Semaine nationale de la francophonie

Histoires collectives - Volet Primaire et secondaire
Introduction Suite et titre

Daniel Marchildon
Ontario
Auteur

École Sainte-Marguerite Bourgoeys
Brantford, Ontario
5e année

Une aventure inoubliable

 

INTRODUCTION

— On va gagner le Flambeau? nous demande Luc, le chef de notre délégation aux Jeux de la francophonie canadienne (JFC).
— Ouiiii! résonne la centaine de voix unies de l’équipe de ma province.

À ma droite, Sophie lance son ballon-volant dans les airs et, à ma gauche, Ali lève sa raquette de badminton. Pour remporter le Prix du Flambeau, nous devrons accumuler le plus haut pointage au classement général. Je ne suis pas sûre que nous y parviendrons.

Nous sommes arrivés hier à Moncton, la ville hôte de cette septième édition des JFC. Pendant les cérémonies d’ouverture, j’ai vu défiler les 1 000 participants, âgés de 13 à 18 ans. Tous les territoires et provinces du Canada y participent.

Je devrais être euphorique. Cependant, je me sens angoissée. Demain matin, les 70 épreuves dans les trois disciplines – sports, arts et leadership – commencent. Est-ce que je vais être à la hauteur?

********

Mes yeux parcourent l’horaire des cinq jours d’épreuves. Je suis inscrite aux compétitions de chanson en solo et d’improvisation en équipe. Je vois mon nom : Roxanne Lafortune, musique, à 15 h 15.

Ça me laisse quatre heures pour assister à quelques compétitions. Sur le terrain des jeux, des athlètes et des artistes jouent et travaillent avec un bonheur presque palpable. Je remarque des gens de souches diverses – africaine, asiatique européenne, etc. – et toute une gamme d’accents : québécois, français, franco-manitobain, acadien…

Mon coéquipier Ali dispute une joute de badminton contre un Franco-Terre-Neuvien. J’ai de la difficulté à me concentrer sur le match. Je pense aux trois chansons que je dois interpréter cet après-midi, deux de mes propres compositions et Mètres de mon être de Damien Robitaille.

Je me souviens de ce jour-là, voilà quelques mois, où je suis allée sur le site des Jeux de la francophonie canadienne. Dans les albums de photos, j’ai vu celle de Damien prise au Gala des arts des JFC de 2014. L’histoire du chanteur franco-ontarien m’a inspirée à poser ma candidature aux JFC. Comme moi, son père est francophone et sa mère est anglophone. Il s’est épanoui comme un artiste de langue française. Qu’est-ce qui m’empêche d’en faire autant?

La partie de badminton se termine. Ali salue le vainqueur avec une chaleureuse accolade. Au moment de féliciter Ali d’avoir bien joué, je ne peux pas m’empêcher de lui demander :

— T’es pas déçu?

Sa réponse négative et son sourire m’énervent.

— Si nous perdons nos épreuves les unes après les autres, on n’arrivera jamais à remporter le Flambeau!

Le sourire d’Ali s’efface.

— Moi, je suis ici surtout pour avoir du fun et me faire des amis francophones. Pas toi?

Il n’attend pas ma réponse et s’éloigne.

Plus tard, un quart d’heure avant mon épreuve, les organisateurs affichent un premier classement. Ma province se trouve en huitième place!

Il faut que je chante comme un ange. Et demain, je participe à la joute d’improvisation de notre équipe contre les Fransaskois. Une boule se forme dans mon estomac.

 

SUITE DE L’HISTOIRE

Il est maintenant 15 h 10, il ne reste que 5 minutes avant mon épreuve de musique. La boule dans mon estomac a grandi au point que je me sens comme si j’allais vomir. Deux minutes avant que je monte sur l'estrade, Ali vient me donner des mots d'encouragement.

Ne t'inquiète pas des résultats, n'oublie pas d'avoir du plaisir et chante de ton mieux.
Merci Ali, je vais essayer.

L'annonceur m'appelle sur l'estrade. Je prends deux grandes respirations. La musique commence. Je chante ma première composition « Tout autour du Canada ». La foule applaudit et la boule qui était dans mon estomac commence à disparaître. Je commence ma deuxième composition et je termine avec la chanson de Damien Robitaille. La foule applaudit si fort que je pensais que le toit allait s'effondrer. Les juges me disent que je chante comme un ange qui est descendu du ciel.

Deux heures plus tard, les organisateurs affichent un deuxième classement. Ma province se retrouve maintenant en cinquième place. Tout le monde me félicite d'avoir si bien représenté notre équipe et d'avoir augmenté notre classement. J'assiste à plusieurs activités pendant le restant de la journée et j'encourage tous les membres de notre équipe. Demain, ce sera mon tour encore une fois à marquer des points pour ma province. Cette fois-ci c'est un match d'improvisation.

C'est maintenant l'heure de notre match d'improvisation. L'arbitre annonce les deux équipes qui vont s'affronter. Nous jouons contre les Fransaskois. Le sifflet raisonne. C'est le moment pour la première improvisation. Notre première improvisation sera, une improvisation mixte, qui a comme thème, « les moutons bleus ». Catégorie, sans frontière. Nombre de joueurs, 3 joueurs par équipe. Durée, 35 secondes. Mon équipe commence le caucus. Nous échangeons nos idées. Le sifflet marque la fin de notre caucus. L'arbitre annonce le début du match. Mes équipiers démontrent leur créativité et nous remportons le premier point. Après plusieurs improvisations, le pointage final était 5-5. Mon équipe est un peu déçue, mais nous avons changé d'humeur rapidement lorsque nous avons assisté aux matchs de leadership. Notre équipe a tellement bien réussi.

C'est finalement le moment de la cérémonie de clôture. L'annonceur déclare la 3e place. L'équipe du Manitoba remporte la médaille et éclate de joie. C'est maintenant le tour d'annoncer la 2e place. La boule dans mon estomac revient. Je suis tellement angoissée d'entendre les résultats. Mon équipe a tellement bien joué que j'aimerais retourner en Ontario avec le Flambeau. L'annonceur prend le micro. Mon équipe gèle et le gymnase devient silencieux en attendant son message.

En deuxième place, nous avons Les Franco-Ontariens!

Mon équipe court sur l'estrade. Il nous remet nos médailles d'argent. Nous sommes tellement fiers et contents de notre résultat. Nous avons eu tellement de plaisir que nous pleurons de joie d'avoir si bien représenté notre province. L'annonceur prend parole encore une fois.

En première place? Nous avons les Franco-Terreneuviens.

En entendant la nouvelle, je me rappelle que c'était l'équipe qui nous avait battus lors du match de badminton. Nous les félicitons pour leur belle victoire avant de quitter pour la grande route à la maison. Nous voilà tous rassemblés devant les portes de sortie pour prendre l'autobus. Tout à coup, il y a un message à l'interphone. La foule givre.

Nous avons un message très important. S.V.P dirigez-vous au gymnase rapidement.

Encore une fois nous nous retrouvons dans le gymnase coincé avec tous nos bagages en attendant avec suspense l'annonce très importante. Un homme, en habit propre, monte sur l’estrade. C'est le directeur du tournoi des Jeux de la francophonie canadienne. La foule garde le silence. Le directeur prend la parole.

Merci d'avoir pris le temps de revenir dans le gymnase. Il est venu à mon attention, qu'il y a eu une erreur de calcul. Alors, le vrai gagnant du tournoi est?? LES FRANCO-ONTARIENS!

Je regarde Ali et nous échangeons un sourire. Nous courons tous sur la scène et nous prenons une photo de groupe avec le Grand Flambeau. C'était une aventure inoubliable.


Imprimer la version PDF >>