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Bonjour, je me présente, Émilie Savard, étudiante au baccalauréat en éducation préscolaire et en enseignement primaire à l’Université du Québec à Rimouski, campus de Lévis. Je suis native de Québec. J’ai 24 ans, et en mars prochain je m’envolerai pour une expérience hors de l’ordinaire. Je ferai un stage en sixième année dans une école francophone de la région de Calgary. Depuis le début de mon baccalauréat, je souhaite partir faire un stage hors Québec, et maintenant, c’est à mon tour de voir mon but se réaliser. Je suis une passionnée des voyages et de la découverte de nouvelles cultures. Ayant visité déjà plusieurs destinations, l’Ouest canadien est encore pour moi un endroit inconnu. Je souhaite, en accomplissant ce stage, en découvrir sur moi et enrichir mon bagage de connaissances. Ma générosité et mon écoute me permettront probablement de bien m’adapter à ce nouveau milieu qui deviendra petit à petit le mien. J’ai bien envie d’en apprendre plus sur les personnes qui ont choisi de quitter leur ville pour se rendre dans un milieu différent et surtout s’adapter aux changements. Je trouve leur cheminement fascinant et leur courage hors du commun. Je quitte Québec impatiente de voir ce qui m’attend et surtout les yeux grands ouverts pour ne rien manquer. Au plaisir de vous redonner des nouvelles! |
Émilie Savard
Étudiante en éducation préscolaire et en enseignement primaire
Université du Québec à Rimouski
Mon adaptation dans mon école de stage s’est bien faite. Chaque enseignant s’est présenté à moi et m’a offert son aide. Je suis fière de venir du Québec et j’essaie d’ajouter quelque chose à ma classe de stage. Voici un portrait de mon milieu d’accueil.
| La communauté |
La communauté du sud-ouest de Calgary est plutôt grande. Ceux qui viennent à l’école Sainte-Marguerite-Bourgeoys viennent des quatre coins de Calgary. La communauté franco-catholique est très dispersée ici, il est donc difficile de créer un lien entre les personnes. La famille est très importante pour cette communauté, et les parents sont très présents dans la vie de leur enfant. On m’expliquait qu’il était rare de voir des élèves prendre l’autobus de ville avant la septième année.
En ce qui concerne la religion pour la communauté, je dirais qu’il y a les deux extrêmes : ceux qui sont très croyants et qui veulent que leurs enfants en apprennent beaucoup et ceux qui acceptent le fait que la prière est obligatoire, mais qui ne sont pas croyants plus qu’il le faut. Quelques familles se rendent à la messe toutes les semaines. Elles peuvent donc créer des liens à ces rencontres.
| L’école |
Mission des écoles catholiques :
L’AMOUR : chercher à s’aimer soi-même, à aimer les autres, le monde et l’univers, et à aimer Dieu comme Jésus l’a fait;
L’ESPÉRANCE : chercher à espérer en soi, à espérer en l’autre, dans le monde et en l’univers, et à espérer en Dieu comme Jésus l’a fait;
LA FOI : chercher à croire en soi, à croire en l’autre, dans le monde et en l’univers, et à croire en Dieu comme Jésus l’a fait.
Le Conseil scolaire catholique et francophone du Sud de l’Alberta comporte quatre écoles qui offrent des programmes d’études axés sur la langue française, l’environnement et les valeurs chrétiennes.
Sainte-Marguerite-Bourgeoys est une école élémentaire et secondaire. Avec environ 540 élèves, l’école doit être bien organisée. Voici les principes de cette école :
L’école Sainte-Marguerite-Bourgeoys fait tout en son pouvoir pour actualiser ses interventions afin que ses élèves atteignent leurs objectifs.
Les différents cycles sont divisés afin de ne pas créer d’intimidation ou d’engorgement. Les élèves sont pour la plupart habitués de parler en anglais dans leur quotidien, donc c’est difficile pour eux de parler entièrement en français. L’école fait de grands efforts afin de changer cette mentalité, mais elle éprouve quelques difficultés. Elle essaie plusieurs méthodes, mais chacune d’elles s’essouffle. Le nombre d’élèves par classe est quelque peu inférieur à Québec, avec en moyenne 20 élèves.
Le personnel enseignant est plutôt jeune et la rotation entre les niveaux est fréquente. Les enseignants repartent souvent après quelques années à l’école, il n’y a donc pas beaucoup d’anciens professeurs. Dans leur première année, les enseignants ont souvent une classe à temps plein, ce qui est très différent du Québec. À l’école Sainte-Marguerite-Bourgeoys, il est possible de faire du « looping », ce qui signifie que tu suis tes élèves deux années de suite. Pour les plus jeunes, cette technique a grandement amélioré leur apprentissage, puisqu’ils pouvaient créer un lien de confiance avec leur enseignant. Tous les élèves dînent à l’école dans une cafétéria aménagée pour eux. L’école possède un budget bien garni et les parents semblent s’impliquer lorsque la classe de leur enfant le demande. L’école organise souvent des activités où toute l’école est impliquée. J’ai pu assister au carnaval hivernal. Durant une journée complète, les élèves se promenaient d’activité en activité. Ils pouvaient mieux connaître la cabane à sucre et la culture québécoise. L’école accorde une grande importance au Québec.
| La classe |
Je fais mon stage en sixième année dans la classe de madame Jacqueline Lafrenière. C’est une classe de 20 élèves, 11 garçons et 9 filles. C’est une classe disciplinée et les élèves participent très bien. Il n’y a aucun problème de comportement. Quelques élèves demandent plus d’attention que d’autres et ils ont besoin de plus de temps pour réaliser leurs tâches. Par contre, ils ne retardent pas les autres élèves.
Chaque élève possède son propre ordinateur portable. Ils utilisent des Mac. Les élèves n’ont pas d’agenda. Tout est géré par ordinateur et par Internet. L’enseignante a créé un site où elle dépose les devoirs et les travaux à faire. Les élèves prennent leurs notes de cours directement sur leur ordinateur. Ils peuvent aussi faire des présentations très dynamiques, puisqu’ils utilisent le logiciel PowerPoint pour leurs exposés oraux. Les élèves peuvent donc explorer le monde des TIC et devenir plus habiles avec l’ordinateur. Ils terminent la sixième année avec un bon bagage, puisqu’ils doivent souvent explorer par eux-mêmes pour réaliser leurs travaux. Ils sont très débrouillards et s’entraident énormément pour arriver à de bons résultats.
L’enseignante stimule beaucoup l’autonomie des élèves. Ils savent quoi faire. Elle leur indique les défis à réaliser dans la semaine et elle leur laisse du temps libre pour s’avancer dans leurs travaux. Chacun peut donc aller à son propre rythme. L’enseignante emploie peu les situations d’apprentissage. Elle est plutôt traditionnelle dans son enseignement. Elle enseigne et les élèves font leur travail. Les tâches sont divisées par modules. Les élèves doivent passer un examen provincial à la fin de l’année pour pouvoir monter en septième année. Les cours évalués sont : français, mathématiques, anglais, science, religion, santé et bien-être. L’enseignante accorde beaucoup d’importance au français et aux mathématiques afin que les élèves soient prêts pour les examens. Il n’y a pas vraiment de routine dans ma classe. Chaque jour est différent et plusieurs ajustements doivent être faits selon les évènements.
Les élèves apprennent très différemment du Québec, ils sont plutôt conservateurs et ils ont surtout un passé différent. Ils viennent des quatre coins du monde, et il est intéressant d’en apprendre plus sur leur ancienne vie. Mon expérience dans cette école francophone d’un milieu anglophone m’apporte beaucoup. Je peux maintenant comparer l’enseignement en Alberta avec celui du Québec. Avec ce que j’ai appris ici, je pourrai apporter une touche particulière à ma future profession.
© ACELF, Québec 2007.
Date de la dernière mise à jour :
le
22.10.2009
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