B@P - Banque d'activités pédagogiques
Revue Éducation et francophonie

STAGES EN ENSEIGNEMENT DANS
LES COMMUNAUTÉS FRANCOPHONES

Mireille Gagnon - Manitoba - 2007-2008

Bonjour! Je me présente, Mireille Gagnon. Je suis native du Bas-Saint-Laurent et plus précisément d’un petit village situé à l’orée des bois. Souvent perçue comme une fille calme et timide, j’aime la tranquillité de la campagne, les personnes sincères, les rencontres vraies…

L’expérience qui se dessine autour du Manitoba pour l’hiver prochain m’enchante particulièrement. Les provinces de l’Ouest, qui me sont encore inconnues, m’accueilleront chez elles pour huit semaines. Je m’y rends avant tout pour des questions pédagogiques. Je souhaite élargir mes horizons quant à l’enseignement, aux méthodes privilégiées, aux valeurs favorisées…

J’anticipe également l’expérience culturelle et sociale avec hâte. Je considère cette opportunité comme une porte qui s’ouvre sur le monde. Je prends comme un défi personnel de découvrir cette communauté francophone et les militants qui la composent.

Nous pourrons nous en reparler à mon retour!

Mireille Gagnon

Étudiante au baccalauréat en éducation au préscolaire et en enseignement au primaire
Université Laval, Québec

 

Profil de l’école

 

Une nouvelle expérience se préparait, un milieu franco-manitobain m’ouvrait les bras pour que je puisse venir découvrir les mentalités et les manières de faire, venir m’inspirer des gens de l’Ouest du pays pour enfin me définir un peu mieux en tant que future enseignante.

 

Contexte de stage

 

L’école Christine-Lespérance se démarque par sa nouveauté et sa fraîcheur. En 2002, ce lieu d’apprentissage a ouvert ses portes à ses premiers élèves. On lui a accordé son nom en mémoire de Soeur Christine Lespérance de la congrégation des Soeurs Grises du Manitoba qui fut envoyée par Monseigneur Tâché pour ouvrir la première école à Saint-Vital en 1860.

Initialement, l’école Christine-Lespérance accueillait les enfants de la maternelle à la huitième année. Depuis maintenant deux ans, des changements ont dû être apportés car la clientèle augmentait de façon considérable à la suite du développement continu de Saint-Vital, ce petit quartier de Winnipeg. L’enseignement qu’on y donne s’adresse maintenant à une clientèle composée de 400 enfants de la maternelle à la sixième année. L’école Christine-Lespérance est comptée parmi les écoles de la DSFM (Division scolaire franco-manitobaine), elle offre donc une éducation en français dans l’ensemble des matières scolaires. Une trentaine d’enseignantes y travaillent en permanence, soutenues par un nombre impressionnant d’intervenants. Une vingtaine de classes forment ainsi l’ensemble des élèves qui fréquentent l’école Christine-Lespérance.

École Christine-Lespérance.
École Christine-Lespérance.

 

La direction

 

Une nouvelle équipe composée de deux femmes assume la direction de l’institution depuis le début de l’année scolaire. Une belle complicité émane de leur collaboration. Toutes deux grandement impliquées dans l’école, elles sont intéressées par l’accomplissement des enseignants et des enfants et elles s’intègrent pleinement à la vie scolaire. C’est avec beaucoup de chaleur que Mme Légal et Mme Fraser nous ont accueillies et ont ainsi contribué à notre intégration au sein de leur équipe-école.

Direction : Mme Légal (directrice), Manon Rancourt (autre étudiante de l’Université Laval), Mireille Gagnon, Mme Fraser (directrice adjointe).

Direction : Mme Légal (directrice), Manon Rancourt (autre étudiante de l’Université Laval),

Mireille Gagnon, Mme Fraser (directrice adjointe).

 

Les services

 

L’école bâtit sa mission autour de trois points importants: l’enfant doit apprendre à devenir un bon citoyen et être heureux, il doit apprendre à apprendre et, finalement, il doit apprendre à être fier d’être francophone. Depuis mon arrivée, j’ai constaté de nombreuses initiatives de l’école visant à favoriser ces trois matrices.

Une magnifique bibliothèque garnie de littérature jeunesse de qualité est accessible aux enfants. Il s’agit d’un lieu magnifique où le silence et la lumière du soleil facilitent l’entrée dans un monde fantastique ou simplement dans le monde rigolo de la bande dessinée. Chaque classe possède des périodes fixes lors du cycle horaire de cinq jours pour emprunter des livres et même pour passer du bon temps dans son monde.

Un laboratoire informatique avec accès Internet permet également l’apprentissage et l’épanouissement de la culture chez les petits. Les enseignants peuvent s’y rendre facilement avec leur groupe et ce, plusieurs fois par semaine. De l’équipement multimédia comprenant notamment un ensemble d’une vingtaine d’ordinateurs portables est également offert aux classes pour la réalisation de différents projets.

Une radio étudiante joue également sur les heures du midi. Des enfants, chapeautés par une équipe d’enseignants, organisent le temps d’antenne et choisissent la musique à diffuser. Quelle belle initiative pour encourager l’écoute de musique francophone!

Un magnifique gymnase accueille les enfants régulièrement pour les cours d’éducation physique, mais également pour des activités intra-muros. Plusieurs midis par semaine, des activités sportives sont organisées par des enseignants volontaires pour les différents degrés. Puisque Mme Christiane fait partie du comité, j’ai eu la chance de participer à ces activités du midi avec les élèves de 5e année. J’ai rapidement constaté que les enfants participent en grand nombre et prennent au sérieux ces affrontements sportifs et amicaux.

Gymnase de l’école.
Gymnase de l’école.

 

Des invités de marque tel M. Daniel Richer sont également au menu dans ce monde scolaire. Récemment, les enfants ont eu droit à une représentation de haute qualité de ce fameux conteur autochtone. Quoi de mieux pour concilier les héritages ethniques et s’ouvrir aux arts de la parole. Pour les enfants plus sportifs, le célèbre Max Poulin est également venu faire son tour à l’école. Les élèves avaient le loisir de s’inscrire à des ateliers de baseball une fois par semaine, pour une durée d’un mois, avec ce joueur des Goldeyes de Winnipeg. Des activités parascolaires des plus intéressantes quoi!

 

Mon enseignante

 

Accueillie comme une reine, je suis maintenant bien installée dans ma classe de cinquième année. Christiane Martin, une jeune dame dynamique, a travaillé afin de me faciliter la vie au maximum. Elle-même originaire du Québec, nous avons facilement créé des liens qui se sont rapidement transformés en une solide complicité.

Mme Christiane Martin (enseignante associée) et Mireille Gagnon.
Mme Christiane Martin (enseignante associée) et Mireille Gagnon.

 

Depuis mon arrivée, j’apprends, j’apprends tellement... Mme Christiane varie constamment ses méthodes pédagogiques afin de toucher toutes les sphères de l’apprentissage avec l’objectif de stimuler au maximum l’intérêt des enfants. Cette dernière prend à cœur la réussite de ses élèves. Ainsi, lorsque des comités d’enrichissement s’offrent à elle, elle embarque et s’investit énormément. Depuis mon arrivée, j’ai déjà eu la chance de l’accompagner à différentes formations. Dès le retour à l’école, elle se fait un devoir de mettre en pratique les recommandations reçues et de changer ses méthodes. Le fait de se réajuster dans son enseignement demande ainsi un travail énorme à l’enseignante. Nous pouvons passer des heures dans la préparation d’activités et l’élaboration de projets qui seront bénéfiques aux enfants.

Qui plus est, dès les premiers jours, j’ai senti l’esprit de coopération qui règne entre les différents intervenants. Les deux autres classes de cinquième année sont nos voisines et nos partenaires. Les murs s’envolent entre les classes lors des planifications de projets ou simplement lors des préparations d’exercices. J’ai le privilège d’avoir ma collègue dans l’une des classes de 5e année. Nous pouvons ainsi facilement nous consulter et nous entraider.

 

Ma classe

 

J’ai aussi la chance de passer mon stage avec un beau petit groupe de 12 filles et de 8 garçons : des enfants stimulés et grandement intéressés. Dès mon arrivée, j’ai palpé cette curiosité pour l’inconnu. Pour la plupart, ces enfants sont issus de familles où l’un des parents est francophone et l’autre anglophone.

Classe de Mme Martin et Mireille Gagnon.
Classe de Mme Martin et Mireille Gagnon.

J’adore le milieu de travail dans lequel nous vivons. Notre classe est grande et pleine de lumière. Débutant par le Ô Canada, nos journées se déroulent à vive allure. Toujours dans l’action, les enfants découvrent, expérimentent, s’enseignent... Notre horaire est bâti sur cinq jours et se dessine autour de périodes préétablies, mais toujours très variables. L’intégration de matières est sans cesse favorisée.

Six autres semaines des plus enrichissantes se dessinent sur mon chemin et c’est avec hâte et curiosité que je les traverserai.

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