| Journal d'Andréanne Bouffard - Colombie-Britannique - 2006-2007 |
Bonjour à tous! Mon nom est Andréanne Bouffard et j’ai 22 ans. Je suis originaire de Saint-Lambert-de-Lauzon, une petite ville située sur la Rive-Sud de Québec. Je suis en troisième année au baccalauréat en éducation préscolaire et en enseignement primaire à l’UQAR au campus de Lévis.
Toutefois, c’est lorsque j’ai enseigné le piano à des jeunes élèves que j’ai vraiment confirmé ce que je souhaitais faire dans les prochaines années de ma vie. |
Grâce à ce stage en Colombie-Britannique, je vais avoir la possibilité de combiner une autre de mes passions, les voyages, en plus d’œuvrer dans un domaine que j’adore. Je suis impatiente de partir dans l’Ouest pour découvrir cette magnifique province.
Andréanne Bouffard
Étudiante en éducation préscolaire
et en enseignement primaire
Université du Québec à Rimouski
| Portrait du milieu d'accueil |
Avant de partir pour la Colombie-Britannique, je ne connaissais pas beaucoup cette magnifique province. À travers mon troisième stage, j’ai voulu découvrir ce que pouvait renfermer cette région. Une chose est certaine, j’ai rencontré des gens merveilleux qui sont accueillants, charmants et ouverts. La direction, les enseignants ainsi que les enfants de l’école Au cœur de l’île m’ont accueillie chaleureusement pour que je puisse passer un excellent séjour.
C’est avec un très grand plaisir que je vais vous présenter mon milieu d’accueil où j’ai œuvré pendant deux mois. Tout d’abord, je parlerai de la communauté ainsi que de mon école. Par la suite, je décrirai un peu les enfants que nous pouvons retrouver dans cet établissement scolaire. Pour terminer, je présenterai mon enseignante ainsi que ma classe d’accueil.
| La communauté |
L’école Au cœur de l’île est située sur l’île de Vancouver dans une ville au sud de Campbell River, mais au nord de Port Alberni et de Nanaimo. Cette institution scolaire est établie plus particulièrement à Comox dans la vallée de Comox. Cette petite région regroupe trois villes différentes soit Courtenay, Cumberland et Comox. Dans cette dernière, nous pouvons retrouver beaucoup de professionnels comme des avocats, des dentistes, etc. À Courtenay, nous retrouvons beaucoup plus de gens qui proviennent de la classe ouvrière de la région.
Mon école associée est un établissement francophone qui est entouré d’une communauté majoritairement anglophone. En effet, il faut mentionner que l’école Au cœur de l’île est l’une des cinq écoles francophones qu’il y a sur l’île de Vancouver. Campbell River, Nanaimo et Powell River (sur le continent) sont les trois établissements francophones qui sont les plus près de l’école de Comox. Toutes les autres sont des écoles anglophones.
Nous pouvons affirmer que dans cette petite ville, tout se déroule en anglais. Il est donc plus difficile de faire des activités avec la communauté. Cependant, il y a deux ou trois ans, un projet avec l’Association francophone a été mis sur pied pour permettre aux élèves de perfectionner leur français. Cette dernière faisait des dons en argent au programme francophone pour inciter les enfants à louer des films en français. Malheureusement, ce nouveau projet ne dura pas très longtemps. Néanmoins, un camp à Powell River donne l’occasion à nos élèves d’améliorer leur français tout en prenant part à des activités variées de plein air.
| L’école Au cœur de l’île |
L’établissement scolaire regroupe deux programmes distincts, soit l’immersion francophone et le programme francophone (conseil scolaire de la Colombie-Britannique). Pour sa part, l’école Au cœur de l’île (programme francophone) possède le bas d’une aile de la bâtisse ainsi que deux classes mobiles situées à l’arrière de l’institution. Il est donc plus difficile pour le personnel de l’école d’avoir un contrôle sur la langue lors des récréations et pendant le dîner puisque les deux programmes sont mélangés.
L’école Au cœur de l’île regroupe des élèves de la maternelle jusqu’à la sixième année du primaire. Six enseignantes et enseignants se partagent la tâche quotidienne d’enseigner à environ cent dix-neuf enfants de cette école. Il y a donc six niveaux : maternelle, 1re année, 2e et 3e année, 3e et 4e année, 4e et 5e année ainsi que 6e année.
En plus de ces professeurs, le programme francophone a à sa disposition des intervenants qui vont permettre un meilleur cheminement pour les jeunes de l’école. Ceux-ci peuvent avoir recours à un conseiller deux fois par semaine qui va intervenir auprès des élèves en trouble de comportement, qui sont victimes d’abus ou de violence, etc. Une intervenante spécialisée s’occupe quotidiennement des enfants qui sont en trouble de comportement. Une orthopédagogue est présente pour le programme francophone quatre fois par semaine afin d’aider les jeunes qui présentent des difficultés académiques.
Une monitrice de langue est également à la disposition des élèves. Cette dernière vient régulièrement dans les classes ou prend un petit groupe d’enfants pour faire des projets qui vont pousser plus loin leurs connaissances de la langue française ou pour apporter de l’aide supplémentaire aux élèves en difficulté.
Il y a également une bibliothécaire qui fait des activités variées avec les jeunes en lien avec les différents livres de français que l’on retrouve dans la bibliothèque. Cette dernière a également la tâche de faire de la francisation, c’est-à-dire qu’elle apporte de l’aide aux élèves qui parlent peu en français. De plus, un professeur de musique, d’anglais et une aide aux devoirs viennent compléter le tableau des membres du personnel de l’école Au cœur de l’île.
L’établissement scolaire qui regroupe les deux programmes. L’aile de gauche est réservée pour l’école Au cœur de l’île. |
L’une des deux classes mobiles qui appartiennent à l’école Au cœur de l’île. Celle-ci accueille la classe de quatrième et de cinquième année. |
| Les enfants de l’école |
Les élèves de l’école Au cœur de l’île proviennent de milieux très différents. En effet, celle-ci accueille les enfants des villes environnantes qui veulent apprendre en français. Comox, Courtenay, Black Creek ou Cumberland en sont des exemples. Il y a donc des jeunes qui font environ une heure d’autobus tous les jours pour venir à l’école. Vu que les élèves de cette école habitent dans des milieux différents, leur situation familiale est différente. Il y a des familles où les deux parents travaillent alors que dans d’autres, la mère est au foyer. De plus, il faut mentionner qu’il y a beaucoup d’enfants de militaires, car l’armée a une base à Comox. Il est fréquent de voir des jeunes arriver en début d’année ou partir en fin d’année. Il faut également signaler que les élèves de cette école peuvent provenir d’une famille anglodominante ou francodominante. En effet, dans plusieurs familles, l’anglais est la première langue parlée à la maison. Par exemple, dans ma classe de 4e et 5e année, il y a environ dix élèves qui sont dans cette situation.
| L’enseignante et sa classe |
Je suis présentement dans une classe multiniveau qui regroupe des élèves de quatrième et de cinquième année. Il y a vingt-cinq enfants, dont cinq de quatrième année et vingt de cinquième année. De plus, ma classe est constituée en majorité de garçons puisqu’il y a dix filles pour quinze garçons. À l’intérieur de ce groupe, il y a quatre jeunes qui habitent dans un milieu uniquement anglophone. En effet, aucun de leurs parents ne parle français. De plus, six autres élèves de ce groupe ont l’anglais comme première langue à la maison. Une autre caractéristique de cette classe est qu’il y a trois enfants qui ont été déclarés comme présentant des troubles d’apprentissage. Ces derniers bénéficient d’une aide avec l’orthopédagogue. De plus, il y a deux élèves qui se font évaluer par des professionnels pour les troubles de comportement.
Chaque matin, les jeunes entrent dans la classe et déposent leurs sacs dans leur vestiaire. Par la suite, ils se mettent à l’attention pour le Ô Canada et ils écoutent les messages de la journée. Quand c’est terminé, les élèves doivent ouvrir leur agenda ainsi que les devoirs de la veille pour que l’enseignante passe les vérifier. Si tout est fait, elle appose une étampe ou un collant dans une grille de récompense. Lorsque cette dernière est remplie, l’enfant a droit à une surprise. Pendant que l’institutrice circule dans le local, les jeunes doivent lire un livre en français. Lorsque toutes ces étapes sont franchies, nous pouvons commencer la journée. Celle-ci se termine toujours par les agendas. Durant cette période, l’enseignante donne les devoirs pour le soir. Chaque soir, il faut que les élèves lisent un livre en français pendant quinze minutes.
Les élèves de la classe de quatrième et de cinquième année pendant un projet d’art. |
Lors de mes observations en classe, j’ai constaté que l’enseignante prône le respect de chacun et de l’environnement ainsi que l’entraide. De plus, depuis l’automne dernier, les enseignants de 4e, 5e et 6e année intègrent les portables dans la salle de classe. À l’aide de cet outil, les enfants de ma classe d’accueil font des projets de science et même un livre pour le salon du livre de l’école. De plus, j’ai constaté que l'institutrice a une excellente relation avec tous ses élèves. Elle les connaît bien et elle sait comment les soutenir dans leur cheminement personnel.
Deux élèves de quatrième année qui présentent leur livre lors du salon du livre. |
Trois élèves de cinquième année qui présentent leur livre lors du salon du livre. |
Pour conclure, ce travail m’a permis de dégager les points positifs de l’enseignement en milieu minoritaire francophone. J’ai constaté que la direction ainsi que tout le personnel de l’école valorisent beaucoup la langue française. En effet, ces derniers évitent d’utiliser des mots anglophones que nous utilisons dans notre langage quotidien afin de donner plus de vocabulaire aux enfants de l’école. J’ai également remarqué la bonne relation entre les enseignants, la direction de l’école et les élèves. Grâce à cette expérience, j’ai eu la chance de perfectionner mon français, car j’ai dû laisser tomber les expressions anglophones que j’utilisais. De plus, j’ai eu l’occasion de travailler avec du nouveau matériel didactique différent de celui du Québec. Ainsi, j’ai pu découvrir d’autres façons d’enseigner et de mettre à profit mon imagination.
© ACELF, Québec 2007.
Date de la dernière mise à jour :
le
22.10.2009
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