Semaine nationale de la francophonie

Histoires collectives
Introduction Développement 1 Développement 2 Conclusion et titre

Nadine Mackenzie
Ouest et territoires
Auteure

École Camille-Vautour
Saint-Antoine,
Nouveau-Brunswick

6e année

École de la Ruche
Lévis, Québec
2e année

École Sainte-Famille
Mississauga, Ontario
7e année


La pollution et non le monstre

Ce soir-là, à la table du dîner, Pierre était non seulement silencieux, mais un peu pâle. Sa mère, Sonia, lui servit des légumes dans son assiette et remarqua :

- Ça ne va pas?

- Non, répliqua Pierre, cet après-midi, avec mes amis, Laurent et Michel, nous faisions une promenade en bicyclette près du lac, comme tous les jours. Nous avons vu un monstre. Je crois que c'était Ogopogo!

Il y a, paraît-il, en Colombie-Britannique, dans le lac Okanagan, un monstre appelé Ogopogo qui y habite depuis très longtemps. Beaucoup de gens disent l'avoir vu.

- Voyons, dit Sonia en riant, les monstres n'existent pas!

- La moitié de la population canadienne croit aux monstres, déclara Claude, le papa de Pierre, en s'essuyant la bouche. Depuis des siècles, on raconte qu'il y a des monstres dans beaucoup de lacs et de fleuves à travers tout le Canada.

- Ce monstre, de quoi avait-il l'air? Il était gros et grand?, questionna Henri, le jeune frère de Pierre, très intéressé. Il était menaçant? Il faisait du bruit? Il était silencieux? Il était sorti de l'eau? Il était...

Pierre l'interrompit de la main. Il ne pouvait pas manger et semblait mal à l'aise :

- Il avait l'air d'un énorme serpent, avec de petites oreilles. Il était long, gros et tout vert. Sa queue frappait très fort la surface de l'eau. Il nous regardait fixement. Laurent a eu si peur qu'il ne pouvait plus parler. Michel et moi sommes tombés de bicyclette et...

- Oh! C'est bien Ogopogo, fit Henri avec enthousiasme. Il peut être gentil ou très méchant. J'ai lu des tas d'histoires sur lui.

- La prochaine fois que vous le voyez, ignorez-le, dit Maman.

- Non, non, s'exclama Henri, Ogopogo déteste qu'on l'ignore. Il faut lui parler et lui demander ce qu'il veut. Mais s'il est de mauvaise humeur, il faut faire très, très attention.

Pierre réfléchissait très fort sur ce qu'il allait faire. Le lendemain, alors que les trois garçons se rencontraient à l'endroit habituel, il leur annonça...

Après le souper, Pierre monte dans sa chambre pour faire une recherche sur l'internet pour en apprendre davantage sur le monstre Ogopogo. Après avoir trouvé plus d'informations sur le sujet, il décide d'attendre au lendemain à l'école pour discuter avec ses amis de son plan pour revoir Ogopogo.

Pierre se couche et rêve du monstre du lac Okanagan qui le poursuit et qui veut le dévorer. À son réveil, Pierre mange son petit déjeuner vite comme l'éclair et se précipite à l'école pour informer ses amis de ses nouvelles découvertes au sujet de ce monstre mystérieux. Pierre veut à tout pris découvrir si Ogopogo vit vraiment dans ce lac.

En arrivant à l'école, Pierre court rejoindre ses amis. D'un ton pressé, Pierre commence à expliquer à ses amis tout ce qu'il a appris concernant le monstre du lac.

- Pourquoi n'allons-nous pas surfer sur le lac Okanagan? Peut-être que nous aurons la chance de voir de plus près Ogopogo, dit Laurent.

- Excellente idée, s'écrient en chœur Michel et Pierre.

Dring!!!! La cloche sonne. Les trois amis se précipitent vers la porte. Ils courent à toute vitesse, direction le lac. En chemin, ils s'arrêtent à la boutique de location de planche et louent trois planches pour une durée de 2 heures. Ensuite, ils poursuivent leur route en marchant rapidement.

Arrivés à destination, les trois amis sautent sur leur planche et ils commencent à chercher Ogopogo. Après une heure de surf, les trois amis ne trouvent toujours pas le monstre du lac.

- Je crois qu'on a rêvé hier lorsqu'on a cru voir Ogopogo, dit Laurent.

Tout à coup, les enfants remarquent une forme bizarre sortir du lac. À la vue de cet être du lac, les enfants lâchent des cris de peur et sortent en courant du lac.

- Je n'ai jamais eu aussi peur de ma vie, dit Michel d'une voix tremblante.

Les amis décident d'affronter leur peur et de retourner dans le lac. Comme par magie, Ogopogo avait disparu.

- C'est vrai, j'ai oublié de vous dire que ce monstre d'eau douce ne veut avoir aucun contact avec les humains. Il a peur des gens. Chaque fois qu'il voit des gens, il se cache aussitôt, dit Pierre.

- Ogopogo, nous sommes gentils et nous voulons être tes amis, crient les trois braves amis.

Ogopogo fait son apparition en échappant un grognement effrayant.

Aurait-il compris ce que les trois braves ont dit? Comprend-il le français? Les trois garçons se demandent bien pourquoi Ogopogo continue de grogner ainsi. S'il ne voulait pas voir d'humain, il n'avait qu'à rester sous l'eau.

Tout à coup, Pierre remarque que le monstre bouge bizarrement sa nageoire gauche. Il regarde attentivement et il voit une grosse coupure. Elle saigne un peu. Pierre montre la blessure à ses amis pendant qu'Ogopogo crie toujours. Les trois garçons disent à Ogopogo qu'ils vont l'aider.

Michel remarque un drap suspendu à une corde à linge sur la rive. Il propose son idée aux garçons. Ses deux amis acceptent. Laurent et Pierre restent avec la bête et Michel retourne sur la plage où il court chercher le drap et des épingles à linge. Avec ce matériel, il retourne voir Ogopogo dans l'eau et il fabrique un pansement au monstre marin. Ce dernier se calme un peu.

Pierre se dit qu'il faudrait peut-être faire examiner la blessure par sa mère qui est vétérinaire. Mais comment amener sa mère voir un monstre qui n'existe pas selon elle?

Pierre est sorti de ses pensées par les sirènes d'une voiture de police. La dame à qui appartient le drap vient de signaler le vol. Ogopogo se cache sous l'eau apeuré par le bruit. Les trois garçons se sauvent.

Les policiers ne courent pas après eux, car ils sont trop impressionnés par ce qu'ils ont vu. Ainsi, le monstre du lac existe vraiment? Ils font un appel à toutes les unités et demande les plongeurs afin de retrouver la bête.

Arrivés à la maison de Pierre, les trois amis doivent expliquer à Sonia pourquoi ils arrivent si essoufflés. Ils ouvrent la télévision et la maman de Pierre n'a d'autre choix que de croire en l'existence du monstre. Pierre veut qu'elle aille examiner Ogopogo, mais les policiers font des recherches partout sur et sous le lac.

Vers 20 heures, les recherches sont abandonnées. La police a déjà dépensé trop d'argent afin de retrouver le monstre. Les journalistes partent couvrir une autre histoire. C'est le moment pour Pierre, ses amis et sa mère d'essayer de retrouver le blessé.

La mère de Pierre prépare soigneusement sa trousse. Ils partent avec le canot sur le toit de la voiture et ils se rendent au lac. Ils mettent le canot à l'eau. Les trois amis appellent Ogopogo.

- Nous venons te soigner. La mère de Pierre est médecin pour les animaux, disent-ils en chœur.

Tout à coup, une tête sort de l'eau. C'est le monstre! Sonia a un peu peur, mais elle prend son courage à deux mains et la nageoire pour l'examiner.

Lorsqu' elle toucha le monstre, elle se sentit étourdie et s'évanouit.

- Sonia! Sonia, réveille-toi!, dit Pierre.

Lorsqu'elle se réveilla, elle se retrouva avec des taches rouges sur tout le corps. Pierre appela alors l'ambulance. À peine 10 minutes plus tard, les ambulanciers arrivèrent et Sonia put recevoir les soins adéquats.

À l'hôpital, les docteurs informèrent Sonia que son infection était due à un contact avec des polluants toxiques. Pierre avisa les services sociaux qui décidèrent d'examiner l'eau du lac. Ils réalisèrent que la pollution était telle qu'elle entrainerait l'apparition de maladies sévères dans la communauté.

La communauté blâma le monstre pour avoir fait la pollution, mais ce sont les hommes qui en étaient responsables et non le monstre, lui n'était qu'une malheureuse victime dans cette histoire. Pour sauver son nouvel ami, Pierre convainquit son père, un journaliste de renom dans la région, pigiste pour le journal local, d'écrire un article prouvant que le monstre n'existait pas et que cela était seulement un tour joué par des enfants.

 

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