Nadia Duchesneau - Alberta - 2009-2010
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Nadia Duchesneau |
Je suis étudiante en enseignement du français au secondaire depuis presque trois ans et je suis maintenant prête à envisager le milieu scolaire secondaire d’un nouveau point de vue pour mon prochain stage. J’adore la différence et la nouveauté, et c’est ce qui me pousse chaque fois dans de nouveaux projets. Mes années d’expérience dans le domaine des communications graphiques m’ont permis d’acquérir beaucoup d’autonomie et de polyvalence, qualités qui me seront certainement utiles pendant mon stage en Alberta. Mon attirance pour les voyages n’est pas nouvelle. Étudiante, j’ai eu l’occasion, à quelques reprises, de travailler à l’étranger et, chaque fois, ce fut une expérience très enrichissante. J’ai aussi eu la chance de visiter l’Europe pendant un été et, plus récemment, le Maroc m’a accueillie dans le cadre d’une compétition sportive. Je suis très heureuse à l’idée de faire mon stage en Alberta pour ainsi découvrir une province dont je connais très peu de choses. En tant que Québécoise d’origine, je suis interpellée par les luttes que mènent les autres communautés francophones au Canada pour conserver le droit à l’éducation en français et je souhaite y ajouter ma contribution. Grâce à ce stage, je souhaite découvrir et expérimenter un mode d’enseignement différent et, ainsi, m’enrichir tant sur le plan professionnel que personnel. Ce stage me permettra d’avoir plusieurs cordes à mon arc, un atout que je pourrai mettre à profit une fois de retour en sol québécois. |
Mon arrivéeJ’ai eu la chance de bénéficier d’un très bel accueil en arrivant à Edmonton. Le directeur du Conseil scolaire Centre-Nord m’a personnellement fait faire un tour guidé de la ville d’Edmonton ainsi que du quartier de l’école. Edmonton, capitale de l’Alberta, compte un peu plus de 3 millions d’habitants, dont environ 2% sont francophones. De plus, la ville accueille chaque année un nombre considérable de nouveaux arrivants d’autres pays ou d’autres provinces canadiennes, dont une partie est francophone. Cela explique en partie le grand nombre d’immigrants ou d’enfants issus de l’immigration à l’école publique Gabrielle-Roy. À mon arrivée à l’école, l’accueil fut tout aussi chaleureux; tout le personnel a été très accueillant et m’a fait sentir très à l’aise. Mon enseignante associée, madame Giroux, a pris énormément de son temps pour m’expliquer comment fonctionnait l’école et pour partager avec moi sa passion de l’enseignement. Je me considère très choyée d’avoir été assignée à l’école publique Gabrielle-Roy pour réaliser mon troisième stage en enseignement. L’école publique Gabrielle-RoyL’école publique Gabrielle-Roy est très différente des écoles du Québec, mais aussi très différente des autres écoles francophones de l’Alberta. Elle se distingue des autres écoles albertaines, en tout premier lieu, par le fait qu’elle est une école publique et non catholique et, en second lieu, par sa diversité culturelle. Elle est l’école francophone la plus multiethnique d’Edmonton. Contrairement aux établissements québécois, l’école dans laquelle je fais mon stage offre des classes de la prématernelle à la douzième année. Environ une vingtaine d’enseignants y travaillent. Le personnel de l’école publique Gabrielle-Roy est extrêmement polyvalent, disponible et accueillant. En tout, environ 40 personnes s’activent dans différentes sphères de l’école pour offrir une panoplie de services aux élèves, tels que des sessions d’aide aux devoirs le midi; un programme de Grands Frères, Grandes Sœurs; un service d’aides-élèves qui viennent dans les classes avec des ordinateurs portables pour les élèves en besoin; des repas chauds le vendredi midi à coût modique ainsi qu’un petit déjeuner offert gratuitement chaque matin pour tous les élèves. Il y a environ 340 élèves répartis sur les 13 niveaux. La majorité des élèves n’habitent pas le quartier de l’école; certains doivent même faire près d’une heure de transport matin et soir. L’école et le personnel s’engagent à offrir un milieu où l’élève développera son plein potentiel et où il sera fier de parler français et d’appartenir à la communauté francophone mondiale. C’est donc la particularité de cette école de se démarquer dans la francophonie d’une province anglophone.
Portrait de mes classesJ’ai eu l’occasion de réaliser mon stage dans les classes de madame Meyranie Giroux. Madame Giroux, Québécoise d’origine, a fait ses études en Alberta et travaille maintenant à l’école publique Gabrielle-Roy depuis quelques années. J’ai donc eu à ma charge ses trois groupes dans les classes de français: deux groupes de 7e année (l’équivalent de la 1re secondaire au Québec) et un groupe de 9e année (3e secondaire au Québec). Les groupes sont très hétérogènes, mais les élèves sont travaillants et très vivants. Tous les jeunes que j’ai côtoyés avaient une attitude positive et étaient très polis. Un des avantages de travailler dans une petite école est qu’il arrive que les groupes soient assez petits. En effet, j’ai eu l’occasion de travailler avec deux groupes de 16 élèves et un groupe de 25 élèves. Cela m’a permis de faire un suivi plus rigoureux avec chacun de mes jeunes et de pouvoir en aider un plus grand nombre. J’ai aussi pu tisser des liens plus rapidement, et cela, avec presque tous les élèves.
Fonctionnement de l’écoleLe cycle d’enseignement est sur quatre étapes: il y a trois trimestres de septembre à juin et la dernière étape correspond à la période des examens de fin d’année. L’horaire est établi sur cinq jours, soit du lundi au vendredi. Le jeudi est une journée courte, c’est-à-dire qu’elle ne comprend que quatre périodes au lieu de cinq. Le reste de la journée est réservé aux réunions du personnel et à la planification des cours. Il y a énormément d’activités mises en place pour les élèves de l’école, surtout pendant la Semaine de la francophonie, au cours de laquelle il y a eu la visite de joueurs francophones des Oilers d’Edmonton, un carnaval des sucres, un spectacle de Justin Blais, etc. En plus de tous ces évènements, une quantité d’activités parascolaires sont offertes aux élèves. Il y a entre autres des équipes sportives de basketball, de volleyball, de soccer et de badminton, et ce, à différents niveaux. Toutefois, les activités parascolaires se font le plus souvent sur l’heure du midi en raison du transport scolaire. Comme la plupart des élèves habitent loin de l’école, il est difficile pour eux de rester après les heures de cours; cela s’applique aussi pour les retenues.
Le français dans une province anglophone…La langue française est bien évidemment une préoccupation à l’école, mais sous un angle différent qu’elle l’est au Québec. On ne reprend pas systématiquement un élève qui fait une faute; il est plutôt de mise de l’encourager à continuer à parler français et à paraphraser s’il ne connaît pas un mot. L’école valorise énormément le fait que les élèves parlent en français dans les corridors et cela est très fortement recommandé. Cela dit, les élèves ont une vie sociale en anglais, il est donc normal d’entendre ici et là des mots, des expressions ou même des bribes de conversation en anglais.
Mon expérienceJ’ai vécu à Edmonton une expérience très enrichissante, tant sur le plan professionnel que sur le plan personnel. J’ai appris à parfaire mes techniques d’enseignement, mais je pense que mon plus gros apprentissage aura été celui de changer ma vision des communautés francophones hors Québec. La vie francophone en Alberta n’est certes pas aussi imposante que celle du Québec, mais elle très riche en talents et en potentiel lesquels, je l’espère, seront exploités à leur juste valeur. Le Québec a tout à gagner à s’associer aux communautés francophones canadiennes pour former une communauté francophone plus grande et par le fait même plus diversifiée. |