B@P - Banque d'activités pédagogiques
Revue Éducation et francophonie

STAGES EN ENSEIGNEMENT DANS
LES COMMUNAUTÉS FRANCOPHONES

Sarah Côté Imbault - Colombie-Britannique - 2008-2009

Sarah Côté Imbault

Bonjour!

Je m’appelle Sarah Côté Imbeault et j’étudie présentement au baccalauréat en éducation préscolaire et en enseignement primaire. Je suis originaire de Rimouski : eh oui! cette ville paisible, bien que très active, en plein cœur de la nature.

C’est dans ce petit coin de pays charmant que j’ai grandi en pratiquant arts, sports et plein air. Je suis une personne curieuse et passionnée. Créative, j’aime personnaliser les choses à mon image et pimenter la vie des gens. En voyageant, j’ai pris goût à la nouveauté, à l’imprévu et à la différence des cultures. Selon moi, l’optimisme est l’un des meilleurs gages de réussite. C’est pourquoi je tente de le répandre par mon sourire, mon énergie positive et mon sens de l’humour. Dynamiquement, je me plais à joindre ces traits en réalisant un de mes péchés mignons : l’animation.

Ce printemps, je partirai à la découverte d’un tout autre milieu afin d’intégrer un contexte éducatif différent. Ma soif d’apprendre et mon esprit espiègle seront bien servis, puisque j’aurai l’occasion d’observer et d’expérimenter des pédagogies nouvelles et de me sensibiliser aux besoins que manifestent les élèves de cette école. Je suis impatiente de côtoyer des gens passionnés qui militent afin de préserver et de partager la culture de cette minorité qu’est la communauté francophone dans l’Ouest canadien. Ce sera une merveilleuse occasion d’actualiser mes connaissances et mes valeurs et de mettre à profit mes expériences personnelles dans le domaine de l’éducation. C’est en direct de la petite ville de Mission que je vivrai cela.

L’aventure, le travail d’équipe et les défis me passionnent; l’adaptation à ce nouveau milieu et la rencontre des gens de la communauté se révèlent pour moi un projet emballant. Cette expérience unique viendra, à coup sûr, bonifier ma formation.

À bientôt!

 

Sarah Côté Imbault
Étudiante en éducation préscolaire et en enseignement primaire
Université du Québec à Rimouski

 

Direction Mission, vallée du Fraser

 

Direction Mission, vallée du FraserLes montagnes, les champs et les serres : un fidèle portrait du paysage de Mission.

L’école où j’effectue mon stage est située dans la ville de Mission. À une distance d’environ 70 kilomètres à l’est de Vancouver, cette petite ville compte approximativement 30 000 habitants. Bordée par d’impressionnants pics montagneux, de denses forêts et de nombreux lacs à l’eau claire, Mission jouit aussi de larges terres fertiles. D’ailleurs, le développement économique de la ville est dû à l’aménagement de champs et de serres et à l’implantation de nombreuses industries agricoles. En tant que petite ville, Mission se donne comme objectif d’offrir à ses citoyens une grande diversité d’activités culturelles. Plusieurs festivals et activités thématiques rassemblant la population et attirant les touristes permettent aux nombreux artistes de la ville de se faire connaître.

Mon inukshuk devant un paysage typique de la région.Mon inukshuk devant un paysage typique de la région.

Depuis une dizaine d’années, la région connaît un essor démographique important. Outre le fait que les gens s’éloignent de la région de Vancouver en raison du coût exorbitant de la vie à cet endroit, on note un nombre important d’immigrants en provenance d’Asie du Sud-Ouest. Ceux-ci donnent une touche multiculturelle à la région. Une des particularités de la vallée du Fraser est l’éminente pratique religieuse. Abbotsford, la ville où je suis logée, détient le record mondial du nombre d’églises par habitant! Sans contredit, la présence des différentes ethnies influe énormément sur cette statistique. Finalement, un heureux hasard a fait en sorte que la famille qui m’héberge est très active et fière des attraits de la région. Sympathiques et généreux, nos hôtes ne manquent pas une occasion de nous faire découvrir ce splendide coin de pays.

L’école

 

Une vue sur l’école des Deux-RivesUne vue sur l’école des Deux-Rives

L’école des Deux-Rives est située dans la petite ville de Mission. Fondée en 1998, cette école francophone dessert majoritairement des familles résidant à Mission et à Abbotsford. Le fait que ces villes soient respectivement situées de chaque côté du fleuve Fraser a servi à baptiser l’école. Cette année, environ 80 élèves fréquentent l’école des Deux-Rives. En plus de l’immense terrain gazonné servant de cours de récréation, l’établissement partage une piste d’athlétisme et un grand terrain de sport avec une école secondaire anglophone. Ces espaces permettent une multitude d’activités extérieures. Un total de six classes accueillent les élèves de la prématernelle à la septième année. Ainsi, mis à part la maternelle, les classes sont multiniveaux.

L’école des Deux-Rives encourage la bonne santé des élèves en exigeant un minimum de 15 minutes d’activité physique par jour et en remettant une collation ou un dîner à ceux qui n’en ont pas. Elle souhaite également faire développer aux élèves un sens de l’appartenance envers la langue française et la communauté scolaire. En visitant la bibliothèque garnie d’une grande variété de livres, on constate rapidement que la littératie occupe une place de choix dans l’enseignement prodigué dans cette école francophone. Par le code de vie de l’école et par les différents systèmes de renforcement, le personnel s’efforce de sensibiliser les élèves à la responsabilité sociale. Un acronyme a d’ailleurs été créé afin de mettre en évidence les valeurs prônées dans l’école. L’acronyme BRAVO est un outil de gestion omniprésent dans les classes, en particulier dans les systèmes d’émulation :

  • Bien-être
  • Respect
  • Autonomie
  • Vivre en français
  • Ouverture sur le monde
Inspirée par l’arrivée du printemps, l’entrée de l’école est joyeusement décorée par quelques œuvres colorées des élèves de ma classe.Inspirée par l’arrivée du printemps, l’entrée de l’école est joyeusement décorée par quelques œuvres colorées des élèves de ma classe.

Selon moi, les honneurs du succès de l’école reviennent aux membres du personnel. Motivés par la nouveauté de leur carrière ou poussés à trouver de nouvelles idées pour se dépasser, ils mettent tous la main à la pâte afin de cultiver le goût d’apprendre des élèves et d’alimenter leur curiosité. L’esprit d’équipe y est remarquable! En effet, chaque enseignant est un membre actif d’une équipe dynamique et créative; ils semblent tous avoir un réel plaisir à travailler ensemble.

Un centre d’orthopédagogie permet aux élèves de recevoir des services d’aide en lecture, en écriture et en mathématiques, en plus de leur donner accès à un programme de francisation. Deux aides pédagogiques soutiennent les enseignants lors d’activités complexes ou rencontrent individuellement les élèves pour leur apporter de l’aide spécifique par rapport à leurs difficultés d’apprentissage ou de comportement. Aussi, une monitrice de langue rencontre les groupes trois fois par semaine et organise des activités afin d’élargir les connaissances et les perspectives culturelles des élèves sur la langue française. À la différence de plusieurs écoles du Conseil scolaire francophone, l’école des Deux-Rives a la chance d’avoir une spécialiste en enseignement de l’éducation physique. Cela permet aux élèves de pratiquer différents sports, selon leur éthique respective, et de bénéficier de plusieurs conseils liés à certaines techniques ou à la pratique d’activités physiques en général. Finalement, un club de devoirs animé par les aides pédagogiques permet aux élèves de réaliser leurs travaux avec du soutien.

La classe

 

Une vue sur l’école des Deux-RivesLe passionnant coin des sciences où grandissent quelques plantes et des insectes.

C’est dans une classe de deuxième et troisième année que se déroule mon stage. Dix-huit élèves composent le groupe, dont neuf filles et neuf garçons. Seulement six élèves sont en deuxième année, comparativement à douze élèves en troisième année. Toutefois, il n’y a aucune différence notable entre l’enseignement destiné aux élèves de deuxième année et ceux de troisième année. Afin d’éviter la ségrégation, tous les élèves font les mêmes exercices. La planification des activités demande donc à mon enseignante associée de jumeler les objectifs des deux niveaux. Bien sûr, malgré que le travail effectué soit le même pour tous les élèves, les exigences diffèrent selon le niveau. Pour mon enseignante associée, qui en est seulement à sa troisième année d’enseignement, c’est tout un défi de planifier des activités qui sauront intéresser les plus vieux ayant parfois déjà abordé la matière enseignée l’année précédente et qui permettront aux plus jeunes d’acquérir les connaissances de base pour leur niveau. Plusieurs élèves de la classe participent au programme de francisation prodigué par une orthopédagogue d’expérience. Un élève en trouble de comportement reçoit des services spécialisés en collaboration avec la directrice, la conseillère, l’orthopédagogue et l’aide pédagogique spécialisée.

Comme on peut le voir sur la photo, une place importante est réservée aux sciences. Lors de courtes périodes de temps personnel, les élèves sont invités à observer les résultats des expériences débutées précédemment et à en amorcer de nouvelles selon leur questionnement personnel. La manipulation est aussi très utilisée dans l’enseignement des mathématiques. Habitués à travailler avec du matériel concret, les élèves ont développé le réflexe de vérifier et de prouver leurs réponses. Des ateliers coopératifs et des activités de vocabulaire routinières abordées sous le concept du jeu permettent aux élèves d’apprendre dans le plaisir. En fait, tous les élèves de la classe semblent se plaire dans cet environnement. La fréquence des renforcements obtenus permet aux élèves d’être plus confiants, ce qui les stimule à participer. L’esprit de groupe, l’autonomie et le respect sont les valeurs prônées dans la classe. Elles gouvernent plusieurs activités de routine et orientent le choix et le déroulement des activités d’enseignement et d’apprentissage.

Le coin lecture.Le coin lecture.

Chaque jour, au moins une période est accordée à des activités liées à la littératie : lecture personnelle, consultation de livres en équipe, lecture d’histoires au groupe, lecture collective, appréciation et suggestion de livres… Mon enseignante associée tente de faire développer aux élèves le goût de la lecture en leur présentant et en achetant de nombreux livres liés à leurs champs d’intérêt. Des mots étiquettes sont affichés au mur et regroupés par des anneaux pour une meilleure manipulation lors des activités d’écriture.

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