Semaine nationale de la francophonie

Histoires collectives

Histoire 2.6.4

École des Trois-Soleils
Iqaluit, Nunavut
6e à 9e année

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Suite de l'histoire...

Je me réveillai dans une usine abandonnée. Tout était noir, sauf un petit espace qui m'entourait.

- Y’a quelqu'un?, m'aventurai-je prudemment à demander.

Aucune réponse ne vint. Soudainement, la faible (et seule) lumière qui m'éclairait se mit à vaciller et je distinguai dans la pénombre une douzaine de formes qui s'avançaient vers moi et qui m'entourèrent à l'unisson.

Recouvertes d'étranges tissus agencés de façon bigarrée, je ne pouvais affirmer que ces choses étaient humaines ou non. L'une des créatures s'avança soudainement vers moi, en se traînant lentement, et se mit à réciter une sorte de poème ou de prière, reprise immédiatement par l'ensemble du chœur des bizarroïdes :

« Chaque forme contrôle un bout de temps.
Tu ne peux pas partir sans nous.
Nous pouvons changer de forme, parfois nous sommes le vent.
Et maintenant, va choisir ton bout. »

Éberlué, je n'avais aucune idée de ce que cette étrange litanie signifiait. Que me voulaient ces abominations à la fin? Épuisé, la douleur lancinante de ma blessure au dos me rappelant tout de même que j'étais bel et bien en vie, je criai de toutes mes maigres forces vers ce qui semblait être le chef des êtres étranges :

« Que me voulez-vous à la fin? Qui êtes-vous, nom de D... »

Je n'eus pas le temps de terminer mon injonction que ce dernier s'avança près de moi, si près que je pouvais sentir son haleine chaude et fétide. Plongeant ses yeux rouges comme les flammes de l'enfer dans les miens, il posa doucement ses deux doigts crochus sur mon front.

« C'est ton tour », prononça-t-il d'une voix grinçante, qui me fit frémir jusque dans les os.

À ces mots, l'usine disparut afin de laisser place à un vortex de couleurs qui tourbillonnait à une vitesse folle devant mes yeux. Lorsqu'il cessa enfin, et que je pus me relever après avoir dégobillé ce qu'il restait de mon déjeuner dans mon estomac, je constatai avec effroi que je me retrouvais dans mon magasin, un homme devant moi, un pistolet posé sur sa tête, une note écrite dans la main, et ces mots, ces foutus mots qui résonnaient en boucle dans mon esprit : « Je m'excuse... ». Puis, un grand « bang », et...


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