Semaine nationale de la francophonie

Histoires collectives

Introduction Développement 1 Développement 2 Conclusion et titre

Jean Fahmy
Ontario
Auteur

École catholique
Jacques-Cartier
Kapuskasing, Ontario
2e année

École catholique
Laurier Carrière
Ottawa, Ontario
1re année

École Camille-Vautour

Saint-Antoine, Nouveau-Brunswick

2e année

L'aventure étrange dans la forêt

Oncle Réal cognait rapidement deux cuillères l’une contre l’autre, tandis que les dix ou douze adultes présents – des parents, des voisins – chantaient à tue-tête: « Auprès de ma blonde, qu’il fait bon, fait bon, fait bon … ». 

Maman avait été bien fière de préparer le repas de l’Action de grâces: il y avait eu la dinde, le cipaye à la mode du Saguenay, la recette magique et secrète de sa tarte… Nous avions bien mangé, et les adultes levaient leurs derniers verres de vin en riant et en chantant.

Le tout avait commencé deux semaines auparavant. Papa était revenu à la maison tout excité et maman lui avait dit :

- Dis-donc, Peter, tu as l’air bien content. Que se passe-t-il donc?

- Sweetie, a répondu papa, tu ne devineras pas qui m’a envoyé un courriel.

Papa parlait en anglais à maman, comme d’habitude. Maman – comme d’habitude aussi – s’adressa à lui en français :

- Si je ne le devine pas, c’est que tu vas me le dire.

- C’est Kevin. Et devine ce qu’il m’annonce.

Kevin est le frère aîné de papa. Il vit à Calgary. Il nous annonçait sa visite prochaine. Papa a précisé :

- Il me dit que cela fait longtemps qu’ils veulent nous visiter, et admirer notre coin de pays en automne. Debbie et lui vont donc profiter de la longue fin de semaine de l’Action de grâces pour venir passer cinq jours chez nous, avec leurs enfants.

Nos cousins étaient donc arrivés la veille, avec leurs parents. Ils semblaient intimidés devant tous ces gens qui chantaient et riaient. À la fin du repas, maman nous a pris de côté, mon frère Samuel moi, pour nous demander de nous occuper d’eux.

Samuel a treize ans et un début de moustache dont il est très fier, même si moi je ne vois rien; il marmonne :

- J’vas voir avec Amélie (Amélie, c’est moi, et j’ai huit ans).

Il se tourne vers moi :

- As-tu des idées? On peut, bien sûr, les emmener au musée, ou encore admirer les feuilles rouges dans le Parc… Mais il nous faut autre chose, quelque chose qui soit ben l’fun. Il leur reste deux jours à passer avec nous. As-tu des idées?

« Oui, j'ai une bonne idée! dit Amélie. On pourrait aller à la chasse à l'orignal. On va prendre le six-roues de papa et le quatre-roues de pepère. Et n'oublie pas d'apporter ton arc! »

Maintenant, on peut partir. En arrivant dans le bois, il y a un loup. Les cousins ont très peur. Samuel sort l'arc et les flèches. Le cri des cousins fait peur au loup et il s'en va. On retourne sur le sentier en cherchant un orignal.

Après dix minutes, on rencontre d'autres chasseurs. On leur demande s'ils ont vu des traces. « Oui, il y en a beaucoup proche du lac. » On voit un arbre tombé dans le chemin. Le six-roues ne peut pas passer. Papa sort la scie mécanique et on coupe l'arbre et on peut passer. Après trois minutes, on voit enfin un orignal. Papa prend l'arc et une flèche et tire l'orignal.

Pour souper, ils mangent le filet mignon. Les cousins vont rapporter un beau souvenir : le panache de l'orignal.

Quelle bonne imagination!!! Déjà l'orignal est mangé. Le panache est extrait! Bravo Amélie! Malheureusement, ce n'était qu'une illusion! Papa a tiré sa flèche. L'orignal pousse un cri affreux. Il s'agenouille en hurlant!

Des deux véhicules, toute la famille se précipite pour aller découvrir l'animal en proie. Oh! Non! L'animal souffre. Il est attaqué à la jambe, la flèche a pénétré d'un bout à l'autre.

Papa nous interdit de s'approcher. Il demande à grand-papa de secourir la grosse bête. Nous nous demandons quel est le problème? Les cousins, mon frère et moi ne comprenons plus rien. Pourquoi secourir? Nous devons chasser et non secourir?

Samuel ose poser à papa sa petite question :

- Papa, va-t-on l'amener chez le boucher?

- Quelle grande erreur! Vous n'avez pas remarqué que le panache a disparu? Quelle faute! Quelle idiotie! On devrait s'assurer de son sexe avant de tirer. Aidez-moi à soulever la bête. Il faut absolument prendre toutes les précautions afin d'éviter toute hémorragie!

Grand-père, mes deux oncles et papa récupèrent la poulie. Ils nous demandent de se tasser dans l'autre véhicule et de libérer totalement la place pour l'orignal. On se dirige à toute vitesse vers la maison!

En chemin, grand-papa, vigilant, a répondu à toutes nos questions. Le manque de panache a fait toute une différence. L'erreur est bien regrettée car c'est le temps de reproduction pour cette sorte de bête sauvage. Il fallait, par la loi, s'assurer que c'était un mâle et non une femelle. Le filet mignon et le panache en souvenir se sont envolés…

Papa décide d'appeler les gardes forestiers pour savoir s'il doit contacter le centre Secours animal. Papa explique au garde leur grosse erreur. Ce dernier lui répond qu'il devrait téléphoner immédiatement afin de sauver la femelle orignal.

Peter fait l'appel chez Secours animal et parle au vétérinaire Marc. Ce dernier lui répond qu’il sera là dans vingt minutes. À son arrivée chez la famille de Kevin et Amélie, le vétérinaire met ses gants et sort une seringue. Il fait une injection à la femelle. Par la suite, il enlève la flèche de la patte blessée.

Plusieurs semaines plus tard, la femelle va beaucoup mieux. L'orignal est prête à retourner dans la forêt avec les animaux sauvages.

Quelle aventure Amélie et Kevin ont vécue avec leur famille!

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