Semaine nationale de la francophonie

Histoires collectives

Collège Reine-Marie
Montréal, Québec
Secondaire 5


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Suite de l'histoire...

L’air sévère, un homme armé jusqu’aux dents me jette un regard sombre, noir, et me demande à moi, ainsi qu’aux autres, de s’écarter. Je savais bien qu’il fallait s’en méfier, mais comment pouvais-je résister aux commandes de ces hommes, car ils étaient maintenant plus de dix. Alors l’un d’eux, le plus menaçant, prit la parole d’un ton si puissant et imposant qu’il n’y eut ni pleurs, ni cris, ni chuchotements:

– VOUS TOUS QUI ÊTES PRÉSENTS, FORMEZ SIX LIGNES ET QUE ÇA SAUTE!

Six lignes? Six! Ce chiffre tant répété par le vieux! Les mots passaient, revenaient, mais ils m’étaient incompréhensibles. Tout ce qu’il me disait n’était plus dans mon esprit, pourtant, c’était bien maintenant que je devais m’en rappeler ou plutôt que je devais trouver un autre moyen de... et cette femme qui m’avait servi de coussin et qui m’avait bien l’air suspecte, qu’est-ce qu’elle cachait, qu’est-ce qu’elle connaissait? Je ne savais rien d’elle, rien excepté le fait qu’elle était mal élevée et qu’elle aimait bien la musique puisqu’une portée était peinturée sur son long manteau vert, une portée qui semblait couler, comme une fontaine.

Revenant à moi-même, je me rendis compte que je faisais maintenant partie de la quatrième rangée. Quelque chose ne marchait pas, je veux dire, mis à part le fait qu’il n’y avait plus de son mélodieux qui sortait de la fontaine. C’étaient les gens à coté de moi, ils avaient l’air… hypnotisés, je dirais même « zombifiés ». Ils n’étaient plus eux-mêmes, ils semblaient perdus et prisonniers, leurs yeux paraissaient fixer un endroit très précis. Que regardaient-ils tous? L’air de rien, je me tournai vers ce qui capturait les regards de tous ces pauvres habitants.

Ils regardaient un tourbillon, un tourbillon formé par le reste de l’eau de la fameuse fontaine. Maintenant que j’y pensais, ça me faisait penser aux… comment appelle-t-on ces machins noirs et blancs que les magiciens utilisent pour hypnotiser les gens…HYPNOTISER? Sans perdre une minute, je fermai mes yeux si forts que je crus pour un instant ne plus pouvoir les rouvrir. Étais-je hypnotisée moi aussi?

Je rouvris mes yeux et m’aperçus que les gardes commençaient à faire rentrer la première rangée dans une espèce de boîte géante avec un symbole musical dessus. Je n’étais pas hypnotisée, mais pourquoi? Pourquoi eux l’étaient? Cherche, cherche, mais chercher quoi? Je ne comprenais pas. Tout allait si bien, tout était si facile, je n’utilisais que ma tête pour écouter ou me faire dire quoi faire et maintenant, voilà que je devais chercher toute seule! Je savais que je ne pouvais compter sur le silence des ondes pour me dire quoi faire.

C’est alors que j’aperçus l’un des morceaux de papier de la petite femme et que tout se fit clair dans ma tête grâce à ce bout de message… 

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