B@P - Banque d'activités pédagogiques
Revue Éducation et francophonie

STAGES EN ENSEIGNEMENT DANS
LES COMMUNAUTÉS FRANCOPHONES

Marie-Pier LaRocque - Saskatchewan - 2008-2009

Marie-Pier LaRocque

Bonjour!

Je me nomme Marie-Pier LaRocque et je suis native de Val-d’Or, en Abitibi. À l’âge de 12 ans, j’ai déménagé avec mes parents dans la grande région de Montréal pour pouvoir pratiquer le patinage artistique à l’année. Je suis maintenant étudiante à l’Université de Sherbrooke au baccalauréat en enseignement des mathématiques au secondaire. Du haut de mes 23 ans, j’ai voyagé dans plusieurs pays, mais plus particulièrement ceux du sud où les vacances tout inclus sont très populaires. C’est pourquoi j’avais envie de vivre une expérience totalement différente.

J’ai choisi d’aller faire mon stage en Saskatchewan, car l’Ouest canadien m’a toujours attirée. Les luttes des communautés francophones de cette partie du Canada par rapport à notre langue m’interpellent énormément. Je souhaite, tout comme ceux qui m’ont précédée, apporter ma contribution au maintien et à la promotion de la langue française dans un milieu d'enseignement franco-canadien. De plus, j’aimerais aller créer des projets éducatifs dynamiques avec des enseignants et aller chercher des idées qui me permettront de bâtir des projets hors du commun ici, au Québec.

 

J’ai bien hâte de partir pour vivre cette aventure et de faire des découvertes enrichissantes autant sur ma personne que sur mon pays et les gens qui y résident.

Marie-Pier LaRocque

Étudiante en enseignement des mathématiques au secondaire

Université de Sherbrooke

 

Mon arrivée en Saskatchewan

 

Le samedi 8 novembre 2008, je m’envole avec mes compagnons vers Saskatoon, la ville où je ferai mon stage. Dès notre arrivée à l’aéroport, nous sommes accueillis par M. Robert Lessard, par le directeur de l’École canadienne-française où je ferai mon stage, par M. Éric Dion ainsi que par Danielle, l’animatrice culturelle du pavillon élémentaire de l’École canadienne-française. Nous sortons à l’extérieur et nous trouvons que c’est un peu frisquet, on nous apprend alors que c’est une température clémente pour la Saskatchewan! Je me dis que je devrai… attacher ma tuque ! Ils nous amènent à l’hôtel où nous logerons jusqu’à lundi matin, moment où nous déménagerons dans nos villes d’accueil, nos familles d’accueil ainsi que dans nos écoles respectives.

Dimanche matin, Danielle vient nous chercher à l’hôtel et nous amène faire un tour de la ville de Saskatoon. Nous nous rendons au musée de l’Université de la Saskatchewan pour voir des fossiles ainsi que des squelettes de dinosaures, puis au Western Development Museum où nous allons voir l’exposition 1910 Boomtown Saskatoon. Cette exposition reconstitue une rue des années 1910 où on peut apprécier toutes sortes d’établissements tels que l’Écurie des Chevaux, la Petite École, la Caserne de Pompiers, la Boucherie, etc.

 

Musée de l’Université de la Saskatchewan.
Musée de l’Université de la Saskatchewan.

 

Ma première impression de la Saskatchewan me surprend puisque je m’attendais à me retrouver dans une ville remplie de cowboys et de champs de blé, alors que c’est une belle ville remplie de cachet où je ne verrai aucun cowboy ni champ avant de sortir de la ville. La ville aux sept ponts est un endroit où tout le monde est sympathique et accueillant.

Le lendemain matin, M. Lessard et Danielle viennent nous chercher pour nous amener à l’École canadienne-française, où nous aurons une journée de formation sur le système scolaire fransaskois.

 

École canadienne-française.
École canadienne-française.

 

Je découvre alors mon école de stage. À première vue, c’est petit puisqu’elle ne contient qu’un seul corridor, mais M. Dion nous fait visiter la partie qui est en construction et franchement, ce sera vraiment une belle école. Je suis un peu déçue de savoir que ça ne sera pas prêt avant mon départ. Je rencontre, par le fait même, mon enseignante associée Mme St-Maurice.

 

L’École canadienne-française

 

La réalité des écoles francophones en milieu minoritaire en Saskatchewan est très différente de celle du Québec. En Saskatchewan, la plupart des enseignants couvrent plusieurs matières différentes, parfois même dans la même journée. Il existe aussi ce qu’ils appellent les périodes « dos à dos », c’est-à-dire deux périodes de 50 minutes successives destinées à la même matière. J’enseignerai des périodes « dos à dos », donc des cours de 100 minutes par groupe, tout au long de mon stage. Cette situation représente un temps considérable consacré à la préparation des cours. Étant donné que les groupes-classes sont plutôt petits, les enseignants donnent généralement leur leçon une seule fois, contrairement à certaines écoles québécoises où l’enseignant donne la même leçon à quatre groupes différents. Pour mes six semaines de stage, on m’a donné les groupes de mathématiques enrichies de 8e année, 9e année et 10e année. J’ai été, en quelque sorte, chanceuse puisque je n’ai enseigné que les mathématiques, c’est-à-dire la matière pour laquelle je suis formée. Par contre, je n’aurais pas été fermée à enseigner d’autres matières.

J’ai adoré travailler avec mes élèves. J’ai trouvé qu’ils étaient vraiment spéciaux. Ils sont très respectueux, enthousiastes, intelligents et ouverts d’esprit. La taille des groupes étant plutôt petite, par exemple, j’avais un groupe de 5 élèves, un groupe de 7 élèves (avec deux à distance) et un groupe de 10 élèves (avec 6 à distance), la création de liens significatifs avec les élèves a été plutôt facile. Je me suis attachée à eux et je pense encore régulièrement à eux. Comme je l’ai mentionné, j’ai aussi eu la chance de me familiariser avec l’enseignement à distance, chose qu’on ne retrouve pas au Québec. J’avais donc des élèves qui suivaient mes cours à travers un système de vidéoconférence. Dans mon groupe de 9e année, j’ai enseigné à une élève de Moose Jaw et à une élève de Regina. Il y avait aussi 6 élèves de Regina qui étaient dans mon groupe de 8e année.

Enfin, les membres du personnel de l’École canadienne-française sont vraiment géniaux! J’ai adoré travailler avec eux et je suis très contente de les avoir connus. Ils ont été très gentils et m’ont permis de m’intégrer à leur belle équipe. Par leur ouverture d’esprit ainsi que par leur bonne humeur contagieuse, ils m’ont permis de vivre une expérience totalement unique et enrichissante. J’ai énormément appris à leurs côtés, particulièrement en côtoyant mon enseignante associée Mme St-Maurice. Dès les premiers cours où je l’ai observée, j’ai tout de suite su que c’était une enseignante d’expérience unique et dynamique de qui je pouvais aller chercher énormément d’idées et de conseils. Elle m’a permis de développer plusieurs aspects de mon enseignement et je suis maintenant mieux outillée pour faire face à ma future profession.

 

Les activités

 

Durant mon séjour à l’École canadienne-française, j’ai pu constater à quel point l’école ainsi que le Conseil des écoles fransaskoises organisent une multitude d’activités pour permettre aux élèves de s’exprimer et de développer un réseau social en français. Par exemple, j’ai eu la chance d’être accompagnatrice au tournoi de hockey-salon à Regina. Je suis donc partie 2 jours, avec plusieurs élèves de l’école et d’autres enseignants vers Regina où un tournoi de hockey-salon se déroulait entre les écoles francophones de la Saskatchewan. L’animatrice culturelle du pavillon secondaire, Catherine Godbout, et moi étions responsables des filles pour la nuit. Nous avons donc dormi dans un gymnase avec toutes les filles des écoles francophones qui participaient au tournoi. En résumé, ça jasait!

 

Josée et Vanessa, deux élèves de l’École canadienne-française qui participaient au tournoi de hockey-salon à Regina.
Josée et Vanessa, deux élèves de l’École canadienne-française qui participaient au tournoi de hockey-salon à Regina.

 

L’animatrice culturelle de l’École canadienne-française qui fait le soleil avant de dormir.
L’animatrice culturelle de l’École canadienne-française qui fait le soleil avant de dormir.

 

Ma famille d’accueil

 

Une autre belle surprise a été ma famille d’accueil. Durant les six semaines de mon voyage à Saskatoon, j’ai vraiment adoré habiter avec Monique et son mari Don. Monique travaille pour le Ministère de l’Éducation de la Saskatchewan, elle a refait le programme de maternelle et Don est un « business coach ». Grâce à lui, j’ai pu pratiquer et améliorer mon anglais. Ils ont été présents pour moi telle une vraie famille. Ils m’ont soutenue et conseillée tout au long de mon aventure.

 

Monique, Don et moi.
Monique, Don et moi.

 

Remerciements

 

Pour terminer, j’aimerais remercier M. Dion de m’avoir si bien accueillie dans son école. J’aimerais remercier Mme St-Maurice pour ses précieux conseils et pour tout le cheminement qu’elle m’a fait parcourir. Je lui en suis très reconnaissante. Je souhaite aussi remercier M. Dubé pour son dévouement, sa gentillesse et sa disponibilité. Un gros merci aussi à Monique et Don pour le chaleureux accueil dans leur belle demeure. Enfin, merci à Mme Rosanne Piché, M. René Gauthier, Mme Catherine Godbout, M. Groleau, M. Gaudet, Mme Nathalie, Mme Moar, Mme Grenier et à toutes les personnes que j’ai côtoyées durant mon stage et qui m’ont aidée à m’intégrer si bien.

J’ai apprécié chaque minute de ce stage et comme je le disais avant de revenir, si je n’avais pas de liens particuliers avec certaines personnes que j’aime beaucoup au Québec, je repartirais sans aucune hésitation pour enseigner à Saskatoon.

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