Bonjour à tous, d’ici ou d’ailleurs! Je suis une étudiante de 23 ans, originaire de Québec, qui s’apprête à quitter son coin de pays pour explorer le monde de la francophonie canadienne. De fait, dans quelques semaines, mes pas me mèneront dans une communauté francophone du Manitoba, où j’effectuerai un stage en enseignement. C’est ainsi que seront alliées, une fois de plus, mes deux grandes passions : les voyages et la profession enseignante. Ayant déjà vécu un stage en Belgique au cours de la dernière année, je sais combien il est enrichissant d’ouvrir ses horizons et de s’imprégner de diverses cultures. Le bénéfice est grand puisque nous nous retrouvons transformés sur plusieurs plans. |
Ainsi, la perspective d’un nouveau départ m’apporte beaucoup de bonheur et je suis certaine que les échanges à venir seront menés sous le signe du respect de la différence et du partage.
Me voici donc à l’aube d’une nouvelle aventure qui prend, cette fois, une tournure toute particulière. Je souhaite en effet, à travers ce stage, promouvoir la langue française et célébrer sa force. Ce sera pour moi une merveilleuse façon de clôturer quatre années d’études en enseignement.
Merci de m’accompagner dans ce périple…c’est une histoire à suivre!
Manon Rancourt
Étudiante au baccalauréat en éducation au préscolaire et en enseignement au primaire
Université Laval, Québec
| Communauté |
L’école dans laquelle j’effectue mon stage depuis déjà trois semaines est située à St-Vital, une banlieue de Winnipeg. Bien qu’on nous aborde à priori en anglais dans les lieux publics, les résidants des environs connaissent pour la plupart le français et peuvent communiquer avec nous dans langue de Molière. Au Manitoba, seulement 4,2% de la population est francophone et pour les petites localités comme St-Vital, la conservation du français comme langue usuelle est une lutte de tous les instants. Ceci explique l’engouement pour les services français comme certaines émissions radiodiffusées et télévisées de Radio-Canada ou pour les événements d’envergure comme le Festival du voyageur de Winnipeg qui fait connaître plusieurs artistes de la scène francophone.
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Moi et Mireille accompagnées de la directrice, madame Louise Legal, et de la directrice adjointe, madame Jocelyne Fraser. |
| École |
L’école francophone Christine-Lespérance doit son nom à une religieuse de la congrégation des Sœurs Grises qui fut la première à enseigner en français à St-Vital. Lors de l’ouverture officielle de l’école en 2002, l’établissement accueillait des élèves de la maternelle à la 8e année. À présent, pour les niveaux supérieurs à la 6e année, les élèves sont dirigés dans d’autres institutions. Annexée à l’édifice, la garderie Les Tournesols offre un service de garde adapté à différents âges, mais son administration est indépendante et ne relève pas de la responsabilité de Christine-Lespérance. On y retrouve 3 programmes de services de garde, soit le programme préscolaire à temps plein pour les enfants âgés de 1 à 5 ans, le programme «avant et après l’école» pour les élèves de 5 à 12 ans et, enfin, les programmes de prématernelle 3 ans et 4 ans.
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L’école Christine-Lespérance de St-Vital. |
Outre le cheminement régulier allant de la maternelle à la sixième année, les élèves bénéficient de services d’orthopédagogie, de francisation en phase accueil, de cours de musique, d’anglais et d’éducation physique. Les élèves profitent même de l’encadrement d’enseignants auxiliaires qui oeuvrent dans les classes auprès des titulaires. Quant au centre de ressources de Christine-Lespérance, il offre non seulement aux élèves des livres, des documents et des ouvrages francophones à profusion, mais il permet aussi au personnel de profiter de matériel culturel en français comme des disques compacts, des films ou périodiques francophones afin d’être eux-mêmes baignés dans la culture française. De plus, une salle informatique adjacente au centre de ressources donne la possibilité aux jeunes d’effectuer leurs recherches ou d’avoir accès à un support informatique pour leurs travaux.
Le centre de ressources de l’école. |
Les activités à l’école sont, pour leur part, très importantes au sein de l’établissement. De fait, plusieurs activités pédagogiques, culturelles, récréatives ou sportives sont offertes pour développer chez les apprenants le sentiment d’appartenance ou pour éveiller en eux des intérêts autres qu’académiques. Les activités peuvent prendre la forme de sorties éducatives, de visites de spécialistes ou d’intervenants et les élèves de l’école ont également la chance de produire des spectacles ou des concerts pour la communauté au cours de l’année. La radio scolaire, gérée par les élèves de la quatrième à la sixième année, agrémente le temps du dîner et, une fois par mois, les élèves ont l’occasion de gérer la commande de pizzas qu’ils vendent à prix modique et qu’ils distribuent sous la tutelle d’une équipe d’enseignants.
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Le gymnase de l’école. |
En ce qui a trait aux sports, plusieurs peuvent y trouver leur compte. Par exemple, les « intra-muraux » du midi permettent aux jeunes d’avoir accès aux gymnases afin de pratiquer en groupe leurs sports favoris sous la supervision d’adultes qualifiés. Des clubs de sports initient également les élèves de 6e année au volley-ball ou au badminton et leur font participer à des tournois. Enfin, les jeunes ont la chance de suivre des leçons de baseball avec un membre de l’équipe des Goldeyes de Winnipeg. En effet, le Québécois Max Poulin, joueur de base-ball professionnel, initie les élèves à ce sport pendant quatre périodes d’une heure et quart et ce, tout en communiquant avec eux en français. C’est dire à quel point le fait de parler cette langue est important au sein de l’école. De fait, ce précepte est directement en lien avec la triple mission de Christine-Lespérance qu’est la suivante : apprendre à être un bon citoyen et être heureux, apprendre à apprendre et, finalement, apprendre à être fier d’être francophone.
| Classe |
Moi et madame Nancy Thiboutôt-Trudeau. |
J’ai la chance de faire un stage auprès de madame Nancy, une enseignante chevronnée qui connaît bien le milieu minoritaire francophone ainsi que tous les défis qu’il recèle. Cette pédagogue a enseigné à différents niveaux au cours des années et, cette fois-ci, son choix s’est arrêté sur la 5e année. En outre, elle possède un respect hors pair de l’élève et utilise l’humour avec brio pour enseigner ou désamorcer une situation délicate. La classe compte 21 élèves (11 filles et 10 garçons) provenant pour la plupart de familles francophones et d’autres de familles exogames (comprenant un parent francophone et un autre anglophone ou allophone). En ce qui a trait à l’horaire de la journée, il est déterminé selon le jour de la semaine et les routines demeurent sensiblement les mêmes de jour en jour. Dès l’entrée, vers 8h30, les élèves inscrits en catéchèse se rendent au local désigné pour la prière. Par la suite, tous les élèves se dirigent à leurs classes respectives.
La classe, vue depuis l’entrée. |
Vers 8h40, l’hymne national est solennellement chanté en position debout et les annonces du jour s’ensuivent à l’interphone. Entre autres, les élèves profitent de deux courtes périodes de récréation de 15 minutes, l’une en avant-midi et l’autre en après-midi, et aussi d’une longue période de 30 minutes à 11h25, tout juste avant le dîner. Pour les repas, ils se rendent à la salle polyvalente où ils peuvent se procurer des gâteries santé à la cantine.
Dans ma classe de stage, plusieurs systèmes permettant de stimuler le goût d’apprendre et l’émulation sont instaurés. De fait, madame Nancy remet un billet à tous les élèves qui ont remis à temps un travail bien fait ou qui ont accompli un beau geste. L’élève y inscrit son nom, dépose son coupon dans un grand bocal et court la chance de gagner un lot au tirage mensuel. De plus, mon enseignante associée privilégie énormément le travail d’équipe en plaçant les pupitres en îlots de travail, en soumettant à la classe des projets d’équipe et en leur laissant régulièrement la chance de s’exprimer en groupe au sujet d’une problématique. Je constate que cette façon de faire a suscité l’émergence d’une véritable communauté d’apprenants, liée sous le signe de la responsabilité individuelle et collective. Ce fait est observable lorsque les élèves de ma classe se rendent dans les classes de première année pour aider à la surveillance du dîner ou tout simplement pour les accompagner durant la lecture le jeudi après-midi. Ces constats me rendent fière de faire partie d’un environnement aussi stimulant et ne peut que m’inciter à profiter au maximum du temps que j’ai ici!
© ACELF, Québec 2007.
Date de la dernière mise à jour :
le
22.10.2009
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