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Revue Éducation et francophonie

STAGES EN ENSEIGNEMENT DANS
LES COMMUNAUTÉS FRANCOPHONES

Journaux des stagiaires

Journal d'Audrey Laferrière - Manitoba - 2006-2007

Audrey Laferrière

Provenant d’un village situé à Saint-Raphaël-de-Bellechasse, une jeune femme de 21 ans est passionnée par le monde.

Eh oui ! Audrey Laferrière, c’est moi, qui suis à la recherche de nouvelles aventures et de découvertes.

Je suis une personne curieuse et passionnée par l’archéologie, l’histoire, les langues et l’éducation. Lors de mon passage au secondaire, je m’étais fixé deux objectifs : travailler dans le monde de l’éducation et voyager.

Je suis présentement étudiante de troisième année en adaptation scolaire et sociale. Il y a quelques années, j’ai visité l’Espagne et la ville de Paris en France. Ces expériences ont été extrêmement enrichissantes.


Aujourd’hui, je désire en apprendre davantage sur mon pays, son histoire et ses habitants. Ainsi, l’ACELF me donne une occasion en or pour concilier mon intérêt pour l’éducation et le voyage. Il me fait plaisir de partager avec vous mon expérience au Manitoba.

Audrey Laferrière

Étudiante en adaptation scolaire et sociale

Université du Québec à Rimouski

La communauté


J’effectue mon stage à Saint-Jean-Baptiste. Ce village compte environ 700 habitants. Il est situé à 70 kilomètres au sud de Winnipeg, en plein cœur de la vallée de la rivière Rouge, tout près de la frontière canado-américaine. Ce village est reconnu comme étant la capitale canadienne de la culture des pois à soupe. Les terres de cette région comptent parmi les plus riches de la vallée Pembina. En effet, ses sols fertiles permettent la culture du blé, du blé d’hiver, du soja, du maïs, de l’orge, du lin, de l’avoine, du canola et du tournesol. La majorité de la population est anglophone.

L’école régionale Saint-Jean-Baptiste

École régionale Saint-Jean-Baptiste.

École régionale Saint-Jean-Baptiste.


Cette école a fait ses débuts en 1876. Graduellement, elle s’est agrandie, a déménagé et a pris de nouvelles avenues. En effet, depuis 1994, l’école régionale Saint-Jean-Baptiste est une école francophone faisant partie de la Division scolaire franco-manitobaine. Il y a quelques années, la municipalité de Saint-Jean-Baptiste avait 2 écoles : l’école élémentaire et l’école secondaire. Aujourd’hui, ces écoles ont été regroupées en une seule. Cette année, l’école compte 189 élèves et regroupe les niveaux de la prématernelle jusqu’à la 12e année. Elle offre aux élèves un programme alternatif et héberge également un Centre de la petite enfance et de la famille.

Cette école francophone dessert les villages avoisinants : Morris, Sainte-Agathe, Aubigny, Saint-Joseph, Emerson et Letellier. La majorité des élèves de cette école proviennent d’un milieu exogame. Ainsi, plusieurs élèves commencent leur scolarité en ayant peu ou pas de connaissances de la langue française. Pour aider dans l’apprentissage de cette langue, l’école offre différents services, dont une classe de phase d’accueil et des intervenants dans les classes pour aider les enseignants.

Madame Edmée Sabourin est la directrice de cette école chaleureuse et accueillante. Son équipe comprend 35 professeurs et membres du personnel de soutien. Cette année, tout le personnel réalise des activités avec les élèves afin de développer leur sentiment d’appartenance à la langue française et leur habileté à communiquer dans cette langue.

La directrice, madame Sabourin, et moi.

La directrice, madame Sabourin, et moi.


La classe


J’effectue mon stage dans la classe combinée de 1re et 2e année de madame Karen Gilmore. Madame Karen a 17 années d’expérience en enseignement, plus particulièrement 5 ans dans cette classe. C’est une personne douce, patiente et toujours souriante. De plus, même si elle enseigne à ce niveau depuis quelques années, elle est très ouverte aux nouvelles idées. Ainsi, le partage de connaissances est grand. Je profite donc des connaissances qu’elle a acquises au fil des ans, et ce, surtout en ce qui a trait à l’élaboration de routines, à la façon d’enseigner dans une classe combinée et à la gestion de classe. Celles-ci me seront utiles pendant toute ma carrière en enseignement.

Madame Karen et moi.

Madame Karen et moi.


Cette année, il y a 25 élèves dans la classe. Celle de la première année comprend 14 élèves dont 9 filles et 5 garçons. En deuxième année, il y a 11 élèves dont 6 filles et 5 garçons. Les bureaux des élèves sont répartis selon le niveau de l’élève. Les enfants apprennent le français à leur rythme. Ainsi, l’enseignante adapte ses interventions selon les différents besoins des élèves. L’enseignante privilégie la lecture, la manipulation, les jeux coopératifs et l’environnement de l’enfant afin que ce dernier effectue des apprentissages. En plus des matières de base, les élèves ont des cours de sciences de la nature, de sciences humaines, d’éducation physique, de musique et d’enseignement religieux. Évidemment, chaque jour débute par notre hymne national, qui fait maintenant partie de mon répertoire de chansons.

Les élèves de 1re année.

Les élèves de 1re année.

Les élèves de 2e année.

Les élèves de 2e année.


L’enseignement en milieu minoritaire francophone


Cette expérience d’enseignement a été très bénéfique. Tout le personnel de l’école a été accueillant et chaleureux. Au fil des semaines, j’ai appris à connaître le programme et à comprendre les défis de l’enseignement du français dans un milieu minoritaire francophone. J’ai rencontré d’excellents enseignants qui font preuve d’originalité en utilisant l’environnement de l’enfant et de simples objets pour travailler plusieurs notions. L’élève construit ses connaissances dans un contexte près de sa réalité et de son vécu.

Je me rends compte également à quel point la langue française est fragile et qu’il est important de se battre pour la préserver. C’est pourquoi je suis enchantée de savoir qu’un élève a appris un nouveau mot français ou tout simplement de l’entendre parler dans cette langue.

Les aspects positifs de mon expérience


Ce stage m’a aussi permis de vivre l’inclusion dans les classes. Je vois les enseignants dévoués qui développent des stratégies afin de permettre à tous les élèves de développer leur potentiel. Cette vision de la classe me donne des outils pour travailler de différentes façons lorsque j’aurai une classe. Ce stage a été une occasion unique de vivre l’enseignement du régulier tout en intégrant mes études en adaptation scolaire. Dès le début du stage, j’ai été en interaction avec les élèves. J’ai donc acquis beaucoup de connaissances, d’expérience et de confiance.

L’inoubliable…


Je ne réalise pas en écrivant ces lignes que ce périple tire à sa fin. Je suis arrivée ici avec de l’excitation, mais également des craintes. Celles-ci se sont dissipées par l’accueil, les encouragements, les rires avec le personnel de cette école. Je tiens donc à vous remercier de m’avoir acceptée parmi vous à bras grands ouverts. Je garderai d’excellents souvenirs de cette belle aventure. Madame Karen, merci de votre confiance. Première et deuxième année, je suis fière de vous. Je vous souhaite à tous un bel été. Je pars la tête haute vers de nouveaux horizons !

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