Semaine nationale de la francophonie

Histoires collectives
Introduction Développement 1 Développement 2 Conclusion et titre

Daniel Marchildon
Ontario
Auteur

École Des Pionniers
Saint-Augustin-de-Desmaures, Québec
5e année

École Des Pionniers
Saint-Augustin-de-Desmaures, Québec
5e année

École élémentaire catholique Ste-Madeleine
Toronto, Ontario
Autre


Les aventures du sac de plastique

Jamais je n’aurais imaginé me trouver un jour devant un tel danger. Le vent du matin se mettra bientôt à souffler. C’est lui qui décidera si je vais disparaître ou poursuivre mon aventure. S’il descend du nord, il me précipitera dans le fossé qui entoure la maison en construction à une vingtaine de mètres devant moi. Là, je serai enterré par un bouteur qui fait le remplissage. Je mettrai plus d’une centaine d’années à me décomposer. On ne me retrouvera peut-être jamais.

J’espère que, par bonheur, la brise arrive d’une autre direction. Dans ce cas, mon plastique déteint se gonflera d’air. Le vent me transportera vers encore un autre voyage. Il sera probablement aussi incroyable et surprenant que tous les autres qui m’ont amené jusqu’ici.

Pauvre sac de plastique que je suis, j’ai vécu tellement de péripéties depuis un an. Aujourd’hui, je suis sale et fade. Mes longues déchirures me font trembler au moindre courant d’air. Pourtant, je tiens encore à cette drôle de vie marquée par ses hauts et ses bas, ses surprises épatantes et ses profondes déceptions. Je ne veux pas qu’elle se termine ici. Surtout pas si bêtement.

L’herbe haute qui m’entoure commence à s’agiter. La brise s’élève. De quel bord vient-elle? Mon destin, c’est un nouveau trajet — ou la disparition.

Un an plus tôt…

Content de moi, je sors du magasin en volant et en courant dans le stationnement. « Plus rien ne m'arrêtera », me dis-je, enjoué, de mon exploit. Je déteste être dans la cave de sacs en plastique et attendre que l'on me prenne et m'utilise. « Tout ça, c'est du passé », me dis-je, prêt à reprendre ma vie en main.

Décidé, je regarde le centre-ville en me disant que dans un futur proche, j'y serai. Prêt, je m'équipe et vole dans les airs. Aujourd'hui, le 3 septembre 2012, je m'élance. Commençant mon trajet par l'autoroute, je vole au-dessus des problèmes.

Arrivé à la sortie que je dois prendre, prêt à tourner, le vent m'en empêche. Que faire? Je résiste de toutes mes forces. OUF!!! J'ai failli me prendre la roue dessus. Arrivé à ma première destination, le centre d'achat, une dame me saisit et m'entraîne avec elle disant « Ah! J'ai besoin de toi, cher sac ». Encore et encore je vais être utilisé. Vous savez que pour un sac de plastique, c'est un beau compliment.

Arrivé à ma prochaine demeure, je suis déposé et vidé de tous mes joujoux, prêt à aller me reposer. Mon maître me dépose sur le bureau de son enfant. Je suis anxieux de savoir ce qui m'arrivera.

Il est trois heures quarante-cinq, la porte s'ouvre en claquant, j'ai peur. Un jeune enfant apparaît devant moi! On m'entraîne dans la cuisine et on me remplit de savon à vaisselle, de colorant, d’un pot de lait, d’huile et d’une cuillère. Ensuite, on me dépose sur le sol près de la table à manger. Que c'est inconfortable! On a bien le droit d'être confortable même si on n’est qu'un pauvre sac de plastique, n'est-ce-pas?

Le lendemain matin, fameux réveil chez les Bertrand. On me prend comme si je brûlais. J'ouvre un œil, il est six heures! On me saisit brusquement et on m'entraîne vers l'entrée, je me réveille. Où suis-je? Que fais-je ici?

J'entends une madame parler, elle explique les règles d'une présentation orale. Maintenant, je comprends tout. Deux mots me viennent à l'esprit « À L'AIDE »! Mais oui, personne ne m'entend.

On me vide de mon bric-à-brac et on joue avec moi. Enfin, faites un peu attention (d'après moi c'est parce que l'enfant de mon maître est vraiment stressé, parole de sac en plastique!) C'est le tour de mon sous-maître. Il me vide et se prépare à parler. Au moins, je ne suis pas le centre d'attention. Le tour de mon sous-maître passe, je trouve que sa présentation sur les feux d'artifices dans le lait est une idée géniale. Il finit son tour et me laisse là. Que faire? Une nouvelle aventure m'appelle mais pour l'instant…

Après m'avoir laissé seul, on m'a transporté jusqu'ici et maintenant, je suis seul dans les corridors de l'école déserte. J'entends un craquement. Un professeur ayant oublié ses documents marche en ma direction. Je crie de toutes mes forces de sac en plastique : « À l'aide! » pour qu'elle me remarque. Mais malheur, elle part sans même me jeter un coup d'œil Dommage…Elle marche vers sa classe avec assurance.

Je ne peux quand même pas rester ici toute la nuit sans rien manger. J'ai faim... J'ai soif... Je veux qu'on me transporte, je suis enfermé comme un pauvre sac dans une cave à sac de plastique. Maintenant, il ne me reste plus qu'à croiser mes doigts de plastique. D'ailleurs demain, le petit garçon ne se souviendra plus de moi. Et je serai jeté à la poubelle et je serai sûrement recyclé comme ma famille est déjà passée par là avant moi.

Le lendemain matin, je me réveille en sursaut, et c'est de la faute de cette maudite cloche. Une nouvelle journée commence pour moi. Quelques minutes après ce léger incident, les élèves circulent sans s'arrêter. Aucun de ces enfants ne me remarque. Ils passent comme si de rien n'était. Quelle impolitesse!!! AHHHHHH!!!! BOOUUUUUMMMM!!! Je m'écrase sur le sol de l'école des Beaux Chemins. Je me fais écraser de tous les côtés. Qu'est-ce que j'ai fait pour subir ça? J'ai mangé trop de biscuits? Je suis trop gros? J'ai fait trop de bêtises dans ma cave de sac en plastique? NOOONNNNN…

Après quelques minutes, le corridor est vide. Les enfants sont à la récréation. Tout à coup, je sens une main qui me ramasse. C'est le concierge. Il m'emmène à l'extérieur et me jette dans la poubelle.

Soudainement, j’entends un ballon frapper la poubelle. BOOOUUUM! La poubelle tombe et je me retrouve par terre. Un coup de vent vient et me soulève haut dans le ciel. Je me promène pendant quelques temps lorsque tout à coup le vent cesse. Je tombe rapidement et j'atterris dans l'herbe haute. Je suis dans cette herbe et j'attends.

La brise s'élève. De quel bord vient-elle? C'est un vent qui vient de l'ouest. Le vent me soulève et me prend encore une fois dans le ciel. Le vent me pousse loin de l'herbe, loin des maisons et loin de la plage. Je me retrouve maintenant au-dessus de la mer. Graduellement, le vent baisse et je descends vers la mer. J'atterris sur l'eau. Tout autour de moi, je vois des vagues. Les vagues me remplissent d'eau et lentement je coule vers le fond. Je descends de plus en plus et tout autour de moi devient noir. Mon aventure est terminée.

 

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