Bonjour! Je me nomme Esther Morin et j’ai 21 ans. J’habite Montmagny, une petite ville du bas du fleuve où je me plais grandement. De nature plutôt calme et réservée, j’apprécie la tranquillité et le charme des petites villes et des villages de la campagne. Cela ne m’empêche pas pour autant d’aimer partir à la découverte de nouveaux horizons! C’est d’ailleurs ce goût de l’aventure, jumelé à ma passion pour ma future profession, qui m’a poussée à me lancer dans ce beau projet. Mes séjours passés en Haïti, en Bolivie et à Halifax m’ont permis de découvrir et d’apprécier la richesse de cultures différentes de la nôtre. Je crois que celui-ci en fera autant, en plus de m’amener à vivre une expérience unique dans le monde de l’enseignement. |
J’entrevois donc cette expérience comme une occasion de dépasser mes limites personnelles. Elle m’apparaît être une excellente opportunité de découvrir le fonctionnement du système scolaire d’une autre province canadienne, où la langue française me semble être en plein essor. Nul doute que ce séjour de huit semaines en Colombie-Britannique me permettra de rencontrer des gens passionnés, fiers de leur langue et dévoués à la promotion de son enseignement au sein d’une communauté culturelle des plus variées.
Esther Morin
Étudiante au baccalauréat en enseignement en adaptation scolaire et sociale
Université du Québec à Rimouski
| La communauté de Port Coquitlam |
Comptant aujourd’hui près de 57 000 habitants, la ville de Port Coquitlam connaît une expansion remarquable depuis plusieurs années. Bordée au nord et à l’ouest par la ville de Coquitlam, Port Coquitlam est située à moins de trente kilomètres de la ville de Vancouver. Lorsque nous prenons le temps de la découvrir, nous pouvons constater que l’histoire de Port Coquitlam est riche et intéressante. En fait, Port Coquitlam faisait autrefois partie de la grande région de Coquitlam, avant que celle-ci ne se divise en deux régions distinctes pour des raisons politiques en 1913. Avant que cette division ne se produise, la grande région de Coquitlam avait pris racine dans la communauté de Maillardville, la première communauté francophone à s’établir en Colombie-Britannique. Port Coquitlam est une communauté somme toute homogène. En effet, bien qu’on y retrouve différentes ethnies, la grande majorité de ses résidants sont des citoyens d’origine canadienne.
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Le parc des vétérans. |
Si elle est de prime abord une ville résidentielle, Port Coquitlam est également dotée d’un important nombre d’industries reliées principalement à la fabrication de produits métalliques, à la haute technologie et au transport. Les secteurs agricole et commercial y sont également très développés et contribuent à la prospérité économique de la ville.
Port Coquitlam renferme également de nombreux parcs, sentiers et sites qui sauront combler les amants de la nature et les passionnés de plein air. Cette ville est particulièrement intéressante par le fait qu’on y retrouve à la fois le charme des petites villes et la commodité des grandes. Donc, les gens qui aiment la tranquillité autant que ceux qui apprécient les sports, les fêtes et les festivals seront servis. En effet, les résidants de cette ville bénéficient d’une programmation variée de loisirs et d’activités auxquels ils peuvent s’adonner tout au long de l’année.
| L’école des Pionniers de Maillardville |
En 1985, un programme francophone a été fondé à Maillardville et était situé à l'école Millside. Ce programme était en conjonction avec un programme anglophone. C'était donc une école à deux voies. Lors de sa création, seulement quinze élèves étaient inscrits à ce programme. Pour répondre aux besoins engendrés par l’augmentation considérable de sa clientèle, ce programme s’est implanté, en 1999, dans un bâtiment qui abritait alors une école secondaire anglophone. Cette école était celle où Terry Fox a effectué ses études secondaires. C’est alors que le programme a pris le nom de l’école des Pionniers de Maillardville et est devenu une école francophone homogène. Aujourd’hui, cette école compte plus de 350 élèves, évoluant de la maternelle à la douzième année. Avec cet effectif, elle se classe au troisième rang des écoles les plus populeuses du Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique. Nous retrouvons deux groupes-classes pour les niveaux de la maternelle à la troisième année ainsi que pour les sixième et septième années. Les autres niveaux comptent un groupe-classe chacun et nous retrouvons en plus une classe de quatrième et cinquième année. Le fait que l’on retrouve deux groupes-classes par niveau de la maternelle à la troisième année démontre bien que l’école des Pionniers est en pleine expansion depuis quelques années. Les classes de maternelle à cinquième année se trouvent au rez-de-chaussée, alors que les groupes de niveau secondaire se situent au deuxième étage de l’établissement. Bien que les classes du primaire et celles du secondaire soient séparées physiquement, il arrive régulièrement que les élèves des deux paliers se croisent. Ce voisinage semble s’effectuer de façon tout à fait harmonieuse et respectueuse. Le fait que l’école des Pionniers habite les lieux d’une ancienne école secondaire est facilement observable. En effet, on y retrouve entre autres un local d’art culinaire, un très grand gymnase, une salle d’art dramatique et une cafétéria, ce que l’on ne retrouve pas habituellement dans une école primaire.
L’école des Pionniers de Maillardville. |
Par la formation et l’encadrement qu’elle offre à ses élèves, l’école des Pionniers vise à faire d’eux des citoyennes et des citoyens responsables. Le plan de réussite de l’école comporte trois volets : la technologie, la lecture et la construction identitaire. Ceci démontre bien les priorités de l’école en ce qui concerne l’éducation de ses élèves. Également, le code de vie de l’école des Pionniers traduit bien l’importance que cet établissement accorde au respect d’autrui, à l’autonomie des élèves, au dépassement de soi et à au développement des habiletés sociales.
L’école des Pionniers fait partie des écoles déployées du Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique. En effet, les élèves de la sixième à la douzième année disposent d’un ordinateur portable depuis maintenant deux ans. Depuis l’automne dernier, tous les élèves de la quatrième et de la cinquième année bénéficient également de cet outil pour réaliser différents projets.
Le CSF, via l’école Virtuelle, dont le siège est situé à l’école des Pionniers, permet aux élèves francophones de la huitième à la douzième année d’avoir accès à un grand nombre de cours en ligne. De plus, l’école des Pionniers est candidate pour le programme du Baccalauréat international. Ce programme, qui pourrait s’opérer dès le début de l’année scolaire 2009-2010, permettrait aux élèves de niveau secondaire d’avoir accès à une formation enrichie. Cela présenterait donc une possibilité intéressante pour les élèves de l’école des Pionniers.
| L’enseignante et sa classe |
La classe de Mme Annik. |
J’effectue mon stage dans une classe de 2e année. Le groupe compte dix-neuf élèves, soit onze filles et huit garçons. L’origine ethnique des élèves de la classe est assez diversifiée, ce qui favorise chez les enfants la tolérance et l’ouverture envers les autres et le monde. Parmi ce groupe, un élève présente un trouble grave d’apprentissage, un autre a un trouble du comportement et quelques-uns bénéficient d’un suivi en francisation. Trois élèves vont en orthopédagogie à raison de trois périodes par semaine et deux reçoivent un soutien régulier de la part d’une aide pédagogique spécialisée. Bien que le niveau de maîtrise de la langue française soit bon pour la plupart des élèves, certains mots, règles ou expressions demeurent encore difficiles. De plus, l’écart entre les élèves au niveau des apprentissages est très grand, ce qui nécessite une certaine adaptation de l’enseignement. En effet, quelques élèves sont considérés comme des lecteurs débutants alors que d’autres dépassent largement les objectifs du programme de la deuxième année du primaire.
Mon enseignante associée se nomme Annik Bélanger. Originaire de Québec, elle enseigne dans des écoles francophones de la Colombie-Britannique depuis déjà sept ans, dont six à l’école des Pionniers. Depuis qu’elle est enseignante, elle a toujours eu des classes dont le niveau varie de la maternelle à la deuxième année. Elle possède donc un grand bagage d’expérience avec les jeunes enfants et avec les notions à enseigner à ces niveaux.
L’enseignante, Mme Annik Bélanger, ses élèves et moi. |
Annik fonctionne beaucoup par projets avec ses élèves, du moins, à cette période-ci de l’année. En effet, une fois que les notions théoriques sont bien comprises, elle démarre des projets qui permettent aux enfants de poursuivre leurs apprentissages de façon plus autonome. Si cette formule nécessite beaucoup de temps et d’énergie pour mon enseignante, elle intéresse et motive beaucoup les élèves. Ces projets amènent les élèves à faire des apprentissages beaucoup plus significatifs que si les notions étaient enseignées de façon magistrale. De plus, l’enseignement par projets permet en quelque sorte de s’ajuster à l’écart qui existe entre les différents niveaux d’apprentissage des élèves de la classe. En effet, tous les élèves réalisent le même projet, donc, atteignent les mêmes objectifs, mais ils avancent à leur rythme et selon leurs capacités.
Des élèves pendant Expo sciences. |
Dans la classe, beaucoup de systèmes sont mis en place pour maintenir la discipline et pour encourager les élèves. On y retrouve entre autres un système d’argent scolaire, appelé « franco-sous », mis en place pour encourager l’utilisation adéquate du français en classe. Ainsi, un élève peut mériter des « franco-sous » pour les efforts ou les succès qu’il réalise à l’égard de la langue française. Lorsque les élèves ont accumulé un montant minimum d’un dollar, ils peuvent se procurer des objets ou des privilèges au magasin scolaire. Aussi, chaque jour, les élèves sont invités à « donner un rayon de soleil » à un autre élève de la classe qui a posé un beau geste au cours de la journée. Les rayons de soleil de chaque élève sont compilés dans un tableau. Également chaque jour, Annik « donne un trophée » à l’équipe qui a été la plus assidue tout au long de la journée. Ce trophée prend la forme d’un jeton, que les équipes accumulent. Lorsqu’une équipe a cumulé cinq jetons, elle a droit à une activité privilège de son choix. Tous les vendredis, à la dernière période, Annik tient un conseil de coopération avec ses élèves. Tout au long de la semaine, les élèves notent sur un bout de papier des félicitations ou des « critiques » qu’ils veulent adresser à un élève de la classe. Ils déposent ce papier dans une petite boîte. Le vendredi, Annik discute avec ses élèves de ces événements et les invite à régler leurs conflits de façon pacifique. Bref, tous ces moyens démontrent bien que le respect de soi et d’autrui est une valeur qui est mise de l’avant dans la classe d’Annik. Mon enseignante encourage et favorise également le développement de l’autonomie, du sens de la responsabilité et de la débrouillardise chez ses élèves.
© ACELF, Québec 2007.
Date de la dernière mise à jour :
le
22.10.2009
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