| Journal de Geneviève Fillion - Alberta - 2006-2007 |
Il était une fois une petite fille qui s’appelait Geneviève. Elle était souriante, respectueuse et dynamique. Elle aimait faire du sport et s’amuser en compagnie de ses proches.
Toutefois, bien des événements succédant à son enfance ont guidé son cheminement. Adolescente, elle passait plusieurs soirées à garder les jeunes du voisinage, ce qui a engendré l’ambition de travailler auprès de cette clientèle. Son instinct l’a donc guidée vers le métier d’éducatrice à l’enfance. Elle a travaillé dans ce domaine durant quelque temps, mais elle caressait aussi le désir de devenir enseignante… |
C’est lors de sa première escapade à l’extérieur du Québec, un énorme sac à dos sur les épaules, qu’elle s’est aperçue de la richesse des voyages, de leur incidence sur l’ouverture d’esprit et sur la culture générale. Elle est devenue assoiffée de découvertes et cette vicissitude lui a confirmé qu’elle voulait allier deux passions : le partage des connaissances et la sensibilisation à la conscience sociale.
Actuellement étudiante en éducation préscolaire et en enseignement primaire, Geneviève vous dirait que son prochain stage – dans l’Ouest canadien – concrétise son souhait le plus cher : enseigner tout en voyageant. Certes, elle espère que cette expérience la fera grandir tant professionnellement que personnellement. L’histoire reste à suivre!
Geneviève Fillion
Étudiante en éducation préscolaire
et en enseignement primaire
Université du Québec à Rimouski
| La communauté de Falher |
Falher est une ville franco-albertaine du nord-ouest de l’Alberta, dans la région Rivière-la-Paix, où un peu plus de 1100 personnes vivent. Elle est dite la capitale nationale du miel puisqu’elle produit 40% du miel canadien. D’ailleurs, la ville possède la plus grosse abeille et la plus grosse ruche au monde en plus d’avoir un festival du miel qui se déroule tous les deux ans.
Puisqu’il s’agit d’une ville bilingue, Falher dispose des bureaux de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA). Son but premier est d’offrir aux résidants francophones des services permettant à cette communauté d’être reconnue, de se développer et de s’organiser pour que sa culture soit vivante et forte, et ainsi défendre les droits des francophones dans toutes les sphères de leur vie.
![]() L’abeille, le logo et les drapeaux représentant la ville de Falher. |
| L’école Héritage |
Fondée en 1988, l’école Héritage est l’une des premières écoles francophones de l’Alberta à avoir ouvert ses portes après celle de Calgary et d’Edmonton. Depuis bientôt dix ans, elle se trouve à Falher. Autrefois à Jean-Côté, elle a été relocalisée pour améliorer ses infrastructures et pour avoir un meilleur accès aux services communautaires. Elle est une école régionale, car la provenance des élèves couvre un rayon d’environ soixante-quinze kilomètres et regroupe des élèves de quatorze différentes petites municipalités. Gérée par le Conseil scolaire du Nord-Ouest No 1, l’école Héritage est une école à la fois francophone et catholique. Elle offre divers services tels que des services spécialisés aux élèves, un conseil d’école, un accompagnement au foyer de l’élève, un accueil aux parents anglophones, des animations et des célébrations pastorales, des activités parascolaires, un partenariat communautaire et plus encore.
Prônant la culture francophone, l’école Héritage répond aux besoins linguistiques, éducatifs, spirituels et culturels des jeunes. Elle a aussi le défi de favoriser et d’augmenter la réussite éducative de ses élèves tout en les accompagnant afin qu’ils s’approprient fièrement de leur identité culturelle.
![]() L’école Héritage. |
| Les gens au cœur de l’école Héritage |
L’école Héritage accueille approximativement deux cents élèves de la maternelle à la douzième année et compte seize enseignants. Pour ce qui est du personnel non enseignant, il y a vingt employés incluant les concierges et les personnes préposées à l’entretien. Deux d’entre eux sont des aide-élèves. De plus, une orthopédagogue est présente à temps plein, ce qui favorise un enseignement de qualité, puisqu’il y a beaucoup de support autour des enseignants. À répétition, un participant au programme Katimavik est présent à qui certaines activités parascolaires sont déléguées, de même qu’un animateur culturel et qu’un moniteur de langue.
En ce qui concerne les infrastructures, cette école est bien équipée. Elle possède un gymnase neuf, une salle audiovisuelle, une bibliothèque garnie de livres et de vidéos francophones, un grand laboratoire d’ordinateurs, une salle pour les arts plastiques, un atelier de menuiserie, etc. Elle offre aussi les services d’une cafétéria où les élèves ont la possibilité de travailler. D’autre part, la cour extérieure est riche en activités pour les trois récréations quotidiennes des élèves.
![]() Le laboratoire informatique et la bibliothèque. |
Le gymnase de l’école Héritage. |
| La classe de madame Danièle Murray |
Québécoise d’origine, madame Danièle Murray a commencé sa carrière d’enseignante à Falher, il y a cinq ans, dans la classe de maternelle de l’école Héritage. Depuis quatre ans, elle enseigne en 5e et 6e année. Cette année, sa classe est composée de 16 élèves dont 5 sont en 5e année et la balance, en 6e année. La seule matière que madame Danièle n’enseigne pas est l’anglais. C’est donc elle qui a la charge des cours de mathématiques, de français, de sciences, d’éducation physique, d’arts, de religion, d’hygiène et d’études sociales.
![]() Madame Danièle Murray, enseignante. |
Pour ce qui est de son enseignement, elle fait de la différenciation afin de favoriser l’apprentissage de chacun de ses élèves. En ce qui concerne la discipline de la classe, madame Danièle s’intéresse à la thérapie de la réalité et elle l’adapte à sa façon. Elle considère qu’un système d’émulation est trop difficile à gérer et qu’il est encore plus compliqué de faire preuve de constance.
![]() La classe de 5e et de 6e année. |
| Les aspects positifs du stage de Geneviève |
Geneviève doit avouer qu’avant sa venue à Falher, elle n’avait jamais pris conscience de cette présence aussi grande de francophones dans l’Ouest canadien. Elle est même surprise de constater que plusieurs de leurs pionniers ont dû se battre pour obtenir la reconnaissance de la part de la province albertaine pour être en mesure d’offrir une éducation respectant leurs origines. Par le biais de ce stage, elle découvre donc une réalité qu’elle ignorait totalement.
Cette stagiaire a aussi constaté l’importance et la présence de la communauté au sein de l’école puisque celle-ci intègre, entre autres, énormément les parents. De plus, elle considère que même si l’enseignement est en français, il est nécessaire de maîtriser l’anglais pour mieux communiquer, dans certains cas, avec la famille des élèves, voire même avec ces derniers, ne serait-ce que pour les aider à définir correctement des mots dans le but de parfaire leurs compétences linguistiques. Geneviève est aussi surprise de s’apercevoir que, contrairement à la majorité des régions du Québec, il manque de personnel, ne serait-ce que pour la suppléance ou encore, pour l’enseignement des spécialités. Enfin, elle a aussi découvert que les milieux minoritaires francophones sont de plus en plus grandissants dans la province de l’Alberta et qu’il s’agit d’une culture très intéressante à connaître.
© ACELF, Québec 2007.
Date de la dernière mise à jour :
le
22.10.2009
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