Semaine nationale de la francophonie

Histoires collectives

École primaire Le Plateau
Montréal, Québec
6e année

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Suite de l'histoire...

Elle voyait dans la nuit noire, elle était tendue. Depuis cette lettre, plus rien ne semblait aller comme avant. Elle était bouleversée et dissipée en classe. Elle ne pensait qu'à cette lettre. Elle avait beau se dire que ce n'était rien, elle y pensait tout le temps. Que voulait dire cette personne en disant qu'elle était cruelle? Qui était cette personne qui se disait si près? Elle avait peur, elle ne comprenait pas.

Elle sortit de sa rêverie et se rendit compte qu'elle s'était beaucoup éloignée de son appartement et qu'il était tard. Elle se retourna et vit que le nom de la rue ne lui disait rien. Elle était perdue! Elle était seule dans une rue sombre et sentait une présence imposante. Elle se retourna, mais ne vit rien. Elle devait, coûte que coûte, retrouver sa rue et son appartement!

Elle se mit courageusement à la recherche d'un magasin ouvert qui pourrait la renseigner sur l'emplacement de sa maison. Elle vit la lumière chaleureuse d'un magasin et reprit espoir. Alors qu'elle se dirigeait vers le magasin, la lumière s'éteignit et son espoir aussi. Comment pourrait-elle retrouver sa maison à présent?

Soudain, une forte odeur de rose, suivie de bruits de pas, la fit sursauter. Elle se tapit dans l'ombre pour ne pas être vue. L'odeur lui rappela la missive et la poussa à en chercher l'origine. Protégée par la pénombre, elle sortit de sa cachette, bien décidée à suivre l'étrange personne. Elle marcha sur la pointe des pieds. Ses yeux commencèrent à s'habituer à l'obscurité et elle distingua bientôt que la personne qu'elle suivait était un garçon. Il était assez grand et il semblait avoir son âge. Elle le suivit, bien cachée, dans un dédale de rues interminable, pour se retrouver devant un bâtiment qu'elle connaissait bien, sa maison! Le garçon monta les marches et déposa quelque chose dans sa boîte aux lettres. Il descendit les marches et continua son chemin. Annabelle était stupéfaite.

C'était donc un garçon qui lui écrivait des lettres d'amour! Devrait-elle le suivre? Mais elle se ravisa aussitôt, quand elle se rappela que sa mère devait mourir d'inquiétude et qu'elle se ferait sûrement engueuler. Elle fourra la lettre dans sa poche et sonna à la porte. Sa mère, blanche comme un drap, lui sauta dans les bras en pleurant. Annabelle lui expliqua ce qui s'était passé, en demi-vérité, demi-mensonge. Ensuite, elles se réconcilièrent. Par contre, Annabelle avait encore plus peur d'ouvrir la deuxième missive.

Olivier marchait tranquillement vers sa maison, dans la noirceur. Comment avait-il pu perdre sa trace? Il aurait aimé lui remettre cette lettre en mains propres, mais au tournant d'une rue, elle s'était éclipsée. Il était déchiré entre sa hâte de lui parler et la peur de sa réaction. Arrivé chez lui, il fila le plus discrètement possible dans sa chambre afin d'éviter que sa mère le voie.

Il n'y avait pas très longtemps qu'Olivier avait déménagé dans le coin. Il n'allait pas à la même école qu'Annabelle. Il l'avait simplement vue et entendue au concours de chant et l'avait tout de suite aimée. Il avait ensuite entrepris d'aller chez un nouvel ami qui habitait dans l'immeuble en face de celui d'Annabelle, d'où il pouvait l'espionner à sa guise. Par la suite, il avait rédigé une lettre énigmatique pour l'étonner.

Il souhaitait qu'un jour elle le voie, c'est pourquoi, dans la deuxième lettre, Annabelle trouva ceci: un billet pour un match de basketball, ainsi qu'un mot de style complètement différent du premier.

Viens au centre sportif Claude Robillard dimanche à une heure, je serai là. O.

Annabelle, stupéfaite, laissa tomber la lettre par terre. Le voilà qui l'invitait à son match de basketball!

Malgré son hésitation, Annabelle choisit d'y aller, afin de régler l'affaire. Fonceuse comme elle est, elle entra dans la cuisine en disant à sa mère que sa meilleure amie l'invitait à la piscine dimanche à une heure. À mesure que dimanche approchait, elle devenait de plus en plus fébrile. Le grand jour arriva et sa mère la reconduisit au centre. Elle y entra et s'assit dans l'estrade en attendant le début du match. Les athlètes firent leur entrée et le match débuta. Était-ce lui, le beau garçon aux yeux noirs qui ne cessait de la regarder?

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