Stages en enseignement dans les communautés francophones

Amélie Brillant-Caouette — Premier article

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Avant de commencer l'aventure...

Ce stage est, pour moi, une occasion d’aller voir autre chose. Notre formation universitaire est axée sur le Programme de formation de l’école québécoise, ce qui est tout à fait légitime puisque la majorité d’entre nous enseigneront ce programme. Par contre, nous n’entendons pas parler de ce qui se fait ailleurs.

De plus, comme nous venons d’un milieu assez homogène où pratiquement tout le monde parle français et vient du Québec, nous effleurons très peu la réalité d’enseigner dans des contextes beaucoup plus hétérogènes et loin de notre réalité de région. Ces contextes me sont très étrangers et je ne me sens pas outillée pour y faire face. Ce stage sera une occasion pour moi de découvrir une autre réalité que celle que je connais. J’aurai la chance de voir comment on travaille avec des élèves qui n’ont pas la même relation avec le français que ceux qui sont d'un milieu majoritairement francophone. Découvrir autre chose me permettra de poser un meilleur jugement sur ce qui se fait au Québec et sur l’enseignante que je veux être plus tard.


Selon moi, ce stage sera différent des précédents en raison de la relation différente que les élèves ont avec le français. Il est évident que si, dans la classe, certains élèves parlent peu français à la maison, la dynamique sera bien différente de ce que j’ai connu jusqu’à maintenant. Chez moi, les familles des élèves sont sensiblement pareilles dans le sens où elles parlent la même langue, proviennent toutes du Québec et prônent des valeurs similaires. Dans une classe où les enfants proviennent de plusieurs pays différents, ont des familles moins traditionnelles et, par le fait même, des valeurs différentes, nécessairement je devrai m’adapter puisque mon idée sur leur vie à la maison ne sera probablement pas exacte pour tous les élèves.


Comparativement aux stages précédents où mes enseignantes associées étaient allées à la même université que moi, mon enseignante associée n’aura probablement pas suivi la même formation. Il sera très intéressant de discuter avec elle des techniques et stratégies qu’elle utilise, de sa vision de l’enseignement et de son expérience. Je pense que les collègues et la communauté proviendront de milieux beaucoup plus variés que ce à quoi je suis habituée. La dynamique de l’école et du quartier sera probablement différente et j’ai l’impression que l’acceptation des autres et des différences prendra tout son sens dans un contexte comme celui-ci.


Tout au long de cette expérience, j’espère découvrir l’intérêt pour le français de la part de gens pour qui parler français au quotidien, dans un milieu anglophone, nécessite des efforts constants. La relation qu’ils ont avec le français m’intéresse beaucoup puisque nous ne rencontrons pas beaucoup de personnes dans cette situation dans notre région. Je suis curieuse de connaitre leur position par rapport au français et à sa préservation au Canada.


Finalement, j’espère en apprendre plus sur moi, sur ma propre identité francophone, sur ma vision et mes valeurs par rapport à l’importance du français et je souhaite partager mes connaissances sur cette langue, mes habitudes et ma culture en tant que francophone de langue maternelle.