Sarah Smith - Saskatchewan - 2009-2010
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Sarah Smith |
Bonjour, Je me nomme Sarah Smith et je suis étudiante au baccalauréat en enseignement des mathématiques au secondaire. Je suis originaire de Repentigny, près de Montréal. Depuis que je suis toute petite, je souhaite devenir enseignante, mais ce n’est qu’à la fin de mon parcours collégial que j’ai choisi d’enseigner les mathématiques. Cette discipline me fascine avec sa logique et ses démonstrations parfois surprenantes. Lorsque l’Université a énoncé la possibilité d’effectuer un stage à l’extérieur de la province, je me suis sentie interpellée. En effet, plusieurs de mes cours évoquaient plusieurs façons d’enseigner une notion de mathématique. Faire un stage à l’extérieur du Québec était donc pour moi un moyen privilégié de connaître un autre programme d’enseignement, donc une autre façon d’aborder les mathématiques. Effectuer ce stage me permettra aussi de connaître un autre milieu culturel. En effet, la situation de la langue française en Saskatchewan est différente de celle au Québec étant donné son statut minoritaire. Enseigner dans ce contexte sera un beau défi que j’ai hâte de relever. |
La communauté de BellevuePour la durée de mon stage, je réside dans la petite communauté de Bellevue. C’est une petite ville de moins de cinq cents habitants située dans le centre de la Saskatchewan, entre Saskatoon et Prince Albert. Bellevue est un des berceaux de la langue française dans cette province. En effet, plus de 95% de la ville parle français. Les gens de la communauté se connaissent tous et sont solidaires. De plus, ils sont très accueillants et je me suis sentie tout de suite intégrée. La communauté est constituée principalement de fermiers. En effet, l’agriculture est une activité importante de la ville comme le confirme la présence de l’usine Belle Pulse qui s’occupe de traiter les pois de la région. La soupe aux pois est l’un des mets typiques de la ville.
Comme il y a peu d’habitants dans ce petit village, il n’y a aucun magasin ni aucune station-service. Le village a toutefois un petit restaurant, Le Rendez-vous, qui, malgré ses heures d’ouverture réduites, permet d’acheter de bons petits plats d’ici et quelques sucreries. De plus, il y a une église, un foyer pour personnes âgées et un bureau de Postes Canada. Les services qui ne sont pas offerts à Bellevue sont disponibles à Domrémy ou encore à Wakaw, deux villages qui se trouvent à 15 et à 30 minutes d’automobile de Bellevue. L’automobile est donc un bien essentiel pour un habitant de Bellevue, ne serait-ce que pour aller faire son épicerie. De plus, comme la plupart des chemins sont faits en terre, les véhicules sont habituellement hauts sur roues pour leur permettre d’avancer dans la boue fréquente par temps de pluie. L’école St-IsidoreL’école de Bellevue est une école francophone et catholique. En effet, la religion est présente dans le mobilier de l’établissement et une prière est dite chaque matin. Si l’on compare au Québec, il y a un contraste avec nos écoles laïques.
L’école accueille chaque année une centaine d’élèves, de la prématernelle à la 12e année. L’enseignement s’effectue en français, à l’exception du cours d’anglais. Comme c’est une école francophone, les élèves ont l’obligation d’y parler français en tout temps. Cependant, comme la plupart ont au moins un parent anglophone et parlent l’anglais à la maison, les élèves résistent à parler en français parce qu’ils trouvent cela difficile. C’est d’ailleurs le plus gros problème de discipline dans l’école et le personnel enseignant travaille fort pour inciter les élèves à parler français sur le terrain de l’école. Les classes sont constituées d’environ une dizaine d’élèves par niveau. Jusqu’à la 8e année, ce sont des classes jumelées, ce qui crée une dynamique particulière. C’est cependant très intéressant de pouvoir observer cette réalité qui est peu présente au Québec. L’école St-Isidore est située en milieu rural et la seule raison pour laquelle elle n’a pas subi de fusion (ce qui aurait entraîné sa fermeture) est son statut d’école francophone. En effet, si l’école avait été anglophone, elle se serait liée avec celle de Wakaw ou de St-Louis pour ainsi créer une grande école au lieu de plusieurs petites. Cela coûterait moins cher, autant en transport qu’en personnel enseignant.
Puisque cette école est une ressource pour les francophones de la région, elle est très bien équipée. Elle a, entre autres, une salle de vidéoconférence, deux canons permettant de projeter l’écran d’un ordinateur, plusieurs ordinateurs portables disponibles pour les élèves et pour les enseignants, une photocopieuse, etc. Ces ressources facilitent l’enseignement en milieu reculé et permettent d’intégrer les technologies à l’enseignement. Ma classe d’accueilMon stage se fait dans les classes de mathématiques de la 7e à la 10e année. Je suis jumelée avec l’enseignant Ronald Tessier qui enseigne ici depuis plusieurs années. Ce dernier connaît bien ses programmes, ses documents de travail et les élèves. En effet, puisqu’il est le principal professeur de mathématiques au secondaire, tous les élèves le connaissent. Sa passion pour les mathématiques se transmet aux élèves et ces derniers sont bien adaptés à sa méthode d’enseigner.
Le groupe de 7eet de 8e année est un défi, puisque c’est une classe jumelée. Les élèves sont donc souvent en exercices, puisque l’enseignant doit se diviser en deux dans cette classe. Il est plus difficile de travailler en individuel avec les élèves de ce groupe. Ils sont toutefois habitués à ce système et s’en accommodent très bien.
Le groupe de 9e année est le plus petit groupe avec lequel je travaille. Ils sont 7 élèves et la dynamique de cette classe est vraiment particulière. En effet, la complicité y est grande et il y règne une belle ambiance. Puisqu’ils sont peu nombreux, il est facile de travailler avec tous les élèves et d’accorder du temps à chacun. Le groupe de 10e année compte 9 élèves. C’est donc aussi un très petit groupe. Comme des élèves ont de grandes difficultés, il est plus facile de leur donner de l’attention. Ce groupe est celui qui demande le plus à connaître les procédures pour trouver la réponse et souhaite peu les trouver par lui-même. Dans les classes, une aide pédagogique est souvent présente. Cette personne aide les élèves aux prises avec de grandes difficultés et les conseille dans leur prise de notes. Ils arrivent donc plus facilement à comprendre la matière. Les jeunes de tous les niveaux sont motivés à travailler et à apprendre. Ils n’aiment pas perdre du temps et aiment arriver au cœur de la matière rapidement. Ils sont travaillants et tiennent à leur réussite. Il n’est pas rare de les voir en récupération le matin ou le midi pour demander des explications supplémentaires ou encore pour reprendre un examen. Il n’est pas nécessaire de courir après les élèves pour recevoir les travaux, puisqu’ils souhaitent réussir. En bref, ce sont de très bons élèves qui facilitent la tâche de l’enseignant. |