Bonjour à tous! Je me présente, Stéphanie St-Laurent Dubé. Je suis originaire de Boischatel, un petit village près de Québec où l’on peut admirer la splendeur de la chute la plus haute au pays. J’ai donc grandi dans un environnement paisible et authentique, ce qui a probablement contribué au développement de la personne que je suis aujourd’hui, une fille calme, posée et animée par un esprit créatif. À 21 ans, j’ai déjà à mon actif quelques expériences de travail et de voyage à l’étranger. Ces occasions n’ont fait qu’attiser mon intérêt pour la découverte des grands espaces. Le Yukon m’apparaît donc être l’endroit tout indiqué pour effectuer un stage en enseignement. |
La perspective d’un nouveau départ m’enchante au plus haut point, d’autant plus que ce stage se vivra dans un contexte où se côtoieront diversité culturelle et lutte identitaire. Bien que le but premier de ce stage soit pour moi l’acquisition d’une expérience professionnelle supplémentaire où je pourrai parfaire mes connaissances, je suis impatiente d’échanger avec la communauté et les enseignants travaillant dans cette région éloignée qu’est le Yukon.
Je n’ai aucun doute que je sortirai de cette expérience grandie, tant sur le plan personnel que professionnel. Je vous invite à me suivre dans cette grande aventure.
Stéphanie St-Laurent Dubé
Étudiante au baccalauréat en éducation en adaptation scolaire et sociale
Université du Québec à Rimouski
| La communauté |
La communauté francophone du Yukon, bien que peu nombreuse (4% de la population), est très active à l’intérieur de la capitale. En effet, plus de 70% des francophones du territoire résident à Whitehorse. Plusieurs organisations francophones travaillent depuis de nombreuses années à l’obtention de services en français. L’Association franco-yukonnaise (AFY), organisme sans but lucratif, s’occupe du maintien d’activités sociales et culturelles permettant aux francophones de se retrouver et de partager des moments agréables et divertissants.
La ville de Whitehorse. |
| L’école Émilie-Tremblay |
L’école Émilie-Tremblay est non seulement une école francophone dans un milieu anglophone majoritaire, mais elle est aussi la seule au Yukon. Située à Whitehorse, elle est administrée par la Commission scolaire francophone du Yukon. Son statut unique lui permet de bénéficier de subventions. L’école peut ainsi se procurer des outils informatiques et audiovisuels modernes et de qualité. Le faible ratio élève/enseignant dans les classes permet d’offrir un enseignement plus individuel qui est également d’une grande qualité.
La bibliothèque de l’école. |
Les familles exogames étant nombreuses à l’école, des services de francisation sont offerts. De plus, afin de favoriser l’intégration scolaire des plus jeunes, le jardin d’Émilie, un programme créé il y a de cela quelques années déjà, est proposé aux élèves de 4 ans. Ce dernier permet le développement global, social et affectif chez l’enfant, en plus de lui permettre d’évoluer dans un environnement où il peut pratiquer la langue française. Puisque les enfants n’ont pas tous le même bagage de connaissances lorsqu’ils commencent leur fréquentation scolaire, ce programme donne une chance aux jeunes qui ont eu moins de stimulation à la maison ou qui éprouvent de la difficulté à parler en français.
L’école Émilie-Tremblay. |
Le niveau d’enseignement secondaire de l’école Émilie-Tremblay se nomme l’Académie Parhélie. On y pratique une pédagogie par projet où l’intégration des matières est fortement utilisée. Plusieurs voyages sont également organisés pour ces élèves. Cette année, plusieurs d’entre eux partiront pour des destinations telles que la Colombie-Britannique, le Québec ou la France. Ces projets constituent une excellente motivation pour ces derniers. Bien que l’école comprenne des élèves du primaire et du secondaire, les plus âgés de nos élèves peuvent bénéficier d’une vie étudiante active bien développée grâce aux différents programmes d’animation offerts.
| L’orthopédagogie |
Selon la philosophie des écoles yukonnaises sur le service offert aux élèves, l’école doit être en mesure d’accommoder tous les élèves et de leur permettre un cheminement à leur portée. Cela s’applique d’autant plus aux élèves ayant des besoins spéciaux. L’école se doit d’adapter ses programmes aux besoins de ses élèves. C’est donc principalement à ce niveau qu’intervient l’orthopédagogue de l’école. Cette dernière s’assure de fournir les services aux élèves ayant des besoins particuliers, que ce soit par l’intermédiaire d’un éducateur spécialisé, d’un soutien individualisé, d’un spécialiste, etc. Bref, les possibilités sont illimitées et sans cesse personnalisées au cas qui nous est présenté.
Le contexte orthopédagogique de l’école Émilie-Tremblay est bien différent des autres écoles québécoises et même yukonnaises. En effet, puisque l’école comporte une partie primaire et une autre secondaire, l’orthopédagogue doit desservir les deux départements. Cela représente beaucoup de travail, car les besoins sont différents, ou, sans être différents, doivent être abordés d’une autre manière dépendamment de la clientèle. Afin de bien répondre aux besoins présents dans l’école, l’orthopédagogue agit comme un administrateur qui gère l’ensemble des acteurs pouvant fournir une aide ou un service adéquat aux élèves. C’est cette personne qui sert de médiateur entre le besoin à combler et le service offert. Cette médiation peut prendre différentes formes.
Afin de bien comprendre en quoi consistent les fonctions d’une orthopédagogue, je dirais que son rôle se divise en trois parties. Tout d’abord, une partie du temps de l’orthopédagogue est employée à faire de la consultation. Cela consiste en un partage d’informations et d’idées et au travail d’équipe dans la prise de décisions. Ce travail peut se faire en collaboration avec divers administrateurs, les enseignants, les parents, les élèves, les cliniciens et les groupes communautaires accessibles et disponibles à Whitehorse.
Ensuite, une autre partie du temps de l’orthopédagogue est occupée à faire un travail de collaboration avec les acteurs nommés précédemment, plus les bénévoles, les éducateurs et le conseiller en éducation de l’école. Cette partie de la tâche comporte un partage de méthodologie, l’implantation et l’intégration du curriculum, l’implantation en équipe de programmes scolaires ou de classes, la coordination des références aux cliniciens, aux programmes spéciaux et aux services externes. De plus, l’orthopédagogue élabore des périodes d’enrichissement, que ce soit sous la forme d’ateliers à présenter dans les classes ou auprès des enseignants.
Le service aux élèves. |
Enfin, l’orthopédagogue s’assure de fournir un service direct aux élèves. Ceci peut se traduire par l’élaboration de diagnostics, la tenue de dossiers, le tutorat diagnostique ou bien à court terme, l’enrichissement et encore bien d’autres programmes qui seront adaptés aux besoins des élèves.
| L’orthopédagogue |
J’ai la chance de faire mon stage auprès de Mme Michelle Baudry, une Franco-Manitobaine qui connaît bien les réalités des milieux minoritaires francophones, ayant elle-même vécu dans cet environnement une importante partie de sa vie. Cette femme dynamique est une pédagogue extraordinaire. Toujours souriante, elle s’occupe avec entrain des élèves du préscolaire, du primaire et du secondaire. Dès mon arrivée, elle a tenu à me faire découvrir la diversité de la clientèle présente à l’école Émilie-Tremblay. En plus d’avoir observé la clientèle de cette école, Michelle a tenu à me montrer la réalité d’orthopédagogues et d’enseignantes en classes spécialisées travaillant dans d’autres écoles du Yukon. J’ai ainsi pu observer diverses approches et façons de travailler. Ces occasions m’ont fourni une source importante de connaissances que je conserve précieusement.
En plus de ses tâches d’orthopédagogue, Mme Baudry enseigne l’anglais à un groupe de 3e année, s’occupe de l’orientation postsecondaire et trouve le temps de parfaire ma formation d’orthopédagogue. Toutes ces tâches sont d’ailleurs réalisées avec brio. Tous les jours, je suis épatée par la qualité du travail qu’accomplit Michelle ainsi que le personnel de l’école Émilie-Tremblay.
Nathalie, Michelle, Sarah. |
Mon expérience en tant que stagiaire en orthopédagogie |
Depuis le début de mon stage, je travaille avec plusieurs élèves d’âges et de niveaux différents. Je n’ai donc pas un groupe fixe auprès duquel je suis associée. Je suis d’ailleurs enchantée de travailler avec une multitude d’élèves ayant tous leur particularité, leur façon d’apprendre. Le rôle d’orthopédagogue me permet de côtoyer plusieurs classes et donc, une bonne partie de la population scolaire de l’école, que ce soit pour travailler à l’intérieur de la classe, faire des activités en sous-groupes ou avec un élève, pour faire passer des tests ou pour réaliser une quelconque autre tâche. Ce statut est très avantageux pour moi puisqu’il me permet de prendre conscience des diverses situations nécessitant une intervention orthopédagogique.
Je me suis donc familiarisée avec le rôle de l’orthopédagogue dans un milieu minoritaire francophone. J’ai ainsi pu réaliser l’importance de la tâche. J’ai participé à des rencontres de consultation/collaboration avec les divers acteurs impliqués dans le processus de réussite d’un élève. J’ai aussi pris connaissance de plans d’interventions, de la façon d’en créer un. Depuis le début de ce stage, je réalise des expériences d’observation et d’intervention toutes plus diversifiées les unes que les autres. J’ai la chance d’avoir à mes côtés un mentor qui me laisse énormément de liberté pour expérimenter et mettre à profit mes connaissances. Je suis d’avis qu’il faut saisir chaque opportunité d’expérimentation qui nous est offerte pour apprendre et c’est exactement ce que je fais présentement.
Mon bureau. |
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Date de la dernière mise à jour :
le
22.10.2009
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