Semaine nationale de la francophonie

Histoires collectives
Introduction Développement 1 Développement 2 Conclusion et titre

Bryan Perro
Québec
Auteur

École Saint-François-d'Assise
Montréal, Québec
3e année

École St-Justin
Montréal, Québec
3e année

ÉcoleSt-René-Goupil
Guelph, Ontario
6e année

Ferrero

Je me souviens encore du moment où mes yeux admirèrent pour la première fois Ragnarök. L'immense dragon avait la peau couverte d'écailles et quatre pattes munies de doigts puissants. Une longue queue serpentine, une tête reptilienne couronnée d'une paire de cornes, des ailes membraneuses et des grandes dents effilées comme des
couteaux complétaient le tableau.

Mes yeux se fixèrent sur sa gigantesque mâchoire capable de gober d'un seul coup un cheval tout entier. Devant ce spectacle, mon sang ne fit qu'un tour et mon cœur commença à s'affoler dans ma poitrine. Heureusement, je n'avais pas attiré son attention.

Je savais que je n'arriverais pas à maîtriser cette bête avec mes seuls pouvoirs. J'allais devoir trouver une ruse afin d'attirer son attention pour lui offrir la pièce d'or que m'avait confiée Augure de Verbouc. Je savais que cette pièce allait faire apparaître un trésor maudit qui condamnerait le dragon à mort en quelques heures seulement.

Je savais que ce monstre avait une maîtrise parfaite du feu et qu'il pourrait à tout moment nous faire griller en moins d'une seconde. Mais Ragnarök tomba dans le piège et nous quittâmes la grotte en emportant son œuf.

Nous n'avions malheureusement pas vu qu'elle en couvait un deuxième.

+++

L'œuf que nous transportions était si lourd et gluant qu'il nous glissa des mains. Crac! L'œuf se cassa et un dragonneau en sortit. Il lui manquait une patte et une aile car il n'était pas encore tout formé. Pour l'aider, je fis pousser son aile avec un peu de magie. Mon compagnon Augure de Verbouc lui fabriqua une patte en acier.

Tout à coup, le petit dragonneau s'exclama: «PAPA! MAMAN! » et nous couvrit de bisous baveux. Nous décidâmes de l'appeler Ferrero. Pendant ce temps, l'autre œuf solitaire avait éclos. Ce deuxième dragonneau regarda autour de lui et ne vit qu'une roche qu'il prit pour ses parents. Il poussa sur celle-ci et elle émit un petit bruit. Il pensa qu'on venait de l'appeler Scrouch! Les années passèrent et Schrouch devint un être cruel et égoïste. Rien ne l'arrêtait car il n'avait personne pour lui faire prendre conscience de ce qui était bien ou mal.

+++

J'étais sur le dos de Ferrero, nous survolions le village quand tout à coup, je vis une écurie qui s'enflamma. Vite, nous nous approchons pour éteindre le feu. Grâce à mes pouvoirs, je fis tomber de la pluie des nuages.

À ce moment, je vis un dragon sortir de l'écurie en défonçant la porte, un cheval grillé et noirci dans sa mâchoire. Soudain, ce dragon s'en alla enflammer trois maisons sans raison car il était cruel et égoïste. Heureusement, les pompiers arrivèrent.

Ferrero et moi essayèrent de calmer ce dragon en lui parlant avec des signes. Mais ce dragon s'énerva encore plus. Il cracha une boule de feu rouge tomate qui fit fondre la patte d'acier de Ferrero.

C'est alors que j'eus l'idée de faire tomber de la pluie verglaçante. Ce qui eut comme résultat de tout figer : le feu et le monstrueux dragon fou. Mais la glace ne durera pas longtemps. Nous devrons trouver une autre solution.

+++

Pour quelques instants, nous pensâmes… Je fis signe à mon ami de s’en aller avec Ferrero et ils partirent. Je solidifiai l’acier et je la formai en épée.

Ensuite, j’attendis Scrouch. J’ai vu enfin une fissure qui libère le dragon de sa prison glaciale. Scrouch prit quelques instants pour récupérer sa mémoire et recommença la destruction dans le village. Je pris une bouchée d’air et puis je chargeai vers le dragon comme un taureau à la corrida!

J’enfonçai mon épée dans la jambe du dragon qui poussa un cri perçant à l’oreille. Furieux et enragé, le dragon me frappa avec sa grande patte musclée. Je n’y pouvais rien, il était trop fort et puis je n’avais plus de force à me battre.

Le majestueux dragon cracha une énorme boule de feu pour en finir avec moi. Je sentais la chaleur monter et brûler ma peau et puis, plus rien…

J’ouvris les yeux et je vis un grand et majestueux dragon orné d’une armure et d’une patte en titanium  plantée devant moi.

- Ferrero, criai-je de joie!

- C’est moi qu’il cherche. Sans moi, il ne partira jamais et causera encore plus de mal envers le village, dit Ferrero avec courage.

Ferrero avança et s’agenouilla à la merci de Scrouch. Le dragon hideux n’eut aucune pitié pour son frère et l’enflamma d’un feu bleu.

Il était mort. Immobile. Mort....

Son confrère sadique, l’air satisfait, jura de ne plus terroriser le village et partit vers l’horizon sans plus jamais retourner l’œil.