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Bonjour! Je me nomme Karine Bénard et je suis étudiante au baccalauréat en enseignement du français au secondaire. Je suis originaire de Belœil, une petite ville tranquille située près de la rivière Richelieu et du mont Saint-Hilaire en Montérégie. Depuis que je suis toute petite, j’adore apprendre. Contrairement à d’autres enfants, j’ai toujours aimé aller à l’école, mais c’est bien plus tard, après avoir développé ma curiosité, mon dynamisme et mon leadership en animation, que je me suis découvert une passion pour l’enseignement. J’ai choisi d’enseigner la langue française, car j’aime l’idée de pouvoir m’en servir pour aborder toutes sortes de sujets. Les multiples possibilités qu’offre la langue me stimulent et piquent ma curiosité par rapport aux différents usages que l’on en fait. C’est donc avec joie, fierté et détermination que j’entreprends le défi qu’est ce stage dans une école francophone de l’Ontario. J’ai hâte d’échanger avec d’autres passionnés de la langue française!
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Karine Bénard
Étudiante au baccalauréat en enseignement au secondaire, profil français langue d’enseignement
Université de Sherbrooke
| Ma communauté d’accueil |
Après plusieurs années de lutte et d’espoir, l’école secondaire l’Essor a pu enfin ouvrir ses portes en 1979 à Tecumseh pour la communauté francophone et catholique du comté de l’Essex en Ontario. Ce combat linguistique de tous les jours est encore très actuel trente ans plus tard, et c’est avec joie que je vous présente un bref portrait de cette communauté vivante et chaleureuse.
Précisons d’abord que la ville de Tecumseh compte environ 24000habitants et se situe dans une plaine entourée par le lac Ontario, le lac Érié et le lac Saint-Clair. Elle est à un maximum de 10 minutes en voiture de Windsor, le grand centre urbain de la région. La ville de Windsor est reliée à la ville de Détroit aux États-Unis par un pont et un tunnel que les gens de la région ont l’habitude de franchir pour magasiner, pour travailler ou simplement pour visiter.
Après le vol de Montréal à Toronto, ma première expérience aérienne, puis celui de Toronto à Windsor, j’ai été accueillie avec ma partenaire par le très dynamique M.Fournier, directeur à l’Essor, et sa femme. En discutant avec eux, ainsi qu’avec plusieurs enseignants par la suite, j’ai découvert que la communauté franco-ontarienne accueille de nombreux Québécois qui, avec le temps, se sont enracinés dans leur nouveau milieu. Ainsi, les élèves qui fréquentent les différentes écoles francophones de l’Ontario sont souvent issus de ce qu’on appelle un mariage «mixte», c’est-à-dire qu’ils ont un parent anglophone, ou parlant une autre langue, et un parent francophone. Au moment de la rencontre avec les parents à laquelle j’ai pu assister, j’ai constaté avec fierté que, même pour les parents anglophones, l’éducation francophone des enfants est une valeur très importante. En dehors de la communauté scolaire francophone, j’ai eu la joie de découvrir des gens intéressés par le français et heureux de partager avec moi les quelques mots qu’ils connaissent. Je me suis amusée, parfois par réflexe, parfois pour observer, à saluer et à remercier les gens en français dans les restaurants. Surprise! Là où je croyais ne pas être comprise, on me répondait souvent en rougissant dans ma langue! Les gens étaient fiers de profiter de cette occasion pour affirmer leurs liens avec le milieu francophone, malgré leur gêne apparente de mal s’exprimer en français. |
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| Voici un aperçu du village de Belle River, où nous avons eu le plaisir d’habiter durant ces six semaines, et de sa tour d’eau. |
La communauté francophone de l’Ontario est donc beaucoup plus vivante et répandue que je ne le croyais. Et même si la population en général travaille principalement en utilisant la langue anglaise, il ne s’agit en aucun cas d’une négation du français, mais plutôt d’un manque d’occasions de vivre dans cette langue qui fait partie de l’identité des gens au même titre que l’anglais.
| Petite visite à la Pointe-Pelée, l’extrémité sud du Canada! |
| L’école |
Comment mieux se sentir chez soi? Après une visite de l’école, M. Fournier nous a présentées à tout le personnel enseignant. Un jour à la fois, nous avons appris à mieux connaître ces gens sympathiques, curieux de découvrir nos expériences, nos opinions, etc., et dévoués à leur école et à la cause du français. En bref, nous avons eu la joie et l’honneur de travailler avec des personnes passionnées par leur travail.
L’école secondaire l’Essor accueille des élèves de la neuvième à la douzième année qui s’inscrivent dans différents programmes, dont préemploi, précollégial, préuniversitaire et un programme spécial pour EED (enfance en difficulté). Chaque année, les murs de cette école dynamique abritent entre 500 et 600élèves de la région, et le taux de décrochage y est extrêmement faible, moins de deux pour cent. Les classes se déroulent entre 8h30 et 14h30, laissant ainsi une bonne partie de l’après-midi aux élèves pour s’impliquer dans leur milieu.
Cet horaire favorise l’engagement des élèves dans les différentes activités qu’offre l’école: sports (hockey, basketball, lutte…), arts (théâtre, musique…), bénévolat, etc. L’objectif est d’encourager les élèves à vivre en français à l’école, car le faire ailleurs est très difficile. En effet, la plupart des familles parlent anglais à la maison, et les activités extrascolaires se déroulent également dans cette langue.
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Façade de l’école secondaire l’Essor. |
Visite au musée Henry Ford à Détroit avec les élèves de dixième année du cours d’histoire. |
L’Essor fait aussi partie des écoles qui ont été sélectionnées pour expérimenter un nouveau projet: Artiste en résidence. Ce programme a pour but de faire le lien entre la communauté culturelle et l’école comme soutien au rendement scolaire et au développement artistique des élèves.
L’école secondaire l’Essor est un milieu de vie des plus agréables, et un stage dans cet établissement a été une source très touchante d’inspiration et de courage pour la défense du français.
| Ma classe d’accueil |
Lors de la première semaine, consacrée à l’observation, mon enseignante associée, ma partenaire et moi avons remarqué des dynamiques de groupe très différentes entre le cours du matin et celui de l’après-midi. Après réflexion, nous avons décidé d’un commun accord que j’enseignerais au groupe du matin, qui semblait plus actif que celui de l’après-midi. Bon choix. J’ai été attirée par l’enseignement à la suite de plusieurs expériences positives en animation, et ce groupe m’a fourni l’occasion d’enseigner en utilisant des jeux, par exemple. J’ai donc eu beaucoup de plaisir avec ces élèves enthousiastes, collaborateurs, curieux et respectueux.
| Un petit bout de quotidien |
Attention, cette semaine, c’est la semaine un dans l’horaire! Allez hop! À 8h30, mon cours commence par l’entrée bruyante des élèves, l’hymne national, la prière et les annonces du jour à l’interphone. Un peu de silence, et le coup d’envoi est donné pour une autre période de 75minutes avec mes 24élèves de onzième année préuniversitaire, soit 8garçons et 16filles. On décortique Carmen de Mérimée, Cyrano de Bergerac de Rostand, Le jeu de l’amour et du hasard de Marivaux, La quête d’Alexandre d’Hélène Brodeur, sans compter tous les textes des journalistes, chroniqueurs et éditorialistes qui nous ont guidés jusqu’au texte argumentatif… Ouf! Vite la conclusion, la cloche sonne bientôt. À demain matin! Et pour la semaine numéro deux, on reprend le même canevas, mais de 9 h45 à 11h. Après mon cours, ou précédemment pour ce qui est de la semaine numéro deux, j’ai collaboré au cours d’art dramatique de dixième année avec lequel se réalisait le projet Artiste en résidence. Quel défi! Avec l’aide de toute une équipe de professionnels, les quatorze élèves de ce cours ont vécu une expérience extraordinaire, soit la mise en scène, en six semaines, de la pièce Un conte de Noël de Charles Dickens. Ce fut un plaisir immense que de voir les élèves se surpasser et revenir en coulisses excités, fiers et épanouis. J’ai vécu avec eux les hauts et les bas qui ont accompagné la présentation d’une pièce de théâtre en français par ce groupe comprenant plusieurs élèves en difficulté. J’en retire une expérience humaine enrichissante. Encourager les élèves à avoir confiance en eux-mêmes m’a personnellement motivée à m’engager aussi de tout mon cœur dans ce projet. Pour cette expérience inoubliable, merci à l’ACELF, à tout le personnel de l’Essor, dont MmeHinch, enseignante associée, ainsi qu’aux élèves! |
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| Voici les élèves de ma classe d’accueil dans le décor de Noël, à l’auditorium, après un petit exercice sur l’art de convaincre. Je suis assise au centre. | |
| Dans l’ordre, moi, Laura Prada, assistante de notre artiste en résidence, et Catherine Quirion, ma partenaire, devant une partie du décor à la fin de la dernière représentation d’Un conte de Noël. |
© ACELF, Québec 2007.
Date de la dernière mise à jour :
le
23.11.2009
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