B@P - Banque d'activités pédagogiques
Revue Éducation et francophonie

STAGES EN ENSEIGNEMENT DANS
LES COMMUNAUTÉS FRANCOPHONES

Journaux des stagiaires

Journal d'Isabelle Émond - Colombie-Britannique - 2006-2007

Isabelle Émond

Bonjour,

Je m’appelle Isabelle Émond. Depuis le jour où le soleil a effleuré pour la première fois mon visage, 23 années se sont écoulées. Native de l’île d’Orléans, j’ai eu l’occasion d’apprécier le calme et le réconfort que procure ce majestueux fleuve qu’est le Saint-Laurent. Insulaire, je n’ai que rarement quitté ses rives.

Étudiante au baccalauréat en enseignement en adaptation scolaire et sociale, profil enseignement secondaire et éducation des adultes, je complète actuellement ma troisième année de formation à l’Université du Québec à Rimouski, campus de Lévis.

 

Je manifeste un grand intérêt pour cette proposition inégalée qu’est le stage en Colombie-Britannique. L'expérience est en soi le fruit d'une quête, d'un processus de longue haleine déployé sur l'aube des années. Ce stage correspond à cette opportunité que j’ai d'étendre mes ailes vers d'autres cieux, inconnus, parfois incertains. Or, ces lieux inexplorés me permettront de découvrir ma propre personnalité, mes passions, mes désirs.


Corollairement, une autre réalité, distincte en soi, se dévoilera sous mes yeux; celle d’une culture différente où mentalités, valeurs et interventions
pédagogiques s’associeront ou divergeront de mes propres acquis. Ce processus d’apprentissage sera le reflet du parcours entamé pour atteindre mes ambitions personnelles et professionnelles.

 

Conséquemment, je me sensibiliserai à la réalité des élèves d’une autre province canadienne qui fréquentent une ressource spécialisée ; je comprendrai davantage leur situation sur les plans pédagogique et personnel ainsi que le milieu dans lequel ils évoluent.

Mon désir d’apprendre et de développer de nouvelles aptitudes en vue de m’inscrire à la maîtrise après mon baccalauréat me permettra d’envisager ce nouveau défi avec d’autant plus d’enthousiasme et de fierté.

 

Isabelle Émond

Étudiante en adaptation scolaire et sociale

Université du Québec à Rimouski

La communauté francophone de la Colombie-Britannique et celle de Victoria


Colonisateurs de la Colombie-Britannique, assise de l’édification d’une multitude d’institutions servant subséquemment de tremplin aux sociétés émergentes, les francophones ont contribué à l’ascension de cette province canadienne à plusieurs égards. Cette communauté en pleine effervescence, empreinte d’une certaine fragilité compte tenu du contexte minoritaire dans lequel elle est immergée, a su déployer sa puissance afin d’atteindre les cibles tant convoitées. Cette énergie a transcendé les générations, tout en perpétuant cette culture distincte au sein d’une société active, orientée vers l’avenir. Ce fort sentiment d’appartenance, pierre angulaire de la francophonie, unit indéniablement les différentes personnes évoluant au cœur de ce milieu.

La communauté franco-colombienne compte 56 755 personnes de langue maternelle française, ce qui représente approximativement 1,6% de la population totale de la province de la Colombie-Britannique. En outre, 6000 Franco-Colombiens habitent la ville de Victoria, ce qui n’est guère négligeable.

L’école Victor-Brodeur


Ancienne résidence officielle de l’Amiral Victor-Gabriel Brodeur, l’école francophone édifiée sur la base des forces armées canadiennes d’Esquimalt est instaurée le 17 septembre 1973 grâce à la volonté opiniâtre et au dévouement incommensurable d’une communauté désireuse de transmettre sa culture aux générations à venir. Figure de proue de ce majestueux navire qu’est la francophonie, l’école Victor-Brodeur sera la représentation emblématique de l’enseignement par le biais de la langue française sur l’île de Vancouver et précurseur de l’enseignement francophone de niveau secondaire au cœur de la Colombie-Britannique.

L’école Victor-Brodeur.
L’école Victor-Brodeur.

L’école Victor-Brodeur.


Or, l’année scolaire en cours revêt un caractère inoubliable, voire historique pour la communauté franco-colombienne de la capitale, Victoria. Subséquemment à une attente s’échelonnant sur plusieurs années, l’école Victor-Brodeur s’est parée de ses plus beaux atours afin d’accueillir, depuis le 10 janvier 2007, les élèves dans un nouvel édifice construit sur l’ancien site situé au 637 rue Head. Unique institution à offrir l’enseignement en français de la maternelle à la douzième année au cœur de l’île de Vancouver, elle s’insère parmi les 39 établissements éducatifs administrés par le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique. Trente-trois années se sont écoulées depuis l’inauguration de cette école; elle a vu défiler en son sein des cohortes d’élèves en constante progression au fil des années. Accueillant originairement 33 élèves, sa population s’est accrue considérablement. Lors de l’inauguration officielle du nouvel édifice le 14 mai dernier, l’institution scolaire comptait environ 398 élèves et un personnel constitué de plus de 40 personnes gravitant autour de ces jeunes protégés.

La cour de récréation.

La cour de récréation.
La bibliothèque.

La bibliothèque.


Tel un phare orienté vers l’avenir dévoilant ainsi de nouveaux horizons au sein de la communauté, l’école Victor-Brodeur incarne dorénavant un environnement sain, doté d’installations modernes permettant de combler spécifiquement les besoins de la clientèle francophone. Institution en constante ébullition, à la recherche effrénée de renouveau et d’innovations pédagogiques vers la réussite de tous peu importe leurs caractéristiques personnelles, tributaire de la forte tradition d’éducation francophone à Victoria, cette école s’avère, corollairement, une ressource communautaire inestimable en termes d’effectifs humains et matériels.

La clientèle de l’école Victor-Brodeur


Issus de différentes communautés telles Saanich, Colwood, Esquimalt, Langford, Sooke, Sidney, de même que Brentwood Bay, ou provenant d'outre-mer, les élèves cheminant au cœur de ce milieu éducatif exceptionnel se répartissent ainsi : 277 élèves cheminent au niveau élémentaire comparativement à 121 élèves au niveau secondaire. Dans l’ensemble, 22 élèves ont accès à un programme d’anglais langue seconde et 65 élèves reçoivent un programme de francisation adapté à leurs besoins. En outre, il s’avère important de mentionner que plus de 40% de ces jeunes protégés proviennent de familles comportant une personne travaillant pour les forces armées canadiennes; ce parent est, dans la majorité des cas, le noyau francophone. Enfin, 3% de la population étudiante sont d’origine autochtone. L’école Victor-Brodeur dévoile donc admirablement un portrait actuel de la société pluraliste dans laquelle elle interagit tout en étant imprégnée d’un caractère multiculturel en ses lieux.

Projets artistiques réalisés par les élèves évoluant à l’école Victor-Brodeur.
Projets artistiques réalisés par les élèves évoluant à l’école Victor-Brodeur.

Projets artistiques réalisés par les élèves évoluant à l’école Victor-Brodeur.


Mon enseignante associée


Mon enseignante associée, madame Danielle Laurin, orthopédagogue orientée vers les technologies de l’information et de la communication, poursuit avec acharnement les objectifs déployés au sein du plan de réussite, c’est-à-dire, améliorer les habiletés en littératie en ciblant les élèves qui éprouvent des difficultés en expression écrite et assurer un environnement favorisant l’apprentissage. Corollairement, ses interventions sont fondées majoritairement sur la conscience phonologique ainsi que sur l’intégration de stratégies cognitives et métacognitives relativement à la lecture et à l’écriture. D’autres interventions sont émises au cours de l’année scolaire en ce qui a trait aux habitudes de travail, à l’organisation, aux stratégies d’études, de même qu’en ce qui concerne le soutien en mathématiques.

Madame Danielle Laurin, mon enseignante associée.

Madame Danielle Laurin, mon enseignante associée.


Sa classe
Les élèves évoluant sous le spectre de l’orthopédagogie à l’élémentaire sont au nombre de 39; parmi ceux-ci, 37 sont suivis sur une base régulière. D’autres, corollairement à la situation de douance ou d’enrichissement qui leur est attribuée, reçoivent un suivi différencié de celui offert à la majorité. La clientèle est desservie de façon hebdomadaire à raison de trois périodes d’une durée variant de 45 minutes à une heure.

La classe ressource d’orthopédagogie.

La classe ressource d’orthopédagogie.


Conclusion


L’enseignement en milieu minoritaire francophone permet aux élèves évoluant au sein de cet environnement distinct de développer des habiletés linguistiques considérables. Le bilinguisme constituant un atout indéniable en ce temps de mondialisation et de pluralité, ces élèves sont à l’image du citoyen de demain. Ayant des appartenances multiples, ils s’avèrent polyvalents dans une multitude de situations. Ouverts sur le monde, ils peuvent poursuivre aisément leurs études dans la langue de leur choix.

En ce qui me concerne, cette expérience m’a permis de découvrir ma propre personnalité, mes passions, mes désirs. Corollairement, une autre réalité, distincte en soi, se dévoila sous mes yeux; celle d’une culture différenciée où mentalités, valeurs et interventions pédagogiques se sont associées à mes propres acquis ou ont divergé de ceux-ci. Ce processus d’apprentissage est en soi le reflet du parcours entamé pour atteindre mes ambitions personnelles et professionnelles. En outre, je me suis sensibilisée à la réalité des élèves évoluant sous l’aile de la francophonie au cœur de la Colombie-Britannique, j’ai compris davantage leur situation sur le plan pédagogique et personnel ainsi que le milieu dans lequel ils gravitent. De plus, la familiarisation quant aux rôles des professionnels enseignants et non enseignants est un aspect primordial auquel j’ai consacré une place considérable tout au long de ce stage. Cette expérience de stage à l’extérieur du Québec fut des plus enrichissantes. Elle m’a permis d’évoluer en tant que personne, et ce, sous divers aspects. Cette opportunité inégalée se doit d’être vécue. Ce moment sera à jamais gravé dans ma mémoire tant il a été riche en connaissances et expériences au fil des jours.

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