Ensuite, nous travaillons sur les différents thèmes en faisant des manipulations d’abord, puis en faisant des exercices sur papier.
Après cette période, c’est le moment pour l’univers social et les sciences. Généralement, ces deux matières alternent chaque jour.
On fait aussi des périodes d’arts, de santé et de bibliothèque en fin de journée.
À trois heures quinze, les enfants font leur sac puis prennent l’autobus.
| Conclusion |
Ce stage à l’école Héritage m’a permis d’améliorer mes connaissances en didactique et en pédagogie. En effet, ces semaines passées dans une classe m'ont aidée à faire des liens entre la théorie vue dans mes cours à l’université et la réalité de la vie en classe avec un groupe.
L’enseignement francophone en milieu minoritaire permet aux élèves qui fréquentent l’école de maîtriser leur langue et leur culture et ainsi participer à prospérité et la pérennité de leur communauté. De plus, le fait de maîtriser le français est un atout pour les élèves puisqu’ils seront parfaitement bilingues à leur entrée sur le marché du travail.
Finalement, le fait d’être dans ce milieu francophone minoritaire m’a apporté la fierté de parler français. J’ai pu constater la force de caractère des Franco-Albertains qui ont su conserver leur langue et leur culture à travers le temps. Ces gens ont un tempérament calme, mais fort. Ils mènent des luttes jour après jour depuis plus d’un siècle pour avoir la reconnaissance de leur culture et le droit de la vivre pleinement.
© ACELF, Québec 2007.
Date de la dernière mise à jour :
le
22.10.2009
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