| Journal de Joëlle Chartrand-Poirier - Yukon - 2006-2007 |
Bonjour! Je suis Joëlle Chartrand-Poirier, j’ai 22 ans et je viens de la région de Québec. Je suis en troisième année du baccalauréat en adaptation scolaire et sociale à l’Université du Québec à Rimouski, campus Lévis.
Tout d’abord, j’ai eu la chance de vivre un an dans la ville de Calgary à la fin de mes études secondaires. J’y ai complété une douzième année dans une petite école francophone. J’ai pu constater et ressentir les efforts incommensurables que doivent déployer les communautés francophones à l’extérieur du Québec. J’ai aussi remarqué que ce milieu fait preuve d’imagination et insuffle une énergie débordante afin de promouvoir et de maintenir la langue française.
Par conséquent, en faisant un stage au Yukon, je crois que ma formation de future enseignante sera grandement enrichie de cette nouvelle expérience. Je pourrai ainsi vivre le côté « enseignement » de cette réalité. J’aimerais pouvoir m’impliquer afin de susciter l’intérêt chez les jeunes et de les motiver à garder leur langue bien vivante. |
En terminant, être curieux, vouloir connaître davantage d’autres cultures et manières de vivre, c’est une façon de se découvrir un peu plus soi-même. C’est peut-être ce désir de connaissances et cette soif d’apprendre qui m’amènent à vouloir transmettre ce besoin à des élèves.
Joëlle Chartrand-Poirier
Étudiante en adaptation scolaire et sociale
Université du Québec à Rimouski
| La communauté |
Au Yukon, environ 4% de la population est francophone. À Whitehorse, on retrouve environ 70% de ces francophones. Cette communauté peut compter sur l’Association franco-yukonnaise (AFY) qui, depuis 25 ans d’existence, « vise à améliorer la qualité de la vie en français des francophones au Yukon ».
Ville de Whitehorse. |
| L’école |
Dans la ville de Whitehorse, on retrouve la seule école francophone sur le territoire du Yukon : l’école Émilie-Tremblay. Elle est la seule école administrée par la Commission scolaire francophone du Yukon. Environs 150 élèves fréquentent cette école du jardin d’Émilie (prématernelle) à la douzième année. Comme la transmission de la langue et de la culture françaises est au cœur de cette école, la francisation y tient une place importante. Ce service permet aux enfants d’améliorer leurs apprentissages de la langue française afin d’atteindre, le plus rapidement possible, un niveau d’aisance qui leur permet de fonctionner à l’école française. Cette école suit le curriculum scolaire de la Colombie-Britannique.
Cette année, ils ont annoncé un grand changement sur le plan du secondaire. L’école offrira des cours suivant les courants pédagogiques de l’intégration des matières et de l’expérimentation. Les élèves apprendront en expérimentant sur le terrain. Chacun devra s’impliquer dans la communauté en faisant du bénévolat. De plus, les voyages seront aussi une partie importante du curriculum. Afin de compléter leur formation, divers cours et certifications leur seront offerts. Finalement, tout au long de leur secondaire, les élèves devront choisir un projet personnel qui leur permettra de découvrir de nouvelles passions et d’acquérir de nouvelles compétences.
| La classe |
La classe de deuxième année de madame Roy compte actuellement quinze élèves qui ont sept ou huit ans. Il y a huit garçons et sept filles. Ces élèves font du sport tous les jours à raison de trois cours d’éducation physique par semaine. De plus, il y a le club des « Boules de feu » où les enfants font, selon la saison, du ski de fond ou du jogging deux fois par semaine. Dans cette classe, l’apprentissage est surtout fait par l’exploration et la manipulation. Il est aussi basé sur les connaissances antérieures des élèves. Les élèves sont toujours placés de façon à ce que trois à quatre élèves partagent une table de travail.
Classe de 2e année de madame Roy. |
Le matin est consacré au français et aux mathématiques. L’après-midi, il y a toujours une période de lecture d’une vingtaine de minutes. Durand cette période, les élèves lisent de façon individuelle ou avec un partenaire ou vont lire aux élèves du jardin d’Émilie ou se font faire la lecture. Ensuite, il y a une période d’éducation physique ou de musique. La journée se termine par une période de sciences sociales ou d’arts et par une routine de fin de journée (rangement, tâche et préparation du sac d’école).
Les filles de la classe avant une course des Boules de feu. |
Madame Roy vit au Yukon depuis dix-sept ans. Elle est une enseignante hors pair qui guide ses élèves dans leurs apprentissages et qui s’implique dans la communauté de Whitehorse. Elle est une personne dynamique et débordante d’idées. Elle propose à ses élèves diverses situations qui les confrontent à un problème pour qu’ils puissent ainsi acquérir de nouvelles connaissances.
| En conclusion |
Je remarque que le fait d’enseigner en français dans un milieu majoritairement anglophone comporte certains avantages. Tout d’abord, comme l’école compte moins d’élèves, les enseignants connaissent davantage leurs élèves puisqu’ils les ont vus évoluer tout au long de leur scolarisation. J’ai aussi remarqué que le français avait un côté très rassembleur. En plus, j’ai constaté le désir d’offrir davantage de cours diversifiés pour garder les jeunes à l’école francophone.
Finalement, ce stage au Yukon m’a permis de rencontrer des gens dynamiques, accueillants, chaleureux et innovateurs. De plus, grâce à mon enseignante associée, j’ai pu vivre en pratique la théorie que nous lisons dans nos cours à l’université. J’ai pu aussi observer et apprendre à bien guider les élèves dans leurs apprentissages. Aussi, ce fut une première expérience au primaire et je dois dire que j’ai bien apprécié travailler avec ce magnifique groupe de deuxième année!
Paysage sur la route vers l’Alaska. |
© ACELF, Québec 2007.
Date de la dernière mise à jour :
le
22.10.2009
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