| Journal de Josée Ruel - Alberta - 2006-2007 |
Bonjour! Je me nomme Josée Ruel, j’ai vécu mon enfance et mon adolescence dans le petit village de Saint-Charles-de-Bellechasse et je demeure maintenant à Saint-Romuald. C’est donc dans un rang paisible de campagne, entourée de mes parents, de mes cinq frères et sœurs et de plusieurs autres membres de ma famille que je suis devenue la jeune femme fonceuse, travaillante, respectueuse de la nature et dynamique que je suis. Dans cet environnement, j’ai appris très rapidement à m’adapter, à partager et à user de créativité et de débrouillardise pour arriver à mes fins. Depuis plusieurs années, je travaille dans le domaine de l’animation auprès des enfants et je combine cette passion avec les arts, qui représentent une partie importante de ma vie. |
Ce stage en Alberta est pour moi un moyen de découvrir et de partager toutes les richesses de notre pays. Ainsi, j’en ferai bénéficier mes futurs élèves, qu’importe la province dans laquelle ils vivront. De plus, je crois que cette immersion me permettra de comprendre davantage la réalité des enfants qui arrivent de l’extérieur et qui doivent s’adapter à un nouveau mode de vie.
Josée Ruel
Étudiante en éducation préscolaire
et en enseignement primaire
Université du Québec à Rimouski
| Jasper, une communauté au cœur des Rocheuses |
Le glacier Athabasca dans le Parc national du Canada de Jasper. |
Jasper est une petite ville touristique d'environ 4 700 habitants située au cœur des Rocheuses dans la vallée de la rivière Athabasca. Comme la ville se trouve dans un parc national, les gens qui y habitent sont très respectueux de la nature et sont pour la plupart passionnés de plein air.
En ce qui a trait à l'éducation, la ville de Jasper offre trois programmes scolaires différents, soit l'école francophone, l'école d'immersion et l'école anglophone. De façon majoritaire, les gens de la communauté parlent anglais. Toutefois, les enfants qui fréquentent l'école Desrochers apprennent le français comme langue première. De ce fait, les membres de la communauté francophone, qui sont en partie des enseignants, des parents et des élèves de l'école, tissent des liens serrés et se donnent comme mission d'offrir des opportunités d'activités francophones à l'extérieur de l'école. L’Association canadienne-française de l’Alberta joue aussi un grand rôle de promotion de la langue française. D'ailleurs, cette année au début du mois de juillet, Jasper accueille la Fête franco-albertaine qui se veut un important festival pour la francophonie.
| L'école francophone Desrochers |
Deux élèves de la classe de sixième année assurent le service de brigadiers à la fin des classes. |
L'école Desrochers est une école francophone du Conseil scolaire Centre-Nord de l'Alberta ouverte depuis maintenant cinq ans. À sa première année, l'établissement scolaire était composé de seulement trois classes et se situait dans l'école secondaire anglophone. Aujourd'hui, le nombre d'élèves a augmenté considérablement et on y retrouve quatre classes au primaire ainsi que neuf élèves de la septième à la onzième année. La douzième année ouvrira l'an prochain pour deux élèves. Compte tenu du petit nombre d'élèves, les enseignants ont à gérer des classes multiniveau puisque le nombre d'élèves de chaque niveau n'est pas assez grand pour former une classe à niveau unique. Il y a donc dix-huit élèves de la maternelle première année, treize élèves de la deuxième troisième année, neuf élèves de la quatrième cinquième et neuf élèves de la sixième.
L'année dernière, l'école a déménagé dans de nouveaux locaux en attente de la construction de leur école. Toutefois, ils ne sont pas assez grands puisqu’ils ne permettent pas d'accueillir toutes les classes. Les cours de la septième à la onzième année ainsi que ceux de musique sont donc dispensés dans une classe mobile se trouvant à proximité de l'école mais tout de même de l'autre côté de la rue. De plus, la majorité des cours d'éducation physique se déroulent à l'extérieur puisque l'école francophone ne peut utiliser le gymnase de l'école secondaire anglophone que lors de certaines périodes. Malgré tout, il s'agit d'une école intéressante qui répond bien au besoin de petits groupes comme c'est le cas présentement et qui se situe dans un environnement enchanteur. Éventuellement, le Conseil scolaire Centre-Nord souhaite pouvoir construire une école pouvant accueillir tous les locaux nécessaires et regrouper tous les niveaux sous un même toit.
L'équipe-école est jeune et dynamique et elle travaille dans un but commun qui est de fournir le meilleur aux élèves. D'ailleurs, ils collaborent beaucoup et l'opinion de chacun est entendue lors de prises de décisions importantes. La majorité des enseignants sont originaires du Québec et quelques-uns sont natifs de l'Alberta. Chacun d'entre eux est très impliqué dans la communauté puisqu'il s'agit d'une valeur qu'ils tendent à transmettre aux élèves. De ce fait, ils participent à divers événements visant à promouvoir la langue française, font partie d'associations et n'hésitent pas à donner de leur temps pour le bien de la communauté.
| Une classe de filles! |
Madame Roxane Thomas entourée de ses neuf élèves lors de leur activité de fin d’année au Parlement d’Edmonton. |
La classe de sixième année de madame Roxane Thomas est particulière puisqu'elle est la seule classe qui n'est pas multiple mais aussi, car elle est composée uniquement de filles. Ce sont neuf jeunes élèves curieuses et intéressées qui sont très liées puisqu'elles évoluent ensemble depuis bientôt cinq ans. Elles sont très autonomes en ce qui concerne les responsabilités de la classe. Elles les exécutent lorsque leur tour vient ou encore s'avertissent si l’une d'entre elles omet de les exécuter. Ce sont d'ailleurs elles qui assurent le service de brigade scolaire le midi et le soir. Enfin, les filles de la classe sont très actives dans la communauté puisqu'elles participent à plusieurs activités sportives et culturelles.
Aménagement physique de la classe de sixième année en trois centres d’activités pour le projet d’aviation. |
En ce qui a trait à son aspect physique, la salle de classe est petite mais convient bien au nombre d'élèves. L'espace est bien occupé, car outre les bureaux des élèves, on retrouve une table qui permet le travail en équipe ainsi qu'un coin-lecture cloisonné par une petite étagère qui contient du matériel pédagogique. À cet endroit, les élèves peuvent s'installer sur le tapis et les coussins pour lire. L'aménagement physique du local est modifié régulièrement afin de briser la routine et aussi de répondre aux besoins des divers projets qui se vivent dans la classe. Pour ce qui est des ressources, l'école possède beaucoup de matériel pédagogique et une bonne quantité de livres de toutes sortes. Il s'agit de matériel récent et attrayant puisque l'école est ouverte depuis peu. De surcroît, fait intéressant, tous les élèves de la quatrième à la sixième année possèdent des balles pour s'asseoir. Ce type de siège les aide à se concentrer, en répondant à leur besoin de bouger, sans toutefois déranger le cours de la classe.
Les élèves ont fait voler, dans la cour de récréation, les planeurs qu’elles avaient construits dans le cadre du projet d’aviation. |
Les filles de la classe et moi lors de l’activité de la roulette visant à apprendre les notions de statistiques et de probabilité. |
Mon enseignante associée, qui compte cinq années d'expérience, est une personne très professionnelle qui a à cœur le bien-être et le développement de ses élèves. Son enseignement est adapté aux diverses particularités de la classe, principalement le niveau de français de ses élèves qui fréquentent l'école francophone depuis la deuxième année du primaire. Sa pédagogie est centrée sur la construction de connaissances malgré la structure du programme de formation de l'Alberta qui est davantage orientée selon la théorie de la transmission de connaissances. Elle cible plutôt des objectifs pédagogiques précis chaque année afin que les élèves atteignent le niveau souhaité par le ministère à la fin de leur cheminement scolaire. De ce fait, madame Thomas croit en l'importance d'une cohésion entre l'enseignement dispensé aux différents niveaux. D’ailleurs, elle n'hésite pas à aider et à consulter ses collègues dans le but de faciliter les apprentissages des élèves au cours des diverses années de leur parcours scolaire.
| L'enseignement en milieu minoritaire francophone |
En terminant, j'ai pu découvrir, pendant cette expérience de stage d'enseignement en milieu minoritaire francophone, ma fierté personnelle de parler français ainsi que toutes les valeurs qui se rattachent à cette identité. J'ai pu mieux me positionner par rapport à la réalité des communautés francophones hors Québec et je comprends désormais davantage la lutte qu'elles doivent mener pour maintenir leur langue vivante. Ainsi, je retiens de tous ces gens la volonté et la solidarité dont ils font preuve tous les jours pour vivre leur langue, et ce, en allant au-delà des perceptions des gens qui les entourent. À mon avis, cet esprit de solidarité et de communauté qui est véhiculé grâce à l'école francophone en milieu minoritaire est sans aucun doute l'aspect le plus positif pour les élèves dont les parents ont fait le choix de l'enseignement du français comme langue première.
© ACELF, Québec 2007.
Date de la dernière mise à jour :
le
22.10.2009
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