Stages en enseignement dans les communautés francophones

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Et si j’inversais les rôles?


Je me présente : Carolane Fortier, étudiante de troisième année en enseignement en adaptation scolaire et sociale. Comme bien d’autres, j’ai décidé de sortir de mes racines québécoises et de faire un stage dans une communauté francophone ailleurs au pays.

La motivation à réaliser ce stage était très certainement, comme bien d’autres, le gout de l’aventure. C’est une motivation qui a existé chez moi depuis l’instant où j’ai entendu parler de ce stage, soit l’année précédant mon entrée à l’Université. Depuis, j’ai voyagé un peu pour découvrir l’Est canadien, où l’océan (et le bon monde) n’est jamais très loin! C’était très attendu de rencontrer quelques Acadiens au Nouveau-Brunswick, mais des francophones au beau milieu de Deer Lake à Terre-Neuve, pas vraiment! J’ai eu cette impression que la langue, spécialement en milieu où elle est minoritaire, semble créer un sentiment de communauté entre de parfaits étrangers. Cette réflexion provient des nombreuses conversations que j’ai eues avec les francophones que j’ai rencontrés lors de ce voyage. Ils me parlaient aussi chaleureusement qu’à un bon ami d’enfance qu’ils n’avaient pas vu depuis des années. Ces gens avaient également un point en commun : la fierté de s’exprimer dans leur langue maternelle pour se faire comprendre. J’étais déjà charmée par l’idée de partir et d’explorer le pays. Dorénavant, la volonté de participer à la vitalité d’une communauté francophone est une autre grande motivation. Il y a un désir, ce désir d’inverser les rôles quelques semaines, de faire partie d'une communauté en situation minoritaire, de vivre avec elle les défis quotidiens et de collaborer à développer la fierté francophone du milieu.

Ce que je souhaite apprendre par l’entremise de ce stage peut se résumer en quatre éléments. D’abord, je souhaite très certainement connaitre mon milieu d’accueil et les richesses des diverses communautés de Whitehorse. Ensuite, je suis curieuse de découvrir comment le français est intégré dans le quotidien de la famille des élèves. Contrairement aux gens d’un milieu majoritaire francophone, cet objectif exige, je crois, une certaine logistique. À cela s’ajoute le fait que je suis avide de constater les différents niveaux d’acquisition de la langue française chez les enfants. Sachant que les enfants proviennent de divers milieux familiaux (couple exogame, unilingue francophone ou autre) les réunir dans la même classe et les faire progresser constitue un beau défi qui, je le souhaite, me permettra d'en apprendre davantage. Enfin, en réalisant mon stage dans une classe de maternelle, c’est l’occasion rêvée de constater le niveau d’acquisition de la langue française chez les enfants qui amorcent leur parcours scolaire. C’est aussi une opportunité pour leur faire découvrir les richesses de la littérature enfantine (ou réitérer l’intérêt pour celle-ci) en plus d’acquérir des connaissances sur les façons d’amener les enfants à apprendre par le jeu.

Résidente d’un pays bilingue, je crois qu’il est essentiel d’apprendre à parler le français comme l’anglais (dans la mesure du possible), mais qu’il est encore plus essentiel qu’on développe et cultive un sentiment d’appartenance à notre langue maternelle. C’est donc à travers cette expérience que j’en apprendrais plus sur les communautés de Whitehorse, sur mon identité professionnelle et personnelle, en tant que francophone.