B@P - Banque d'activités pédagogiques
Revue Éducation et francophonie

STAGES EN ENSEIGNEMENT DANS
LES COMMUNAUTÉS FRANCOPHONES

Journaux des stagiaires

Journal de Mireille Giroux - Manitoba - 2006-2007

Mireille Giroux

Bonjour à vous,

 

Mon nom est Mireille Giroux et je viens de Causapscal, dans la vallée de la Matapédia. Je suis présentement en 3e année à l’UQAR en enseignement primaire.

 

Je suis une jeune femme ambitieuse, curieuse d’en apprendre toujours plus et surtout, qui adore voyager. De plus, je m’intéresse à l’équitation, à la danse et à tout ce qui touche l’artisanat (bricolage, scrapbooking, etc.).

Après avoir fait du patinage artistique pendant 11 ans et l’avoir enseigné aux débutants, j’ai tranquillement découvert un intérêt pour l’enseignement. Un emploi bénévole dans un centre communautaire pour organiser des activités pour les enfants de 8 à 12 ans n’a fait que confirmer mon choix de carrière.

 

Je suis vraiment privilégiée de partir à l’aventure dans un domaine qui me passionne. Je suis impatiente de me familiariser avec les habitudes de vie des Franco-Manitobains.


Je pars donc pour le Manitoba, pour une durée de 8 semaines, fébrile à l’idée de découvrir le petit village de St-Pierre-Jolys et ses élèves de la maternelle. Vivre dans un milieu interculturel est une expérience on ne peut plus enrichissante que j’ai hâte de partager avec vous.

Mireille Giroux

Étudiante en éducation préscolaire

et en enseignement primaire

Université du Québec à Rimouski

Portrait du milieu d'accueil


Pour commencer, je peux vous dire que je vis une expérience hors du commun et que je suis très heureuse d’être allée jusqu’au bout. Je ne regrette en rien ma décision d’être partie à l’aventure au Manitoba, alors que je ne connaissais pas du tout ce coin de pays. Après 4 semaines de stage, je peux vous dire que c’est une expérience très enrichissante et que je suis loin de m’ennuyer ici, car les gens sont très accueillants et très généreux. Mes journées sont remplies de nouveauté et de plaisir, donc je vous invite à découvrir mon milieu de stage où je suis accueillie comme un membre important du personnel et où j’ai le plaisir de vivre ma profession à 100%.

Communauté de Saint-Pierre-Jolys


Tout d’abord, l’École communautaire Réal-Bérard (ÉcRB) est située dans le village de Saint-Pierre-Jolys. Contrairement à ce que j’imaginais, la communauté est plus bilingue que seulement francophone. Il y a beaucoup d’anglicismes dans le langage des gens. La réalité dans la société est que l’anglais est plus présent que le français même si les gens de la communauté savent le parler. J’ai remarqué que ce sont davantage les adultes plus âgés qui le parlent fréquemment que les jeunes (enfants et adolescents). Ces derniers préfèrent parler l’anglais, car c’est « plus cool », selon eux. Cependant, les adultes qui ont été élevés en français tiennent à ce que leurs enfants apprennent cette langue même s’ils sont mariés avec des personnes anglophones. Donc, bien que les services qu’offre le milieu soient un peu plus anglophones, c’est grâce aux parents qui ont à cœur leur langue maternelle qu’elle reste présente parmi les habitants. D’un côté, je trouve cela extraordinaire que ces enfants aient la chance d’être bilingues dès leur naissance.

Bien que Saint-Pierre-Jolys compte seulement un millier d’habitants, ce milieu offre de nombreux services, dont une épicerie, un hôpital, une pharmacie, deux restaurants, une caisse populaire, un poste de police et de pompiers, deux écoles, etc. C’est donc l’endroit qui attire les gens des villages voisins. Puis, comme dans toutes les petites communautés, les habitants se connaissent tous. C’est comme une grosse famille.

Finalement, ce petit village est situé à 30 minutes de Winnipeg, où il est possible de trouver de multiples services additionnels. C’est donc un endroit idéal pour vivre, au milieu de la nature où l’horizon est infini et aux abords de la plus grosse ville du Manitoba.

École communautaire Réal-Bérard

École communautaire Réal-Bérard.

École communautaire Réal-Bérard.


L'école où j’ai la chance d’enseigner regroupe des élèves provenant de Saint-Pierre-Jolys et des villages voisins tels que Otterburne, Saint-Malo, Grunthal, Larochelle, d'Arnaud et Dufrost.

Isabelle et moi avec Monsieur DesAutels.

Isabelle et moi avec Monsieur DesAutels.


Bernard DesAutels est le directeur de tout ce bel univers situé dans le village de Saint-Pierre-Jolys. L’École communautaire Réal-Bérard était autrefois connue sous le nom de «Institut collégial St-Pierre» dès sa naissance en 1959. Comme école secondaire à ce temps, elle accueillait les élèves d’Otterburne et de Saint-Pierre-Jolys. En 1969, elle est devenue une école élémentaire de la maternelle à la 6e année. En 1994, la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM) a été fondée et l’École communautaire Réal-Bérard est devenue l’une des 20 écoles de la DSFM, avec un programme de maternelle à la 8e année avec un plan d’ajouter un niveau secondaire pour les quatre prochaines années. En juin 1999, l’école a remis des diplômes à son premier groupe de finissants. Aujourd’hui, le programme de maternelle à secondaire 4 compte plus de 200 élèves inscrits.

Il est aussi intéressant de voir la signification du symbole associé à l’école.

Les couleurs de l’école.

Les couleurs de l’école.
  • La feuille d'érable représente le fait qu’ils sont Canadiens et Canadiennes ainsi que la tradition de la cabane à sucre et du sirop d'érable présente à Saint-Pierre-Jolys.
  • Le fond vert représente l'espoir de l'école française et la DSFM - instruments qui contribuent à la survie de la culture et de la langue françaises.
  • Le soleil représente la DSFM et chaque rayon représente une des 20 écoles fondatrices.
  • Les épis verts représentent le milieu agricole qui joue un rôle important dans la communauté de Saint-Pierre-Jolys ainsi que l’affiliation à toutes les communautés franco-manitobaines.
  • Le rouge représente la vallée de la rivière Rouge ainsi que le rôle qu'a joué la Division scolaire de la Rivière-Rouge dans l'éducation pendant près de 35 ans.
  • Le bleu représente les racines françaises et québécoises.
  • Le coq représente la communauté de Saint-Pierre-Jolys.
  • Les clés d'or sur un mont vert nous indiquent que l'éducation et l'effort sont les clés du succès.
  • Les couleurs du coq, du mont et des clés sont les couleurs de l'école - le bourgogne (marron), le vert foncé (forêt) et le doré.

La mission de l’école communautaire Réal-Bérard est d’établir un lieu où les gens seront heureux et fiers de vivre, d’apprendre et de réussir en français. De nombreuses familles qui ont à cœur la langue française sont établies dans les alentours de Saint-Pierre-Jolys et en envoyant leurs enfants à l’école francophone, ils ne font que montrer combien c’est important pour eux qu’ils soient instruits dans leur langue maternelle. L’école est également consciente de la réalité des élèves et des parents des communautés de Saint-Pierre-Jolys, d’Otterburne et de Saint-Malo qui parlent le « franglais », par exemple. C’est donc un défi de tous les instants que de tenir compte de ces différents enjeux sociétaires. Parce qu’on retrouve, dans le même village, une école d’immersion francophone, il faut donc favoriser au mieux la langue maternelle française et c’est en offrant des services de qualité que l’École communautaire Réal-Bérard se distingue des autres et marque sa présence dans la Division scolaire franco-manitobaine. L’école s’efforce donc d’être le prolongement de la famille francophone par le truchement du français comme langue première et, ainsi, de permettre à l’élève de vivre sa culture de façon active et réelle pour en faire une composante intégrée de son identité.

Je suis donc très heureuse de faire partie de cette école où règne une atmosphère de camaraderie entre les membres du personnel et où je me sens acceptée à 100%. Que je sois une stagiaire ou une étudiante sans expérience, je suis considérée comme un membre à part entière de cette communauté scolaire et mon implication ainsi que mon travail professionnel sont reconnus parmi le corps enseignant. J’ai aussi remarqué que les enseignants se respectent entre eux et que le directeur, Monsieur Bernard DesAutels, supporte leurs décisions. C’est grâce à un travail d’équipe équilibré et polyvalent que l’école remplit avec succès sa mission d’éducation et qu’elle crée un lieu et une atmosphère agréables pour les élèves.

En terminant, je suis très surprise et heureuse de voir à quel point les enseignants ont de l’aide pour les élèves de leur classe. Je parle des auxiliaires qui sont des personnes engagées pour passer une bonne partie de la journée avec les enseignants et pour les aider dans leur tâche quotidienne. Ces auxiliaires doivent travailler en équipe avec l’enseignant en remplissant des tâches que ce dernier leur demande. Il y a aussi beaucoup d’élèves de l’école qui sont en phase d’accueil, c’est-à-dire qu’ils sont davantage anglophones que francophones et qu’ils doivent faire plus d’efforts pour apprendre la langue française parlée comme écrite. Puis, comme ailleurs dans les écoles du Canada, il y a un orthopédagogue et un conseiller. En ce qui concerne le travailleur social, le psychologue, l’orthophoniste et l’ergothérapeute, ils sont engagés par la Division scolaire franco-manitobaine. Mais ce sont les auxiliaires qui, selon moi, aident grandement à donner un enseignement de qualité aux élèves.

Pour terminer à propos de l’école, le projet éducatif consiste à développer encore plus la réussite identitaire de chaque jeune, à rehausser l’importance du développement de la technologie à la bibliothèque et dans les salles de classe primaires et élémentaires. Le projet vise aussi l’utilisation optimale de la salle multimédia et la collaboration entre les enseignants au secondaire ainsi que l’équipe ÉcRB. Enfin, on vise également à travailler sur l’engagement des jeunes et à les encourager à prendre plus au sérieux tout ce qu’ils font tout en soulignant l’importance de la communication entre ces derniers et leurs parents. Puis, à travers tous ces objectifs, on exploite, chaque mois, des thèmes qui encouragent les élèves à participer pour recevoir le titre d’élève du mois. Voici donc des exemples de thèmes exploités à l’école communautaire Réal-Bérard : le partage, le développement de la littéracie, la gentillesse, l’entraide, le français parlé…

Enseignante de la classe de maternelle

Madame Michelle Gagné.

Madame Michelle Gagné.

Mon enseignante associée, Michelle Gagné, est très accueillante et je suis très heureuse de voir que, dès la première semaine, nous travaillons déjà en équipe avec les enfants. Nous avons des visions semblables de l’éducation, nous sommes dynamiques tout en étant autoritaires comme il se doit avec les élèves. Son travail fait en sorte que ses élèves se sentent en sécurité dans sa classe et qu’ils apprennent dans le respect. De plus, Michelle favorise grandement le français et a à cœur que ses élèves le parlent le plus souvent possible en classe. D’ailleurs, elle est fière de voir le progrès de ses élèves depuis le début de l’année.

Dessin réalisé par un élève à la suite de la lecture d’un conte.

Dessin réalisé par un élève à la suite de la lecture d’un conte.


Michelle est une personne très souriante et rayonnante. Elle est ouverte à mes idées et me fait confiance à 100%. Je me sens très à l’aise dans sa classe et on se complète. Pour ma part, je suis contente d’en apprendre le plus possible sur l’enseignement au préscolaire avec les douze années d’expérience de Michelle. Je constate déjà que la routine est très importante et que les enfants demandent un encadrement plus important que les élèves plus vieux du primaire, mais qu’ils sont aussi capables d’accomplir de grandes choses si on leur en donne la possibilité.

Depuis le début de mon stage, j’ai eu la chance de faire de la suppléance dans ma propre classe et ce fut donc pour moi une occasion de faire la prise en charge complète de la classe et je suis fière d’avoir bien réussi. Autrement, mon enseignante associée est épatée de mon travail et ne cesse de me dire que je serais prête à enseigner dès aujourd’hui. Elle dit que je suis « rentrée dans le moule » et qu’elle apprend plus de moi que je peux apprendre d’elle. Pour ma part, je crois que nous ne faisons que nous compléter avec nos connaissances et que c’est pour le mieux.

Madame Michelle et moi.

Madame Michelle et moi.

Enfants de la maternelle

Les élèves de la maternelle.

Les élèves de la maternelle.


Les enfants de 5 et 6 ans à qui j’ai le plaisir d’enseigner sont « cutes » et bien qu’ils soient plus à l’aise en anglais qu’en français majoritairement, ils font des efforts pour parler en français et sont patients quand on leur demande de répéter un mot qu’ils ont mal compris ou mal prononcé. Il faut avouer que la classe est très diversifiée et que les élèves ont tous des besoins particuliers. Sur 17 élèves, il y en a 7 en phase d’accueil et ces derniers rencontrent souvent des spécialistes pour perfectionner leur langue française. Ils ont plus d’efforts à faire pour s’exprimer en français, car leur vocabulaire est plus restreint que celui des autres élèves de la classe.

Dans le coin plage, aventure dans l’océan!

Dans le coin plage, aventure dans l’océan!


Comme dans toute classe, la gestion de la classe demande donc une grande planification quotidienne et hebdomadaire pour répondre aux besoins de chacun des élèves tout en favorisant au maximum l’éducation francophone.

Les élèves de la maternelle prise 2.

Les élèves de la maternelle prise 2.
Ma classe de maternelle (vision en entrant dans la pièce).

Ma classe de maternelle (vision en entrant dans la pièce).
Ma classe de maternelle (vision depuis le fond de la pièce).

Ma classe de maternelle (vision depuis le fond de la pièce).
Ma classe de maternelle (vision des deux coins thématiques).

Ma classe de maternelle (vision des deux coins thématiques).

Conclusion


En conclusion, j’ai découvert que les personnes dans les milieux francophones minoritaires sont, pour la plupart, bilingues, ce qui est très utile dans la vie d’aujourd’hui. Il est aussi très réconfortant de voir que les parents s’impliquent autant dans le milieu scolaire francophone. C’est une preuve qu’ils ont à cœur leurs racines et l’éducation de leurs enfants. Mon expérience n’est donc qu’enrichissante, car les habitants sont tout simplement heureux de faire notre connaissance et de nous montrer à quel point ils sont fiers de leur patrimoine et qu’ils voudraient bien nous voir rester de façon permanente.

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