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Les technologies de l'information et de la communication et leur avenir en éducation, Volume XXVII , No 2, automne-hiver 1999.

Liminaire

Philippe MARTON, Rédacteur invité
Professeur titulaire, Directeur du GRAIM
Faculté des sciences de l'éducation
Université Laval, Québec


Les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication (NTIC) sont caractérisées par trois concepts :  la puissance, la miniaturisation et l'instantanéité, qui sont combinés à deux autres concepts qu'est la numérisation et les réseaux avec la fibre optique et les satellites. Ainsi, techniquement, elles se développent sans cesse autour de ces cinq axes dynamiques et en plein changement. Ce que l'on voit aujourd'hui, c'est seulement la pointe de l'iceberg des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication, il y a tout le reste qui s'en vient!  D'où l'importance de l'appellation «Nouvelles», car elles sont dans un perpétuel devenir, et c'est ça qui est assez affolant!

Leur potentiel est très grand et ressort de la combinaison de ces cinq concepts. Ainsi, elles permettent des nouvelles façons de communiquer avec toutes les images et signes existants. Elles permettent aussi de traiter l'information de plusieurs façons, nouvelles dans le temps et dans l'espace, en étant capable de rechercher, de lire, de copier, de coller, de réorganiser, d'envoyer, etc., toutes les informations possibles.

Elles permettent d'enseigner aussi de nouvelles façons d'expliquer, de montrer, de démontrer, de contrôler et surtout d'encadrer l'étudiant de multiples manières adaptées pour lui. Elles permettent aussi d'apprendre différemment :  en s'appropriant le savoir, de façon individualisée, interactive, coopérative, collective, en manipulant des informations dans le temps et l'espace. Justement, elles viennent remettre en question les deux concepts de temps et d'espace en réduisant la distance et en changeant la présence, selon de nouvelles modalités intéressantes pour l'éducation. Les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication viennent aussi interpeller, questionner l'acte d'enseigner et l'acte d'apprendre. Elles viennent remettre en question nos façons de faire, nos habitudes, nos attitudes. À tous les niveaux de l'enseignement, elles nous invitent à changer, mais comment?

Après les premières utilisations en éducation, un constat apparaît clairement :  les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication débouchent obligatoirement sur un nouveau modèle, un nouveau paradigme reposant sur de nouvelles relations étudiant/savoir/maîtres. De ce fait, elles provoquent et proposent une réorganisation pédagogique, qui amène un bouleversement; et il faut le savoir. Ce bouleversement n'est pas encore amorcé, ou si peu!  Il faut donc s'y préparer. Voilà ce que sont les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication en cette fin du XXe siècle. La question qu'il faut se poser à propos du phénomène technologique est :  est-ce bon ou mauvais?  est-ce utile ou futile?  est-ce terrible, dangereux ou merveilleux?  Chaque éducateur, chacun d'entre nous doit essayer d'y répondre!  Mais comment?

Certainement, nous devons d'abord mieux les connaître pour mieux les appréhender et porter un jugement. Nous devons donc essayer de les apprivoiser et cela, comme dans le Petit Prince de St-Exupéry, c'est exigeant!  Ensuite, nous devons essayer de nous les approprier dans notre mission d'éducateur.

Mais dans tout ce cheminement, un grand principe devrait guider et éclairer nos actions :  c'est l'aspect HUMAIN, la pédagogie qui doit primer. La seule raison d'utiliser, d'exploiter, d'intégrer les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication en éducation devrait être de compter améliorer la situation d'apprentissage de l'étudiant et nos relations avec lui. Toute utilisation des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication qui n'aurait pas cette condition, qui ne respecterait pas ce principe, serait à bannir, parce que ne menant nulle part, sauf d'utiliser pour utiliser...  Essayons donc de cheminer, de composer AVEC les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication pour découvrir combien elles peuvent être de merveilleuses ALLIÉES pédagogiques.

Les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication ont de l'avenir en éducation, mais il faut se rappeler que ce n'est pas à la technologie de décider, mais aux humains, aux professeurs, aux maîtres. L'avenir est prometteur, très prometteur même, si nous voulons nous donner la peine de bien faire, d'établir de bons choix en fonction de l'humain. Les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication doivent avoir une place importante en éducation, parce qu'elles nous permettent de mieux jouer notre rôle d'éducateur et, surtout, à l'étudiant de mieux apprendre. Les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication font partie de notre monde moderne, elles sont utilisées de plus en plus dans tous les domaines, dans toutes les sphères de la société. Les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication apportent un potentiel incroyable en éducation et elles ne peuvent être que bienfaisantes. Actuellement, les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication appliquent une forte pression sur l'école, sur tous les lieux de formation pour qu'ils changent. Elles nous obligent à une profonde réflexion et nous appellent à une remise en question.

L'ensemble des textes de ce numéro spécial de la revue Éducation et Francophonie devrait permettre au lecteur d'avoir une meilleure idée sur ce phénomènes des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication. Chaque auteur, à travers le filtre de sa discipline et son expérience, essaie de nous éclairer de son mieux. Ces textes choisis et sélectionnés s'adressent aux éducateurs et à toute personne oeuvrant en éducation. Nous espérons qu'ils apporteront chez le lecteur suffisamment de questionnement et de réflexions, afin qu'il soit capable de se situer, de choisir et de prendre position face aux Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication en vue d'une ACTION POSITIVE. Car, c'est aux éducateurs, seuls, à décider de l'avenir des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication en éducation et non aux nouvelles technologies et à leurs atours.


Philippe MARTON, Rédacteur invité
Professeur titulaire, Directeur du GRAIM
Faculté des sciences de l'éducation, Université Laval, Québec
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