Semaine nationale de la francophonie

Histoires collectives

Suite 3.8

École Monseigneur-Jamot
Peterborough, Ontario
Groupe d’enrichissement (6e, 7e et 8e années)

Lire l'introduction 3 de Daniel Marchildon >>

Suite de l'histoire...

Un an plus tôt, j'étais dans une usine de sacs de plastique, là où on transforme du vieux plastique en sacs. On y faisait des sacs de lait, des sacs de vidanges, des sacs Ziploc et des sacs de magasin comme moi.

Ma première aventure a commencé lorsque j'ai été envoyé de l'usine à un Canadian Tire de la ville de Toronto. Accompagné de 2 999 autres sacs, dans une boite très obscure, j'ai voyagé à bord d'un avion, d'un bateau, d'un train et d'un camion.

Les autres sacs n'étaient pas comme moi. Ils ne semblaient pas penser. Moi, j'avais des émotions, j'étais confus, j'avais un peu peur, mais surtout, j'étais curieux. Je voulais savoir où je m'en allais et ce que j'allais faire à ma nouvelle destination.

Lors de mon arrivée, ma boîte fut bougée et la lumière se fit. Paquet après paquet, nous avons été placés sur un comptoir où des gens passaient en ligne et partaient avec un ou plusieurs d'entre nous.

J'ai été choqué par le nombre de gens qui utilisaient des sacs. J'ai réalisé à ce moment que cet endroit ne serait peut-être pas ma demeure permanente. Mon tour s'en venait rapidement. D'un coup sec, le caissier m'a pris, m'a ouvert et a mis dans moi un rouleau de ficelle, des crochets pointus, une canne télescopique et un contenant de styromousse.

Ma curiosité était revenue. Où est-ce que je m'en allais? Qu'est-ce qui allait m'arriver? Était-ce la fin de mon aventure ou le commencement d'une nouvelle?

On m'a déposé dans le coffre arrière d'une voiture et je me suis encore retrouvé dans le noir. Finalement, après une route cahoteuse, notre voiture s'est arrêtée et mon propriétaire m'a sorti de cet environnement solitaire. Il m'a transporté et m'a déposé sur une grande roche à côté d'un énorme lac. Il m'a ouvert, m'a vidé, et, pour la première fois, j'ai ressenti la liberté.

Une douce brise, un soleil chaud, du sable fin et, devant moi, de l'eau accueillante à l'infini. Je rêvais que je volais au-dessus de cette étendue d'eau, parmi de gros moutons blancs et une odeur bourgeonnante quand soudainement, mon propriétaire m'a ramassé et a jeté dans moi un gros poisson dégoûtant et puant. Étais-je devenu un sac à ordure?


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