Allocution d'ouverture de M. Gérald C. Boudreau
Président de l'ACELF
Son honneur le lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick,
Monsieur le sous-ministre de l’Éducation,
Madame la présidente du congrès,
Présidentes et présidents des conseils et commissions scolaires,
Présidentes et présidents de nos associations partenaires en éducation,
Représentantes et représentants de nos partenaires majeurs,
Collègues du conseil d’administration et du conseil des gouverneurs de l’ACELF,
Membres de l’ACELF,
Chers congressistes,
Bonsoir et bienvenue au 59e congrès de l’ACELF. Je suis très heureux de vous accueillir en Acadie, ma région natale.
Durant les deux prochains jours, nous sommes invités à réfléchir ensemble autour du thème « La francophonie : notre projet de vie ». Ce thème, qui évoque notre désir de travailler ensemble, montre qu’il est devenu essentiel de nous donner une tribune pancanadienne pour élargir nos réseaux et réfléchir aux enjeux qui nous sont communs. Au fil des ans, les congrès de l’ACELF ont fait leur place comme ce point de rencontre important du réseau éducatif francophone du Canada.
D’ailleurs, la diversité des activités entourant ce 59e congrès le démontre. Notamment, il y a à peine une heure, s’est déroulé un événement important pour le milieu éducatif. La Fédération canadienne des directions d’établissements scolaires francophones a été officiellement lancée. L’an dernier, à pareille date, le congrès de l’ACELF avait servi de lieu de rencontre pour la mise en place de cette fédération.
J’aimerais aussi souligner qu’à l’occasion de ce congrès, l’ACELF aura le plaisir de lancer un nouvel outil. Il s’agit de sa Banque d’activités pédagogiques en construction identitaire. C’est une grande fierté pour l’ACELF de pouvoir offrir cette ressource, qui a été élaborée en lien direct avec notre Cadre d’orientation en construction identitaire, publié au printemps dernier. Vous aurez l’occasion d’assister à ce lancement, qui aura lieu demain, lors du dîner.
Je signale également la présence parmi nous d’intervenantes et d’intervenants en alphabétisation, qui viennent de terminer un stage de perfectionnement de l’ACELF, tenu exceptionnellement cette année à Moncton. Cette formation fait partie d’un programme annuel de cinq stages de perfectionnement, offert par l’ACELF aux intervenants de la petite enfance, du primaire, du secondaire, de la direction d’école et de l’alphabétisation. Nous sommes très heureux de compter quelques-unes de ces personnes au nombre des participants du congrès. Nous leur souhaitons une excellente continuité dans leurs réflexions.
Enfin, j’aimerais faire mention d’une collaboration importante à notre congrès, celle des jeunes. Depuis quelques années, l’ACELF poursuit un partenariat avec la Fédération de la jeunesse canadienne-française. Ce partenariat nous a permis, cette année, de travailler en collaboration avec des membres de la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick, puisque le congrès se déroule à Moncton. Ceux-ci ont apporté une importante contribution au sein du comité de la thématique. Je tiens à souligner, enfin, qu’une délégation de la Fédération de la jeunesse canadienne-française participe au congrès. Je les invite à se lever.
Avant de terminer, j’aimerais remercier les partenaires majeurs de notre événement : le ministère de l'Éducation du Nouveau-Brunswick, le ministère du Patrimoine canadien, l’Association des enseignantes et des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick, la Fédération de la jeunesse canadienne-française, la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick et le Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes du Québec.
Ce congrès a aussi reçu l’appui des trois autres provinces de l’Atlantique, par les ministères de l’Éducation de la Nouvelle-Écosse, de Terre-Neuve-et-Labrador et de l’Île-du-Prince-Édouard.
Le moment est venu de vous souhaiter, à chacun et chacune, un excellent congrès. J’aimerais maintenant présenter la présidente de notre événement, Mme Louise Landry, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick. Mme Landry !
Allocution d'ouverture de Mme Louise Landry
Présidente du congrès
Monsieur le sous-ministre de l’Éducation,
Monsieur le président de l’ACELF,
Présidentes et présidents des conseils et commissions scolaires,
Distingués invités,
Chers congressistes,
C’est un très grand plaisir et un honneur pour moi de vous accueillir à Moncton à titre de présidente du 59e congrès de l’ACELF. Je suis toujours impressionnée par la diversité que l’on retrouve dans un groupe qui se rassemble comme le nôtre ce soir puisque quelle que soit notre fonction, d’où que nous soyons, nous sommes ici pour participer à la construction d’un projet commun. Ce projet commun s’agit de notre désir de contribuer au développement d’une identité francophone dynamique. Alors, merci d’être venu nous ouère, je suis convaincue que nous serons bénaises au cours des prochains jours !
Le visuel du congrès reflète bien l’aventure que nous voulons vivre et les résultats que nous souhaitons atteindre. La diversité de ses couleurs et de ses individus, et l’harmonie ainsi créée, évoquent un projet global auquel chaque individu participe, et par lequel toute la communauté s’épanouit.
L’Association des enseignantes et des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick s’est associée à ce congrès, reconnaissant l’importance de cette initiative et le fait qu’il se tient chez nous en Acadie ! De plus, la mission de l’AEFNB s’harmonise très bien avec celle de l’ACELF en ce qui a trait à l’avancement de l’éducation en français et à la valorisation de la langue et de la culture françaises. Quelle occasion privilégiée pour moi d’agir à la fois comme présidente de l’AEFNB et présidente du 59e congrès de l’ACELF !
J’aimerais attirer votre attention sur les ressources qui vous sont proposées à l’occasion de ce congrès. Demain, dès 7 h 45, une quarantaine d’exposants seront à votre disposition pour alimenter votre coffre à outils pédagogique. Profitez de vos temps libres pour aller les rencontrer. Plusieurs d’entre eux offriront des prix dans le cadre d’un tirage. En fin d’après-midi, à 16 h 15, je vous invite aussi à assister à la présentation de S.O.S. Devoirs, service Internet d’aide aux devoirs pour tous les élèves du Canada francophone. Ce service est offert conjointement par le Conseil scolaire de district du Centre-Sud-Ouest de l’Ontario et TFO, en collaboration avec l'ensemble des conseils scolaires francophones de l’Ontario.
Enfin, permettez-moi de souligner l’apport des partenaires de ce congrès. En plus des partenaires majeurs, d’autres organismes ont apporté un soutien important, notamment l’Université Laval ; TFO / TVOntario, représentée par Mesdames Claudette Paquin, Annette Lalonde et Denise Portelance-Godin ; Radio-Canada ; Chenelière Éducation, représentée par Mme Nicole Beauchamp et M. Robert Soussa ; le Collège Boréal, représenté par Mesdames Danielle Talbot-Larivière et Denise Piovesan ; le Consortium national de formation en santé, représenté par Mme May Savoie ; et les Éditions Duval, représentées par Mme Lysanne Sévigny et M. Simon de Jocas.
Avant de céder la parole à celui qui vous présentera le contenu thématique des deux prochains jours, je tiens à vous souhaiter un très bon congrès. Que cet événement soit une occasion pour refaire le plein d’énergie en vue de la réalisation d’un projet qui nous anime tous : celui d’offrir une éducation qui contribue à la vitalité de la francophonie.
Il me fait plaisir de vous présenter maintenant le président du comité de la thématique, M. Marcel Lavoie, directeur des services pédagogiques au ministère de l’Éducation du Nouveau-Brunswick et membre du conseil des gouverneurs de l’ACELF. M. Lavoie !
Allocution de M. Roger Doucet
Sous-ministre de l'Éducation du Nouveau-Brunswick
Monsieur le lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick,
Monsieur le président de l’ACELF,
Madame la présidente du congrès,
Distingués invités,
Chers jeunes,
Mesdames, Messieurs,
Bonsoir,
Je suis vraiment très honoré de vous souhaiter la bienvenue au Nouveau-Brunswick et en Acadie à l’occasion de ce 59e congrès de l’ACELF. Comme vous le savez, le 18 septembre dernier, les Néo-Brunswickois ont élu un nouveau gouvernement. Étant donné que la composition du nouveau cabinet ne sera annoncée que mardi, c’est à moi que revient l’honneur de vous accueillir.
Le thème de ce congrès, « La francophonie : notre projet de vie », réaffirme le rôle central de l’éducation publique dans la construction identitaire des jeunes francophones de notre pays. Il s’agit certes d’un défi de taille; mais il peut être relevé! À cet égard, l’histoire même de l’Acadie peut nous inspirer. Pour implanter le français ici, des hommes et des femmes ont dû faire preuve d’un courage énorme, d’une grande solidarité et d’un amour profond pour leur langue. Ces valeurs, ces qualités sont plus que jamais nécessaires pour assurer la pérennité du français en Amérique du Nord. Ici en Acadie et partout ailleurs au Canada, elles nous ont permis de nous donner des outils qui nous ont grandement aidés et qui continueront à assurer notre épanouissement.
Ce congrès nous donnera l’occasion de partager nos expériences et nos pratiques et, à cet égard, j’aimerais au cours des prochaines minutes vous brosser un rapide portrait des points saillants de l’éducation en français au Nouveau-Brunswick.
Une des plus importantes caractéristiques du système scolaire du Nouveau-Brunswick est ce qu’on appelle la dualité. La dualité constitue un levier fondamental de l’épanouissement de la communauté francophone et acadienne du Nouveau-Brunswick et s’inscrit donc parmi les plus importantes avancées en matière d’éducation. La dualité signifie que chaque communauté linguistique officielle dispose de son propre réseau d’écoles primaires et secondaires. La dualité s’accompagne également d’une gestion partagée du système scolaire.
Ainsi, au sein du ministère de l’Éducation, on trouve donc deux secteurs linguistiques parallèles, dotés chacun d’un sous-ministre. Chaque secteur linguistique est responsable de ses propres programmes d’études et d’évaluation. Par ailleurs, à l’échelle de la province, on trouve cinq conseils d’éducation de district scolaire francophones qui permettent aux parents francophones de prendre part à la détermination des grands objectifs du système scolaire. Enfin, le personnel des cinq districts francophones veille à la bonne marche des écoles. L’éducation en français au Nouveau-Brunswick est également appuyée par la Faculté d’éducation de l’Université de Moncton. Fait à noter, ici au Nouveau-Brunswick, les enseignants et enseignantes francophones ont leur propre association professionnelle.
La dualité illustre bien l’importance de disposer des outils appropriés pour assurer notre épanouissement. Ici comme ailleurs au Canada, bien ancrer la langue et la culture dans le cœur et l’esprit de nos élèves constitue un défi de taille qui passe par une étroite collaboration entre l’école et son milieu. Inculquer un sentiment de fierté envers la langue et la culture francophones relève aussi d’une chimie particulière qui repose sur des connaissances, des pratiques et surtout une passion pour notre langue.
Au Nouveau-Brunswick, nous avons adopté plusieurs mesures pour atteindre cet objectif. Tous nos cours comportent deux résultats d’apprentissage transdisciplinaire liés directement à la langue et à la culture. Ces résultats sont : 1) communiquer clairement dans une langue juste et appropriée selon le contexte; 2) savoir apprécier la richesse de son patrimoine culturel, affirmer avec fierté son appartenance à la communauté francophone et contribuer à son essor.
Comme je vous le disais plus tôt, inculquer un sentiment de fierté envers la langue est un défi de taille et sa réalisation passe par de forts partenariats. À cet égard, nous travaillons étroitement avec les conseils d’éducation de district, l’AEFNB, les parents, les jeunes et l’Université de Moncton. Ainsi, chaque année, en collaboration avec les districts scolaires et plusieurs autres partenaires, nous organisons la Semaine provinciale de la fierté française. Au cours de cet événement qui se tient en mars, les élèves francophones célèbrent la langue française en participant à une multitude d'activités. Par ailleurs, depuis maintenant un an, des animateurs culturels travaillent dans nos écoles afin de promouvoir la langue et la culture.
Depuis quelques années, nous tentons également de renforcer les liens entre l’école et son milieu afin de favoriser une meilleure promotion de la langue et de la culture. Ainsi, en collaboration avec Patrimoine canadien et les districts scolaires, nous avons mis en œuvre le projet pilote L’école au cœur de la communauté. Cette recherche-action entamée au sein de cinq écoles de la province vise à changer la culture organisationnelle de nos écoles en expérimentant et en documentant les nouvelles façons de faire qui ont un impact positif sur l’appui de la communauté à son école, la construction identitaire des élèves, la performance académique des élèves, le nombre d’élèves fréquentant les écoles francophones et l’ouverture de l’école à sa communauté. Le projet se veut organique dans son approche. Ainsi, d’autres écoles emboîteront le pas au fur et à mesure que des approches gagnantes se dégageront.
Un autre partenariat intéressant est celui établi avec la Fédération des caisses populaires acadiennes, le réseau de coopératives financières au Nouveau-Brunswick. Ce partenariat porte sur le programme Lire, découvrir et grandir dont l’objectif est d’appuyer les enfants dans leur apprentissage de la lecture.
Et parlant de partenariats, je m’en voudrais de passer sous silence l’apport des trois centres scolaires et communautaires dans la promotion de la langue et de la culture en milieu minoritaire. À l’instar des autres centres scolaires communautaires qu’on retrouve un peu partout au Canada, les centres de Fredericton, Saint-Jean et Miramichi jouent un rôle central dans la vitalité des communautés francophones en milieu minoritaire. Ces centres permettent bien sûr aux familles d’éduquer leurs enfants en français. Mais ils font plus : ils leur donnent un espace de rencontre, un lieu d’épanouissement, un port d’attache.
Tout comme les autres provinces canadiennes, le Nouveau-Brunswick fait face à des défis très importants. La diminution des effectifs scolaires, la nécessité d’accroître le rendement scolaire de nos élèves, l’importance d’assurer l’intégration adéquate des jeunes élèves provenant de familles exogames ne sont que quelques-uns des défis auxquels nous sommes confrontés. Pour les relever et à l’instar d’autres provinces, nous avons adopté d’importantes mesures, notamment : 1) l’embauche de nouveaux enseignants qui oeuvrent dans des domaines ciblés, tels que la littératie en début de scolarité; 2) une utilisation accrue des nouvelles technologies de l’information et des communications (cours en ligne, utilisation d’ordinateurs portables); 3) un accroissement des activités liées à la francisation des élèves provenant de familles exogames.
Nous comptons également sur des activités comme ce congrès pour renforcer nos liens avec nos partenaires ailleurs au Canada et tirer profit des expériences et pratiques des autres provinces.
Tous les intervenants en éducation ont un objectif commun, la réussite scolaire de nos élèves. En fait, le consensus est facile à obtenir au sein du monde de l’éducation! Mais pour nous, francophones, cette réussite comporte aussi une dimension culturelle importante, voire vitale : une construction identitaire forte et bien ancrée. Voilà le défi que nous devons relever et l’ACELF constitue un véhicule privilégié pour nous aider à atteindre cet objectif.
Ce congrès est beaucoup plus qu'un temps d’échange et de réflexion; c’est l’occasion de consolider nos alliances et de nous engager dans un projet destiné à appuyer l’essor de l’identité francophone partout au Canada. Plus que jamais, l’avenir du français au Canada repose sur une solidarité entre tous les francophones du pays. Nous ne pouvons faire l’économie de cette solidarité.
Chaque province, chaque territoire est riche d’une expérience particulière qui peut nous aider tous à favoriser l’essor du français chez nous. Notre langue, c’est l’instrument le plus beau, le plus noble dont nous disposons pour communiquer. C’est la voie privilégiée par laquelle s’expriment nos inspirations, nos sentiments et nos pensées. Notre langue nous définit et définit notre rapport au monde. Nous sommes les dépositaires d’un précieux héritage; travaillons ensemble afin que cette belle langue, le français, rayonne encore plus d’un océan à l’autre.
Oui, plus que jamais, la construction identitaire est notre projet de vie.
Merci et bon congrès !
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