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Bonjour, Je m’appelle Maxime Langevin, j’ai 27 ans et je viens de Montréal. Après avoir travaillé plus de sept ans dans un musée en parallèle avec un long parcours scolaire en acupuncture, musique et sciences, mon choix s’est arrêté sur l’enseignement des sciences au secondaire. Je suis présentement étudiant de troisième année à l’Université du Québec à Montréal. Pour en être à mon troisième stage, j’ai pu goûter à la saveur multiculturelle des écoles de Montréal. J’aimerais donc un autre défi. Je désire voir ce que les autres provinces ont à offrir. Je partirai donc en mars prochain dans une communauté francophone minoritaire de Winnipeg. Cette expérience exceptionnelle me permettra d’en apprendre un peu plus sur cette autre réalité du Canada tout en développant mes compétences professionnelles. Je suis quelqu’un de très curieux. J’ai l’esprit scientifique, j’adore observer, analyser, découvrir de nouvelles choses, de nouvelles façons de voir. Mon crédo : aujourd’hui est le premier jour du reste de ma vie, alors il ne faut surtout pas la gâter, il faut en profiter.
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Maxime Langevin
Étudiant en enseignement des sciences au secondaire
Université du Québec à Montréal
| Portrait |
Au cours de mon expérience comme stagiaire dans une communauté francophone du Manitoba, j’ai pu découvrir différents aspects sociaux de cette province. Deux mois ont été mis à ma disposition pour recueillir de l’information et ensuite donner mes impressions sur la communauté. Cette aventure s’est accomplie avec l’aide d’organismes touristiques francophones comme Ô tours. C’était une excellente occasion et la meilleure situation pour avoir une visite guidée de plusieurs établissements, communautés, quartiers, etc. Ayant également un réseau d’amis anglophones manitobains que je connaissais par l’entremise de mon travail d’été à Ottawa, j’ai pu dresser un tableau comparatif des deux communautés et remarquer quelques nuances sociales entre les anglophones et les francophones.
Premièrement, lors de mes recherches sur l’immigration au Manitoba, j’ai pu apprendre que la majeure partie des arrivants étaient Ukrainiens. Ces derniers ont eu un impact important, puisqu’on trouve ici de nombreuses églises et de nombreux centres culturels ukrainiens. Ils ont également eu une influence sur la cuisine manitobaine : on compte beaucoup de restaurants ukrainiens, et même des familles canadiennes « pure laine » cuisinent couramment des plats ukrainiens. Cependant, cette réalité commence lentement à s’estomper depuis 2000 puisque maintenant, elle est diluée par l’arrivée de nouveaux immigrants d’un peu partout dans le monde (entre autres des Philippines). De plus, cette influence tend à se retrouver plus fréquemment dans les communautés anglophones. On trouve aussi une grande population d’Autochtones au Manitoba. Bien que la scolarité leur soit offerte gratuitement, ceux-ci ne semblent pas intéressés par un parcours scolaire pour des raisons d’oppression historique. Les rares qui profitent de cette possibilité se retrouvent majoritairement dans les écoles anglophones. Une classe multiculturelle franco-manitobaine est composée principalement de Franco-Africains. On retrouve très peu de Maghrébins ou d’Européens. La population étudiante des classes d’écoles francophones semble être plus à l’aise avec l’anglais : c’est d’ailleurs la langue que les élèves parlent entre eux. Il devient donc clair que les adolescents n’accordent pas beaucoup d’importance à leur identité francophone et que ce sont plutôt les générations plus âgées qui poussent pour conserver une communauté francophone au Manitoba.
Élèves de septième année qui travaillent dans le corridor sur leur projet de classe.L’école possède un centre d’aide et de ressources aux apprentissages où on retrouve, en tout temps, deux auxiliaires et un orthopédagogue. Ils travaillent fort pour répondre à tous les besoins des nouveaux arrivants. Souvent, le travail ne s’arrête pas au rattrapage des connaissances, car il y a tout un cheminement à faire au niveau du choc culturel éducatif. Ils doivent réapprendre un nouveau style d’enseignement et d’évaluation, sans négliger le stress d’adaptation à ce nouveau milieu. On entend d’ailleurs les mêmes critiques qu’au Québec : ce concept peut être très efficace dans un centre spécialisé à cet effet, mais il est tout autre dans une classe. La surpopulation dans les classes rend la tâche qu’on voudrait faire avec les nouveaux arrivants plus difficile.
J’ai été également surpris par la communauté anglophone. Elle valorise l’apprentissage du français et est vraiment impressionnée par le bilinguisme. Beaucoup de gens suivent des cours de français. La motivation souvent évoquée est la possibilité d’avancement dans l’emploi. Le but n’est pas très intrinsèque, mais on voit ici l’effort de la province pour nous servir dans la langue de notre choix. Par exemple, lorsque j’ai eu affaire avec les bureaux gouvernementaux de la province pour des démarches administratives (pour un renouvellement de passeport, entre autres), on m’a proposé un service en français.
En termes de dépaysement, je ne peux pas dire que j’ai trouvé de grandes différences entre le Manitoba et le quartier anglophone de Montréal que j’habite, le Mile End. Il est très facile de vivre comme francophone surtout dans le quartier de Saint-Boniface. C’est une communauté minoritaire visible (par l’affichage en français) et audible (par les conversations dans le transport en commun par exemple) chez laquelle on se sent le bienvenu autant du côté francophone qu’anglophone. Les francophones sont très inclusifs par le désir de développer leur communauté et les anglophones semblent absolument charmés par cette différence culturelle.
Librairie francophone de Saint-Boniface, rue Provencher.La dynamique dans la division scolaire francophone est très intéressante. Vu leur minorité, les francophones essayent de faire le plus d’échanges et d’activités possibles entre eux (tournois, formations, camps, etc.). Aussitôt qu’une école fait une activité quelconque, les autres écoles sont automatiquement invitées à y participer. Cette union interécole permet de créer des liens et des connaissances dans le milieu francophone. Les élèves sont aussi beaucoup invités à faire des apparitions publiques afin de donner une visibilité à la communauté francophone.
Ce stage a été une expérience des plus inoubliables et, par le fait même, devrait être fortement recommandé et même obligatoire. Il permet de mieux connaître les autres provinces, tout en déconstruisant bien des préjugés. Je suis content et je trouve intéressant de maintenant savoir que la possibilité de vivre et de travailler en français à l’extérieur du Québec existe. Encore mieux, nous sommes plus que bienvenus!
© ACELF, Québec 2007.
Date de la dernière mise à jour :
le
22.10.2009
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