B@P - Banque d'activités pédagogiques
Revue Éducation et francophonie

STAGES EN ENSEIGNEMENT DANS
LES COMMUNAUTÉS FRANCOPHONES

Journaux des stagiaires

Journal de Stéphanie Paquet - Manitoba - 2006-2007

Stéphanie Paquet

Bonjour à tous,

Je me prénomme Stéphanie et je suis originaire de Saint-Rédempteur, une petite ville près de Québec. J’ai toujours aimé être dans la nature et j’adore m’envoler dans le merveilleux monde de la littérature. Puisque je suis de nature dynamique, curieuse, ouverte et surtout, passionnée par les enfants, il est évident que mon choix professionnel s’est dirigé vers ceux-ci.

Ce stage va me permettre de poursuivre cette passion dans une province majoritairement anglophone. J’aurai la chance de découvrir des méthodes d’enseignement et un programme de formation qui sont différents des nôtres ainsi qu’une autre perception de la langue française. Bref, je suis fébrile à l’idée d’apprendre de nouvelles choses et de partir au Manitoba.

D’un autre côté, ce stage représente un défi de taille pour moi, puisque je devrai me passer de mes trois rayons de soleil durant huit semaines.

Je sais que cette expérience sera unique et très enrichissante. Je suis certaine que cela ne pourra qu’être bénéfique pour mes futurs élèves ainsi que pour mes fils.

Stéphanie Paquet

Étudiante en adaptation scolaire et sociale

Université du Québec à Rimouski

La communauté


L’école régionale Saint-Jean-Baptiste est située dans le charmant village de Saint-Jean-Baptiste qui est reconnu comme la capitale nationale du pois à soupe. Ce village d’environ 700 habitants se trouve en plein cœur de la vallée de la rivière Rouge où l’agriculture occupe une place prédominante. Effectivement, on y cultive le blé et le blé d’hiver, le pois, l’orge, les fèves, le lin, l’avoine, le soja, le canola, le maïs et le tournesol. Ce village fait partie de la municipalité rurale de Montcalm, située à quarante minutes au sud de Winnipeg et immédiatement au nord de la frontière canado-américaine. Cette municipalité est membre de l’Association des municipalités bilingues du Manitoba (AMBM).

L’école régionale Saint-Jean-Baptiste

École régionale Saint-Jean-Baptiste.

École régionale Saint-Jean-Baptiste.


Fondée en 1876, la première école à Saint-Jean-Baptiste était située dans une chapelle et c’est en 1907 qu’elle fut déménagée dans le nouveau collège qui avait été construit en 1897 (site actuel). L’école élémentaire vit le jour en 1954. Plusieurs modifications furent faites au fil des ans et en 2003, l’école élémentaire et le collège Saint-Jean-Baptiste furent amalgamés, ce qui donna naissance à son nom actuel « école régionale Saint-Jean-Baptiste (ERSJB) ». Donc, depuis de nombreuses années déjà, l’école offre la maternelle à la douzième année.

Pour les élèves anglophones, ils bénéficient du service de phase d’accueil qui les aide à acquérir un vocabulaire francophone. De plus, on y retrouve un programme alternatif pour des élèves ayant des besoins spécifiques, ainsi que des cours professionnels d’arts ménagers et d’arts industriels. Elle offre également la prématernelle « les P’tits Pois » pour les enfants de 3 et 4 ans ainsi qu’un centre de la petite enfance et de la famille. Présentement, l’administration travaille sur un projet afin d’offrir la garderie pour les plus petits. Outre ses services scolaires, on y retrouve la Bibliothèque Montcalm Library accessible aux étudiants et à la population en général. Il y a aussi plusieurs activités ainsi que plusieurs autres services offerts. Bref, cette école a un grand désir de répondre aux besoins et aux intérêts de ses étudiants et étudiantes.

Cette grande école francophone fait maintenant partie de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM) et cette année, elle compte 189 élèves provenant de Saint-Jean-Baptiste et des villages avoisinants tels que Aubigny, Emerson, Morris, Saint-Joseph, Letellier, Sainte-Agathe et Arnaud.

Le personnel de l’école


On ne peut passer sous silence les efforts et le dévouement de tous les membres du personnel de cette école, qui réussissent à la rendre unique et exceptionnelle. En effet, le cœur de celle-ci ne pourrait battre avec autant d’ardeur sans son personnel de soutien qui compte 16 personnes, sans ses enseignants, enseignantes (19 personnes) incluant également l’orthopédagogue et la conseillère en orientation, sans son directeur adjoint, monsieur Fouad Khattabi et sa directrice, madame Edmée Sabourin. Ceux-ci travaillent en collaboration afin de favoriser la réussite de tous les élèves.

Mme Edmée Sabourin (directrice) et moi.

Mme Edmée Sabourin (directrice) et moi.

Mon enseignante, mes élèves et la classe


Mon enseignante

Un cœur d’or, de la patience à revendre, énergique, passionnée, douce et souriante ne sont que quelques-unes des qualités pour décrire mon enseignante associée, madame Nathalie Cuillerier Barnabé. Celle-ci est originaire du Québec et demeure au Manitoba depuis près de 20 ans. Enseignante d’expérience, elle s’est jointe à l’école régionale Saint-Jean-Baptiste il y a maintenant deux ans et elle vit sa première expérience d’enseignement en maternelle.

Nathalie travaille à l’aide de thématiques et de projets concrets (le printemps, les animaux, etc.) en utilisant le jeu afin de donner le plus de vocabulaire francophone possible à ses élèves, pour répondre à la programmation et ainsi, les préparer pour la première année. De plus, elle adapte son enseignement selon les forces et les capacités de ses élèves. Bref, c’est une enseignante qui favorise l’épanouissement de tous ses élèves.

Mon enseignante associée, Nathalier Cuillerier Barnabé, et moi.

Mon enseignante associée, Nathalier Cuillerier Barnabé, et moi.


Mes élèves

Dans la classe, il y a 11 élèves venant pour la plupart de familles exogames, ce qui veut dire qu’un des deux parents est non francophone. Au début de l’année, les élèves ne parlaient et ne comprenaient pas le français. Donc, toute la classe bénéficie de la phase d’accueil, et ce, en compagnie de la merveilleuse Lynne Klassen. Il y a 7 garçons dont trois frères, un plus vieux et des jumeaux, il y a également un autre couple de jumeaux et 4 filles. Ils sont tous très attachants, curieux et ils aiment apprendre de nouvelles choses. Les élèves peuvent aussi compter sur l’aide de la formidable auxiliaire Jocelyne Collette qui est présente à plein temps dans la classe.

10 des élèves, Nathalie et moi.

10 des élèves, Nathalie et moi.
Jocelyne Collette et Lynne Klassen, auxiliaires dans la classe.

Jocelyne Collette et Lynne Klassen, auxiliaires dans la classe.


La classe

Les élèves ont la chance d’avoir une très grande classe (qui était à la base deux classes) remplie d’images colorées. On y retrouve un coin lecture, un coin jeux, un coin arts, des petites tables placées en forme de « U » pour les travaux, le goûter et le dîner, leur vestiaire ainsi que deux salles de bain.

La classe.
La classe.
La classe.

La classe.


Tous les jours, les élèves ont une routine semblable qui est très importante pour eux. De plus, cet horaire est divisé en blocs de 30 minutes au cours desquels les élèves travaillent les objectifs du programme (les développements sensorimoteur, socio-affectif, langage verbal, bien-être physique et artistique-esthétique), et ce, très souvent sous forme de jeu de mathématique, de français, etc. Ils ont aussi deux périodes de bibliothèque, trois périodes de musique et d’éducation physique par semaine. Bref, les journées défilent à une vitesse vertigineuse.

Conclusion


Enseigner en milieu minoritairement francophone m’a fait réaliser à quel point nous avions une belle langue et qu’ici, les gens doivent continuellement se battre pour la préserver. Évidemment, ceci affecte le sentiment d’appartenance à une école, car je n’ai jamais rencontré d’équipe-école aussi ouverte, chaleureuse et qui se tienne autant dans le but de promouvoir le français. J’ai pu constater également que les enseignants franco-manitobains font preuve d’imagination et d’innovation dans l’élaboration de leurs situations d’enseignement apprentissage étant donné que le matériel didactique francophone n’est pas aussi accessible et coûte plus cher qu’au Québec.

Étant étudiante en adaptation scolaire et sociale, je peux dire que cette expérience m’aura grandement aidée puisque les écoles franco-manitobaines intègrent tous les élèves dits « EHDAA, élève handicapé ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage » dans leur classe. Donc, les enseignants offrent de l’enseignement individualisé et différencié selon les forces et les points à améliorer des élèves, ce qui est à la base même du monde de l’adaptation scolaire. Bref, je me suis sentie à ma place, et ce, même si mon stage était dans une classe dite « régulière ». De plus, l’ouverture de Nathalie, la confiance qu’elle m’a manifestée ainsi que le fait d’avoir eu la chance d’effectuer des remplacements m’auront grandement aidée à prendre confiance en moi comme enseignante.

Ce n’est qu’un au revoir !


Je sens déjà la fin qui approche à grands pas et je me sens déchirée. D’un côté, j’ai très hâte de revoir mes trois trésors, mon mari, ma famille et mes amis, mais de l’autre, j’ai l’impression de quitter une autre famille. L’accueil que j’ai reçu, le lien que j’ai créé avec mon enseignante associée, mes élèves et certaines personnes, vont me manquer terriblement. Tout au long de ce stage, j’ai eu le sentiment de faire partie de cette école et je vous remercie tous énormément. Vous garderez une place très spéciale dans mon cœur. J’en ressors grandie professionnellement et personnellement. Je vous dis au revoir, car j’ai bien l’intention de revenir vous rendre visite et qui sait, peut-être venir y vivre un jour ?

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