Stages en enseignement dans les communautés francophones

Jonathan Boulianne - Alberta - 2009-2010

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Jonathan Boulianne
Étudiant en enseignement des sciences et de la technologie au secondaire
Université du Québec à Chicoutimi

Bonjour à tous,

Je suis Jonathan Boulianne, j'ai 22 ans et je suis originaire de Normandin dans la belle région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Présentement, j'étudie en enseignement des sciences et de la technologie au secondaire à l'Université du Québec à Chicoutimi, mais bientôt, j'irai faire un stage à Cold Lake, au nord-est de l'Alberta. Pour moi, un stage à l'extérieur du Québec me permet de repousser mes limites, d'en apprendre davantage sur moi et de réaliser un rêve d'enfance.

Depuis mon jeune âge, je rêve d'aller visiter l'Ouest canadien pour contempler ses plaines et ses Rocheuses. J'ai toujours été attiré par le côté un peu «western» de l'Alberta; je me projetais sur un cheval à transhumer des bovins à travers les immenses prairies. Même si ce rêve ne se réalise pas, je sais que l'Alberta saura me charmer et m'apporter beaucoup dans ma profession. Ce stage m'offre cette belle opportunité d'enseigner dans un contexte socioculturel différent du mien. J'espère partager ma culture et en apprendre beaucoup sur la façon de faire en Alberta. J'ai très hâte de commencer cette nouvelle aventure et de poursuivre mon cheminement personnel et professionnel au sein d'une communauté francophone minoritaire.

J'attends, avec impatience, le jour du grand départ.

 

Portrait de la communauté

La communauté de Cold Lake n’est pas si différente de celle d’où je viens, mais présente tout de même des différences. Premièrement, l’agriculture est bien présente dans cette région, puisqu’il y a des champs à peu près partout. Ce qui diffère, ce sont les réservoirs d’huile qui poussent comme des champignons et qui font vivre une grande partie de la population. De plus, la base militaire à proximité de la ville offre une grande diversité culturelle. Des gens viennent de partout y travailler et repartent sans arrêt, d’où la présence de plusieurs Québécois. Il ne faut pas oublier que la plupart des francophones sont originaires de Cold Lake ou des villes environnantes. Dans cette ville, le français est parfois mal vu par les anglophones, et ce, même dans les lieux publics. Par contre, ils sont compréhensifs et généreux lorsqu’ils voient qu’on fait des efforts pour parler anglais. Les gens offrent beaucoup de leur temps sous forme de bénévolat, ce qui apporte beaucoup à la ville. L’arrivée des immigrants permet l’offre de services de qualité, puisqu’ils comblent les postes et les emplois que les jeunes ne voulaient pas occuper. En arrivant dans cette ville, on se sent vite à notre place. Nous sommes bien accueillis par l’ensemble de la population, ils sont très soucieux de notre confort. Ils n’hésitent pas à offrir leur aide lorsqu’ils sont en mesure de le faire. Les gens sont croyants et ont un sentiment d’appartenance au pays très développé.

 

Portrait de l’école

L’école Voyageur est la première école nouvellement construite sous un thème commun entre les municipalités de Saint-Paul, Cold Lake, Bonnyville et Plamondon. C’est la seule école francophone de la ville, c’est pourquoi on y retrouve des élèves de la prématernelle jusqu’à la 12e année. Il y a un peu plus de 150 élèves pour une douzaine d’enseignants et quatre aides-élèves. Au secondaire, le nombre d’élèves par cohorte diminue beaucoup au fil des années, puisque plusieurs partent avec leurs parents vers d’autres provinces du pays. Les enseignants du secondaire sont très proches de leurs élèves et offrent presque un enseignement individualisé à chacun. Les enseignants travaillent en collaboration afin d’offrir aux élèves des activités qui leur permettront de mettre en valeur leurs qualités et leurs habiletés. L’école propose aux jeunes d’apprendre la soudure, la menuiserie, le théâtre, la musique et les sports. Le code de vie de cette école est presque identique au nôtre, sauf que, les vendredis, les élèves ont le droit de porter des casquettes s’ils paient 0,50$. Cet argent récupéré sert à amasser des fonds pour aider un élève handicapé de l’école. De plus, l’hymne national du Canada est chanté tous les lundis matin.

 

Portrait de la classe

J’effectue mon stage dans la classe de madame Julie Lemay. Dans cette classe, j’ai accès à un SmartBoard et à une multitude d’outils technologiques. Il y a un aquarium de 378litres dans lequel une vingtaine de poissons, prêtés par un parent, nagent pour la durée de l’année scolaire. Les élèves sont invités à les nourrir dans leur main sous la responsabilité de l’enseignant. Les groupes ne sont pas très nombreux. Ils varient entre 5 et 12 personnes et on les revoit chaque jour. Ce qui nous donne la chance de bien les connaître, mais ce qui crée également l’inconvénient d’avoir à préparer plusieurs cours par jour. Ce qui est difficile avec des petits groupes comme ceux de Cold Lake, c’est de préparer énormément de matériel, car l’enseignement se fait rapidement. La discipline se fait relativement bien, mais la motivation des jeunes est souvent à la baisse. La principale raison est que plusieurs élèves qui arrivent du Québec sont dépassés par la matière alors que d’autres n’ont tout simplement plus d’intérêt, soit parce qu’ils changent d’école dans quelque temps ou qu’ils n’en voient pas l’avantage, puisqu’ils iront facilement travailler dans l’huile ou dans le domaine militaire quand le temps sera venu. Quelques élèves décident d’aller dans les écoles anglophones pour pouvoir pratiquer un sport d’élite. Comme les élèves proviennent d’un peu partout, plusieurs sont bilingues, quelques-uns ne parlent pas anglais du tout, alors que d’autres ne connaissent que quelques mots français. Ce qui engendre des problèmes de lecture courants et persistants.